Maison de la Vierge Marie

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Maison de la Vierge Marie
Extérieur de la maison de la Vierge, aujourd'hui utilisée comme chapelle.
Extérieur de la maison de la Vierge, aujourd'hui utilisée comme chapelle.
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Province İzmir
District Selçuk
Coordonnées 37° 54′ 43″ N 27° 19′ 59″ E / 37.912031, 27.33308337° 54′ 43″ Nord 27° 19′ 59″ Est / 37.912031, 27.333083
Altitude 420 m

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Maison de la Vierge Marie
Maison de la Vierge Marie

La Maison de la Vierge Marie (en turc Meryemana Evi, la « maison de la mère-Marie » ou en grec Panaya Kapulu, les « portes de la Toute-Sainte ») est un sanctuaire catholique et musulman sur la colline de Bülbül Dag (« mont Rossignol ») près d'Éphèse, à sept kilomètres de Selçuk (aujourd'hui en Turquie). Une tradition syrienne jacobite raconte que Marie fut emmenée en ce lieu par Jean l'Évangéliste après la crucifixion du Christ, fuyant la persécution à Jérusalem, que Jean lui fit construire une petite maison où Marie demeura jusqu'à son Assomption, ou Dormition selon les orthodoxes.

Historique[modifier | modifier le code]

Anne Catherine Emmerich aurait eu une vision de Marie dans sa maison sans jamais avoir visité le lieu, dont la description est publiée en 1852 par le poète romantique Clemens Brentano dans La vie de la Vierge Marie  : « Marie vécut environ trois ans à Sion, trois ans à Béthanie et neuf ans à Éphèse. Cependant la sainte Vierge ne demeurait pas à Éphèse même ; sa maison était située à trois lieues et demie de là, sur une montagne qu’on voyait à gauche en venant de Jérusalem, et qui s’abaissait en pente douce vers la ville. […] Derrière la maison de Marie, la seule qui fût en pierre, la montagne n’offrait, jusqu’au sommet, qu’une masse de rochers d’où l’on apercevait, par-delà les allées d’arbres, la ville d’Éphèse et la mer avec ses îles nombreuses »[1].

Après des recherches archéologiques à la fin du XIXe siècle, le site est devenu un centre de pèlerinage local impulsé par des missionnaires catholiques français de Smyrne, Joseph Descuffi, archevêque d’Izmir, et Louis Massignon. En 1896, l'Église catholique décrète officiellement que la maison est un lieu saint pour les chrétiens mais sans la considérer comme le lieu de l’Assomption. En 1950, alors que le pape Pie XII proclame le dogme de l’Assomption de Marie, le gouvernement turc comprend l’intérêt touristique de ce lieu et ouvre une route, le site bénéficiant de la renommée du patrimoine archéologique de la région qui suscite un tourisme international. La chapelle actuelle résulte de travaux de restauration dont la dernière campagne est achevée en 1951, année de son inauguration officielle par l’État le 19 août[2].

Visitée par 300 000 personnes[3] tous les ans (pèlerins comme touristes, aussi bien chrétiens que musulmans dont le Coran honore la mère du prophète Jésus)[4], Paul VI est venu confirmer son authenticité le 26 juillet 1967. Jean-Paul II s'est déplacé vers ce lieu le 29 novembre 1979. Benoît XVI a aussi visité la maison de la Vierge le 29 novembre 2006[5].

Le narthex se prolonge par une nef sous une coupole de ciment et de pavés translucides. Au fond, la table de l'autel de marbre est placée une statue en fonte de la Vierge de Lourdes en bronze, récupérée dans un ravin en 1920 et sculptée selon le modèle de la Médaille Miraculeuse de la Couvent de la rue du Bac. À gauche de cet oratoire se trouvait un vestiaire ou un cellier[6], à droite, une pièce supposée être la chambre à coucher de la Sainte Vierge avec une couchette qui était fixée à la muraille par une planchette[7].

