Maison de Saint Leger

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Armes XVIIIe siècle
Armes Saint Leger, XVIIIe siècle.

La maison de Saint Leger est une très ancienne famille de la noblesse française.

Armes[modifier | modifier le code]

Maison de Saint Leger

Les armes de la Maison de Saint Leger se blasonnent ainsi : d'azur fretté d'argent au chef d'or . (début du XIIIe siècle)

Cimier : un griffon or passant surmontant la couronne de pair
Supports : deux griffons d'or les ailes élevées
Devise : « Haut et Bon » et Fidelis et Firma.

Les origines géographique[modifier | modifier le code]

Maison originaire de Saint-Léger-en-Yvelines[réf. nécessaire], et de Saint-Léger-aux-Bois[1], comté d'Eu en Normandie.

En 1086, à la rédaction du Domesday Book, un certain Robert de Saint Leger (de Sancto Leodegario) possède une hide et une virgate (quart d'Hide) à Bexhille (Sussex) du comte d'Eu[1].

Il existe plusieurs branches :

Branches[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  1. Celle de Saint leger aux Bois, éteinte au XVe siècle dans les familles de Bailleul puis de Mailly Haucourt. Son dernier représentant fut le maréchal de Mailly, duc d'Haucourt. En 1794, il fut guillotiné et son château de Saint-Leger incendié. Armes : « de gueules fretté d'hermines ».
  2. Celle dite du Pays de Caux, s'illustre au XVIe siècle avec Jean de Saint Leger, grand prévot et lieutenant général en Normandie. Elle s'éteint au XVIIe siècle. Armes : « d'hermine au sautoir de gueules engrelé ».

En Angleteterre[modifier | modifier le code]

Vitrail St Leger, All Saints church, Ulcombe
Gisants Ralph et Anne St Leger
  1. Celle de Farlegh (Sussex) participe aux croisades, aux révoltes des barons de 1217 et de 1264. Elle s'éteint en 1273, la famille de Beauchamp héritant des fiefs de Sir William de Saint Leger, tenant en chef.
  2. Celle de Wertlinges (Sussex) et Offeley (Hertford) se termine en 1326. L'importante succession de Sir Johan de Saint Leger, tenant en chef, se transmet par mariage de sa fille Isabelle aux lords Hoo et Hastings, pour finir chez les Boleyn et les reines Anne et Élisabeth Ire. Elle se poursuit avec William de Saint Leger, chevalier, qui part à la conquête de l'Irlande en 1175, où il fonde la branche du comté de Kilkenny, qui suit.
  3. Celle d'Ulcombe, restée dans son fief jusqu'au milieu du XVIIe siècle, elle s'illustre au XVe siècle avec Sir Thomas St Leger, chevalier du Bain. Ambassadeur en France, il signe le traité de Picquigny avec le roi Louis XI. Il épouse Anne Plantagenet, sœur des rois Édouard IV et Richard III, qui le décapite en 1483. Sa fille unique poursuit sa postérité avec les duc de Rutland. Sir James St Leger d'Eggesford épouse Anne Butler, fille héritière du comte d'Ormonde, l'une des plus grosses fortune d'Angleterre.

Sir Anthony St Leger, chevalier de la Jarretière, trois fois vice-roi d'Irlande, pacifie l'Irlande sous Henri VIII, Édouard VI et Marie Tudor. La stalle de Sir Anthony St Leger se trouve dans le chœur de la chapelle Saint-Georges au château de Windsor.

Vue aérienne Leeds Castle

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Les St Leger de cette branche sont élevés à la pairie d'Irlande en 1703 comme baron Kilmaden et vicomte Doneraile. Le 4e vicomte disparu en 1769 sans héritier mâle, la pairie est recréé pour sa sœur Elizabeth (la première femme franc-maçonne), épouse de Richard Aldworth, seigneur de Newmarket, dont le fils reprend le nom et les armes des St Leger. Le major général, Sir Anthony St Leger de Grangemellan, crée le prix St. Leger des courses de chevaux, en 1776 dans le comté de Doncaster. Parmi ses fils, deux célèbres dandys défrayent la chronique des cours de France et d'Angleterre. L'un, le handsome Jack, favori du prince de Galles, futur Georges IV, est peint par Gainsborough (château de Windsor) et Reynolds (Waddesdon manor). L'autre, Antoine Maurice, aussi séducteur que son frère, est présenté à la cour de Louis XVI comme marquis de Saint Leger, titre de courtoisie non porté par la suite.


