Maison de Barcelone

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La Maison de Barcelone (en Catalan Casal de Barcelona) parfois nommée Maison de Catalogne[1],[2] est le nom de la dynastie fondée par Guifred le Velu[3] comte de Barcelone et qui devint roi d'Aragon[4].

L'historiographie traditionnelle date l'extinction de la dynastie par à la mort sans descendance masculine de Martin l'Humain en 1410[5],[6] Cependant la succession légitime a été remise en cause et une extinction en 1137 a été proposée.

La maison de Barcelone descend d'une famille wisigothe de la région des Pyrénées, qui, après une alliance avec les armées franques de Charlemagne lors des guerres contre Al-Andalus, gouverna plusieurs territoires de la marche d'Espagne carolingienne après la construction de l'empire carolingien. L'hypothèse de Ramón de Abadal, qui affirme que les comtes de Barcelone descende par voie masculine d'une lignée du comte de Carcassonne ne trouve pas de consensus historiographique

Portail de l' Aureum Opus (1513), compilation des privilèges octroyés à la ville et au royaume de Valence entre 1236 et 1513.
Le premier roi de Majorque et de Valence fut Jacques le Conquérant.

Antécédents à la création du comté[modifier | modifier le code]

« L'époque médiévale fut pour l'Europe un temps de convulsions, où deux forces de pouvoirs s'entrechoquaient, el Ciel et la Terre, et deux manères de l'exercer, celle du Pape et celle des rois. Les uns avaient autorité spirituelle, et la clef du royaume céleste, les autres, la légitimité de leurs anciens lignages pour régner et gouverner[7]. »

Barcelone avait été une ville wisigothe importante depuis 415, année où Athaulf la déclara capitale du Royaume wisigoth. En 712 elle fut prise par les musulmans et conquise en 801 par les troupes de Louis le Pieux[8]. Après sa conquête, le roi carolingien donna le pouvoir à une série de nobles, entre lesquels le père de Guifred le Velu, Sunifred I, de qui Ramón de Abadal[9] affirme qu'il est le fils d'un hypothétique premier comte Bello de Carcassonne, alors que les autres historiens l'identifient au fils du comte Borrell de Ausona de même nom, suggérant que c'était son gendre[10].

Facteurs décisifs[modifier | modifier le code]

Le Concile de Troyes de 878[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guifred le Velu.

En juin 870, à l'assemblée d'Attigny, Guifred le Velu reçu les honneurs de Charles le Chauve, en tant que comte d'Urgel et Cerdagne, et de son frère Miró pour sa charge comtale du Conflent, pendant que Delá et Sugner II, fils de Sugner I d'Ampurias et du Roussillon, étaient nommés comtes d'Ampurias.

Lors de la rébellion de Bernard de Gothie (comte de Barcelone, du Roussillon, de Narbonne, d'Agde de Béziers, de Maguelone et de Nîmes) contre Charles le Chauve, Guifred le Velu, appuyé par ses frères Miro et Sunifrid, et par le vicomte de Narbonne (du côté de Charles, puis du côté de son fils Louis le Bègue) avancèrent en Septimanie où il éliminèrent par la force les nobles fidèles à Bernard (comme l’évêque Siguebu de Narbonne) ; les expulsant des églises les prêtres qui ne les soutenait pas. Vers 878, la rébellion de Bernard s'enlisa définitivement. En août, lors du concile de Troyes présidé par le pape Jean VII et par le roi Louis le Bègue étaient présents les comtes Guifred le Velu (d'Urgell et de Cerdagne), Miro (du Conflent), Sugner II (d'Empurias) et Olibe II de Carcassonne. Plusieurs décisions importantes furent prises tant au niveau politique que religieux. Le 11 septembre 878, Bernard fut déclaré dépossédé de ses titres qui furent répartis : Guifred le velu devint comte de Barcelone, d'Ausona, de Gérone et Bésalu, Narbonne, Béziers, et Agde. Son frère Miro devint comte du Roussillon. Guifred céda l'administration de Bésalu à son frère Radulfe (878 – 920). Sunifrid devint abbé d'Arles et Riculfe évêque d'Elne.

Décadence de l’Empire Carolingien[modifier | modifier le code]

Après le Concile de Troie de 878, et suivant la tradition des comtes d’ascendance wisigothique de la marche d'Espagne[11] tant Guifred le Velu que son frère Miró du Roussillon-Conflent et les comtes d'Ampurias Dela et Sugner II maintinrent leur fidélité aux monarques carolingiens Charlemagne et Charles le Gros (885-888), tel que l'atteste une visite à la cour royale en 881 réalisée par les dirigeants et clercs du Gothie, et le précepte octroyé en 886 par Charles le Gros à Théotaire, évêque de Gérone. Cependant, cette loyauté prit, après la mort de Louis le Bègue, un caractère passif. Les comtes de la marche d'Espagne, s'ils ne se rebellèrent jamais contre les rois Carolingiens, évitèrent de s'impliquer dans les luttes du royaume.