Un « mur des vœux » en contrebas de la chapelle est couvert de bouts de chiffons noués à une grille en métal et sur lesquels sont inscrits des vœux, coutume turque imitée par les touristes qui y attachent des morceaux de tissu, papier ou plastique[8].

Une commémoration a lieu chaque année le 15 août, fête de l'Assomption.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Le 18 octobre 1881, un prêtre français, l'abbé Julien Gouyet qui a eu l’idée d'aller à Éphèse pour vérifier l'exactitude des visions d'Emmerich, identifie un bâtiment en ruines appelé Panaya Kapulu, les « portes de la Toute-Sainte » qui correspondent selon une tradition orale de bergers orthodoxes à la maison de Marie. Mais son rapport ne recueille pas l'assentiment des autorités parisiennes et romaines[9].

En 1891, Sœur Marie de Mandat-Grancey, la Supérieure de l'Hôpitat Français de Smyrne (appelée depuis Izmir) tenu par les Filles de la Charité, demande aux P.P. Joulin et Jung, lazaristes du collège français de Smyrne, d'identifier à nouveau le site. Pourtant sceptiques, le 29 juillet ils redécouvrent la chapelle en ruines qui semble correspondre aux descriptions de la voyante[10]. Sœur Marie de Mandat-Grancey parvient à racheter le terrain en 1892 et faire restaurer la chapelle pour y favoriser les pèlerinages, malgré le protectionnisme local des autorités ottomanes[11]. Le terrain est finalement cédé à Meryem Ana Evi Derneghi, « association de la maison de la mère-Marie » gérée par des musulmans et chrétiens (communauté des religieux Capucins de Turquie) qui exploitent commercialement la visite du sanctuaire[12].

Archéologiquement, l'édifice en question est une petite église byzantine, datant probablement d'après le plan et la technique de construction, du XIIIe siècle. Bien qu'elle ait été construite au-dessus des vestiges d'un bâtiment plus ancien (une chapelle byzantine qui semble dater du Ve siècle), il n'existe aucune preuve archéologique que ce dernier ait pu remonter aux temps apostoliques[13]. La tradition syrienne jacobite qui fait état du séjour de Marie dans cette maison ne remonte en effet pas avant le IXe siècle et vise probablement à légitimer le siège épiscopal d'Éphèse[14].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Barnabé Meistermann, Le tombeau de la Sainte Vierge à Jérusalem, Imprimerie des PP. Franciscains,‎ 1903, p. 44
  2. « La Maison de la Vierge à Éphèse. De la fondation à la patrimonialisation d’un sanctuaire « international » », European Journal of Turkish Studies, no 19,‎ 2014, p. 8 (lire en ligne)
  3. René Laurentin, Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge Marie, Fayard,‎ 2007, p. 57
  4. Matthieu Grimpret, Les Sanctuaires du monde, Robert Laffont,‎ 2014, p. 301
  5. Benoît XVI, site officiel www.meryemana.info
  6. Plan de la maison
  7. Rüstem Duyuran, Ephèse, Direction générale de la presse, de la radio-diffusion et du tourisme,‎ 1951, p. 37
  8. Lonely Planet, Turquie. Éphèse, Bodrum et le Sud de la côte Égéenne, Place Des Éditeurs,‎ 2013, p. 15
  9. (en) Stephen J. Shoemaker, The Ancient Traditions of the Virgin Mary's Dormition and Assumption, Oxford University Press,‎ 2006, p. 76
  10. Eugène Poulin, La Maison de la Sainte Vierge. La véritable histoire de sa découverte, Arıkan Yayınları,‎ 1999, p. 15
  11. Manoël Pénicaud, op. cit., p. 6
  12. Sanctuaire de Meryem Ana, site officiel www.meryemana.info
  13. P. Scherrer (éd.), Ephesus, the new guide, Selçuk, 2000, p. 232.
  14. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne,‎ 1995, p. 588-590

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]