En Irlande et retour en France[modifier | modifier le code]

Plusieurs membres de la famille prennent une part importante à la conquête Normande de l'Irlande (fin XIIe, début XIIIe siècle).

  1. Thomas Fitz Anthony de Saint Leger, reçoit en fief du roi Jean, le comté de Cork et la province de Desmond (85 fiefs de chevalerie).
  2. William de Saint Leger, issu de la branche de Wertlinge, est investi de grandes possessions des rois Henry II et Jean dans le comté de Kilkenny, de la Reine, de Westmeath, que ses descendants tiennent encore en partie au XVIIe siècle. Lui et son fils William, grands bienfaiteurs des abbayes de St Thomas de Dublin et de Duiske, fondent la branche du comté de Kilkenny, dont les chefs sont lords de Tullaghanbroge et de Shanboth, barons de Rosconnel, de Slewmargy... Elle reçoit le titre de baron d'Obargy au XIVe siècle.

Cette branche compte quatre évêques aux XIIIe et XIVe siècles, des sénéchaux du comté de Kilkenny, des vicomtes de la Croix de Kilkenny, un membre de la confédération de Kilkenny en 1642. Catholique et fidèle aux Stuart, elle est dépossédée par Cromwell vers 1650, puis par Guillaume III d'Orange après 1690. En 1695, deux enfants de cette branche se réfugient auprès de leur oncle Laurent de St Leger, officier aux gardes à cheval de Jacques II Stuart à St Germain. Ils se distinguent dans les brigades irlandaises. La noblesse de leur descendant est reconnue d'ancienne extraction par le conseil du roi en 1783. À chaque génération, ils sont chevaliers de Saint-Louis. Louis Justin de Saint Leger reçoit des mains de Napoléon aux invalides la Légion d'honneur, portée également par les générations suivantes. Beaucoup sont ingénieurs (Polytechnique, Mines, Centrale...).

Jean Maurice de Saint Leger, élève de Monge, chercheur inventeur, achète en 1818 à monsieur Vicat le brevet de fabrication du ciment que Georges III l'autorise à fabriquer et à commercialiser en Angleterre. Mais plus ingénieur qu'homme d'affaires, il n'en retire aucun bénéfice. Son fils André Maurice de Saint Leger, polytechnicien, major des Mines, ingénieur en chef au Corps impérial des Mines, directeur général des machines à vapeur de la région parisienne, conseiller général de Seine-Inférieure, réunit une exceptionnelle collection de minéraux, dont la plus grande partie aboutit à l'École des mines d'Alès. La fortune de sa femme, Émilie Gonse, le rend propriétaire de vastes domaines en bordure de Seine, autour de Vernouillet où son fils unique Justin Maurice, polytechnicien, maire de la commune, crée une belle propriété, résidence secondaire des Saint Leger parisiens pendant un peu moins d'un siècle. Il s'intéresse à cette paroisse (plaque dans l'église qu'il a restaurée) où plusieurs membres de la famille sont inhumés. Le seul Saint Leger qui restait en France en 1830 a, de nos jours, de nombreux descendants en ligne masculine.


Les diverses branches de la famille vivent actuellement en France, Angleterre, Écosse, Irlande, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, Argentine... Ils représenteraient environ 500 personnes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lewis Christopher Loyd, The Origins of Some Anglo-Norman Families, Genealogical Publishing Com, 1951, p. 90.
  • Maurice et Bernard de Saint Leger, Les Saint Leger à travers l'histoire, tome I, préface du baron Durye (secrétaire général des Archives de France).
  • Maurice et Bernard de Saint Leger, Les Saint Leger à travers l'histoire, tome II, préface de Lord Dunboyne.
  • Moya Frenz Saint Leger, St. Leger The Family and the Race, 1986 (ISBN 0-85033-588-4), reprinted in 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]