Les preuves les plus claires de la décomposition de l'Empire Carolingien en royaume de France, fut la transmission héréditaire des comtés ; pratique initiée en 895. À la mort de Miro le Vieux, son Comté du Roussillon passa, sans aucune intervention du roi Odon, à Sugner II d'Ampurias et celui du Conflent revint à Guilfré le Velu, comte d'Ausona depuis 885, sans avoir reçu l'investiture royale de ce comté. Ainsi, les rois perdirent leur pouvoir du IXe siècle de nommer et de défaire les comtes. Ces derniers ne se considérèrent plus comme des délégués du pouvoir royal, mais se convertirent en petits souverains de leurs territoires.

Transmission patrimoniale[modifier | modifier le code]

Dans le cas de Barcelone, et contrairement à d'autres fiefs comme Carcassonne, après la mort de Guilfred (897), la succession n'était pas clairement établie. Dans un premier temps, ses fils Guifred Borrell de Barcelone, Miró, Sunifred et Sugner- optèrent pour un gouvernement conjoint de l'ensemble des domaines de leur père sous la présidence de leur frère aîné Guifred Borrell, primus inter pares. Mais rapidement, une fois que chacun des comtes co-gouverneurs eurent une descendance, il fallut abandonner l'idée de cogouvernance ; chaque fils transmit alors individuellement à ses héritiers la partie qui lui revenait. Guilfred Borrel et Sugner eurent le comté de Barcelone, de Gérone et d'Ausona ; Sunifred eut celui d'Urgell ; et Miro ceux de Cerdagne, de Conflent et de Berga. Cette appropriation patrimoniale du territoire, bien que formellement soumise aux rois francs, n'eut aucune réalité juridique jusqu'au XIIIe siècle, lorsque le Jacques Ier d'Aragon signa avec le roi de France, le traité de Corbeil (1258) qui établissaient les droits de succession de chaque roi – France et Aragon – dans leurs territoires respectifs. Nonobstant, après la crise carolingienne, tous les comtes de Septimanie prirent leur indépendance, cédant leurs comtés en héritage à leurs aînés. Guilfred donna ainsi naissance à la Maison de Barcelone[4], dynastie qui, durant le reste du Moyen Âge, abrita sous sa protection les comtés occitan de septimanie, jusqu'à la bataille de Muret en 1213, où, précipitamment, toutes les possessions de la Maison de Barcelone en Occitanie (sauf la seigneurie de Montpellier) furent conquises lors de la croisade des Albigeois.

Siècles IX à XI: de Guilfred le Velu à Ramón Borrell[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique des comtes de Barcelone (en vert), des rois de Aragon (en jaune) et du rois de Majorque (en rose) de la Maison de Barcelone. Sont inclus les succession des premiers rois Trastámara de la Couronne d'Aragon.

Siècles XI et XII: de Berenguer Ramón I à Ramón Berenguer III[modifier | modifier le code]

Après la révolution féodale de 1020-1060, la suprématie de la Maison de Barcelone sur le reste des comtés commença à s'accentuer. Après la révolte des barons, Raimond-Bérenger Ier de Barcelone reçut l'hommage et le jurement de fidélité des comtes de Besalú, Cerdagne, Ampurias et Roussillon, alors que pendant ce temps les comtes d'Urgell continuaient à être fidèle à Barcelone, politique initiée avec le jurement de Armengol II d'Urgell à Berenguer Ramon Ier, reçu en 1018 et en 1026.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les premiers signaux de désintégration de l'empire Almohade furent évidents pour les rois chrétiens. L'apparition de nouveaux petits royaumes (taïfa) au sein d'Al-Andalus permit une avancée imparable des troupes catalanes et aragonaise, d'abord sur l'Èbre et plus tard, avec la conquête de Valence, de Murcie sur toute la côte méditerranéenne.

Ramón Berenguer III scellant les armoiries de Barcelone sur le château de Fos-sur-Mer, en Provence), par Marià Fortuny (1856 - 1857), Académie royale catalane des beaux-arts de Sant jordi (en dépôt au Palais de la Generalité de Catalogne).

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Berenguer Ramon Ier « le Courbe ». En 1021, il se maria avec Sancha, fille de Sancho García, comte de Castille, avec qui il eut deux fils: Ramón Berenguer I (1023) et Sanç. En 1027 se remaria, avec Guisla, fille du veguer de Balsareny. avec elle il eut un fils, Guillermo (1028).

Raimond-Bérenger I de Barcelone « le Vieux ». il se maria trois fois. En premières noces en 1039 avec Isabelle de Nîmes, probablement fille du vicomte Ramon Bernat I de Nîmes, avec qui il eut Pedro Ramón de Barcelone (? -1071), condamné pour l’assassinat de sa belle mère Almodis, Arnau de Barcelone (?-1045) et Berenguer de Barcelone (?-1045). En 1051 il se maria avec Blanche de Narbonne, fille de Llop Ató Zuberoa et Ermengarda de Narbonne. Elle fut répudiée l'année suivante sans descendance. le 1056 il se maria, en troisième noces, avec Almodis de la Marche, fille du comte Bernat I de Razès, avec qui il eut l'infante Agnès de Barcelone (1056-1071), mariée en 1070 avec le comte Guigues VII d'Albon, Raimond-Bérenger II de Barcelone (1053-1082), Bérenger-Raimond II de Barcelone (1053-1099?), Sança de Barcelone (1076-1095), mariée en secondes noces en 1069 avec Guillermo I de Cerdagne.

