Maison de l'Unesco

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48° 50′ 58″ N 2° 18′ 22″ E / 48.84944, 2.30611

Le siège de l'Unesco ou maison de l'Unesco est un bâtiment inauguré le 3 novembre 1958 au 7 place de Fontenoy, dans le 7e arrondissement de Paris, pour servir de siège à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

C'est aussi un lieu culturel qui peut être visité gratuitement[1].

Conception[modifier | modifier le code]

Entre 1946 et 1958, le siège de l'Unesco est situé dans l'ancien hôtel Majestic (16e arrondissement de Paris).

Le siège de l'Unesco est le fruit du travail commun de trois architectes : le Français Bernard Zehrfuss, l'Américain Marcel Breuer, et l'Italien Pier Luigi Nervi. Leurs plans ont par ailleurs été validés par un comité international de cinq architectes : Lucio Costa (Brésil), Walter Gropius (États-Unis), Le Corbusier (France), Sven Markelius (Suède) et Ernesto Nathan Rogers (Italie), avec la collaboration de Eero Saarinen (Finlande).

Description[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal, qui abrite le secrétariat, est constitué de sept étages formant une étoile à trois branches. À ceci s'ajoutent le bâtiment dit « en accordéon » et l'édifice cubique, qui est destiné aux délégations permanentes et aux organisations non-gouvernementales.

Ces bâtiments occupent un terrain de forme trapézoïdale de 30 350 m2, amputé à son angle Nord-Est par la forme semi-circulaire de la place de Fontenoy. Il est encadré par les avenues de Saxe, de Ségur, de Suffren et de Lowendal.

Relations avec le pays hôte[modifier | modifier le code]

Le terrain sur lequel est bâti le siège est la propriété de l'État français. Par un décret du 22 décembre 1952, il a été affecté au ministère des Affaires étrangères[2] en vue de le mettre à la disposition de l'Unesco. Ceci a été fait par un contrat de bail d'une durée de 99 ans renouvelable, au loyer symbolique (1 000 francs par an), proche du bail emphytéotique[3]. Par ailleurs, l'implantation du siège de cette organisation intergouvernementale sur le territoire français est régi par un accord de siège qui définit ses privilèges et immunités[4]. Ces deux accords ont été signés à Paris en 1954, respectivement le 25 juin[5] et le 2 juillet[6].

Le Parlement français, par une loi promulguée le 6 août 1955[7], a approuvé le contrat de bail, et autorisé le président de la République à ratifier l'accord de siège. L'accord de siège est entré en vigueur le 23 novembre 1955. Il a été publié par un décret du 11 janvier 1956[8].

Œuvres d’art[modifier | modifier le code]

Lors de la construction de l’édifice, un « comité pour l’architecture et les œuvres d’art » est mis en place pour sélectionner des artistes majeurs qui exécuteront une œuvre monumentale pour un emplacement précis : on compte des sculptures d’Henry Moore, d’Alexander Calder et d’Eduardo Chillida à l’extérieur, et à l’intérieur une céramique de Joan Miró, Le Ciel et la Lune, une fresque de Picasso (qu’il ne signe pourtant pas, estimant qu'une passerelle en béton bouche en partie la vue de son travail). En plus de ce noyau initial, l’Unesco a acquis d’autres œuvres, notamment d’Appel, Bazaine, Noguchi, Tamayo, Afro Basaldella, Roberto Matta et Jean Arp. Entre 1960 et 1985, les locaux sont agrandis pour accueillir les nouveaux États membres, conduisant l’institution à acheter de nouvelles pièces, dont un exemplaire de L'homme qui marche de Giacometti, la tapisserie La Tour du Soleil de Jean Lurçat (vers la salle de conférences) ou la photographie Les Roseaux de Brassaï (au 7e étage). Les États font aussi parfois des dons, comme la Tunisie qui a offert une mosaïque romaine de la fin du IIe siècle, Diane chasseresse et l’Islande qui a donné en 2007 une fresque d’Erro, L’Histoire de Thor. Toutes sont disposées pour être intégrées au lieu et être visibles par les salariés sur leur passage ; le siège de l’Unesco compte au total environ 700 œuvres[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. « La maison de l'Unesco », sur le site de l'office de tourisme de Paris
  2. Décret du 22 décembre 1952 portant affectation au ministère des affaires étrangères d'un immeuble domanial sis place Fontenoy, à Paris (7e), JORF no 306 du 24 décembre 1952, p. 11894, sur Légifrance.
  3. Jean Salmon, « Quelques remarques sur l'installation du siège de l'Unesco à Paris », Annuaire français de droit international, vol. 4,‎ 1958, p. 453–465 (lire en ligne).
  4. Georges Fischer, « Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture : Accord relatif au siège », Annuaire français de droit international, vol. 1,‎ 1955, p. 393-406 (lire en ligne).
  5. Convention entre le Gouvernement français et l'Unesco relative à la location d'un terrain place Fontenoy, Recueil général des traités de la France, 1re série, vol. VI, no 24 bis, p. 708–710.
  6. Accord entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture, relatif au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture et à ses privilèges et immunités sur le territoire français, signé à Paris, Recueil général des traités de la France, 1re série, vol. VI, no 27 bis, p. 710–718.
  7. Loi no 55-1071 du 6 août 1955 : 1o tendant à autoriser le président de la République à ratifier l'accord entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture relatif au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture et ses privilèges et immunités sur le territoire français, signé à Paris, le 2 juillet 1954 ; 2o portant approbation du contrat de bail signé le 25 juin 1954 entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, relatif au terrain de la place de Fontenoy, à Paris (7e), affecté au ministère des affaires étrangères par décret du 22 décembre 1952, JORF no 190 du 12 août 1955, p. 8106, sur Légifrance.
  8. Décret no 56-42 du 11 janvier 1956 portant publication de l'accord entre la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, relatif au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture et à ses privilèges et immunités sur le territoire français, signé à Paris le 2 juillet 1954, JORF no 13 du 17 janvier 1956, p. 625–628.
  9. Claire Bommelaer, « L’Unesco dévoile ses trésors », in Le Figaro, samedi 18 / dimanche 19 mai 2012, p. 34.

Bibliographie[modifier | modifier le code]