Raimond-Bérenger II de Barcelone « Tête d’Étoupe ». Il se maria vers 1075 avec Mafalda d'Apulia (1060-1108), fille de Roberto Guiscardo, Duc d'Apulia et Calabre, (1020-1085), et de son épouse Sikelgarda de Salerne, (1040-?), et frère de Roger Ier de Sicile (1089-1101), tous deux fils de Tancrède de Hauteville et de Fredesinde de Normandie. De ce mariage naquit le futur héritier du comté de Barcelone, Raimond-Bérenger III de Barcelone « le Grand ».

Bérenger-Raimond II de Barcelone, « le Fratricide ». Co-gouverna le comté avec son frère (probablement jumeau) Raimond-Bérenger II jusqu'à sa mort dans des circonstances mystérieuse en 1082, puis seul dès lors. Après avoir été accusé d'avoir instigué l'assassinat de son frère à partir de 1086, il ne gouverne que par tutelle de son neveu et héritier du trône, le futur Raimond-Bérenger III, jusqu'à sa majorité. Sans descendance connue.

Raimond-Bérenger III de Barcelone « le Grand ». En premières noces épousa María, fille du Cid Campeador. Se maria en secondes noces avec Douce de Provence ou de Rouergue, avec qui il eut en 1108 Bérengère de Barcelone, épouse du Roi Alphonse VII de Castille et les frères jumeaux Raimond-Bérenger IV IV et Bérenger-Raimond de Provence, en 1114.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notamment sur "Lo Rat Penat" en el escudo de armas de Valencia de Luis Tramoyeres Blasco. como Casa de Cataluña
  2. Escudo de Andorra, pág. 8 (en catalán)
  3. Örjan Martinsson, « Kings of Aragon »,‎ 2002 (consulté le 02 janvier 2008)
  4. a et b Gran Enciclopedia Catalana, [1] “Definición de Casal de Barcelona”
  5. Esta postura tradicional encuentra apoyo en la existencia de una conciencia dinástica de continuidad en la Casa de Barcelona tras el matrimonio con Petronila de Aragón, consistentemente reflejada en las crónicas catalanas et aragonesas posteriores. En particular, Stefano Maria Cingolani, en su artículo "Seguir les vestígies dels antecessors. Llinatge, reialesa i historiografía a Catalunya des de Ramon Berenguer IV a Pere II (1131-1285)" (Anuario de Estudios Medievales, Vol 36, Nº 1, 2006, ISSN 0066-5061), incluye diversas referencias a cómo se forja la idea de la continuidad en el linaje de la Casa de Barcelona tras la unión dinástica, à partir de la Crónica de Bernat Desclot (finales del siglo XIII), et comenta (traducido del catalán): « Desclot quiere subrayar las grandes ampliaciones territoriales de la corona que son exactamente las conquistas de Mallorca, de Valencia, de Murcia et de Sicilia, todas hechas por la casa de Barcelona cuando ya eran reyes de Aragón, et no sólo comtes de Barcelona, puesto que las adquisiciones de Ramón Berenguer IV son casi silenciadas, pese a que es justamente en este comte, el Sarracenorum triumphator, en quien coinciden en una misma figura la conciencia del linaje, la adquisición de la corona real et las primeras grandes ampliaciones territoriales. » Cingolani, pág. 208. En la web del AEM puede consultarse el texto del artículo completo.
  6. El uso del término Casa de Barcelona en la Genealogía hispánica está documentado ya desde el mismo Luis de Salazar et Castro. Por ejemplo en su célebre Historia genealógica de la Casa de Lara (1697), tomo cuarto, puede encontrarse el término Cafa de Barcelona aplicado con posterioridad a la unión dinástica entre Cataluña et Aragón, v.g. págs. 133, 147, 178. (Cf. ibidem pág. 291: "de la Cafa Real de Aragon de la linea de Barcelona".)
  7. (es) José V. Montesinos, « Jaume I: el rei dels valencians », RTVV,‎ 2008
  8. Josep Mª Salrach, Catalunya a la fi del primer mil·leni, Pagès Editors, Lérida, 2004, pág. 120.
  9. Abadal, Els Primers Comtes Catalans, pág. 19, basé sur un texte de l'auteur français P. Tastu de 1851.
  10. Los primeros en avanzar la hipótesis de la descendencia de Borrell de Osona fueron P. Tastu et otros historiadores del Languedoc, basándose en un documento imperial de Luis el Piadoso de 829, que concedía a un "fiel Sunifredo" la propiedad de una villa en el comté de Narbona, tal como ya se había concedido a su padre, el "difunto Borrell". Esta hipótesis está avalada por otros historiadores, como Auzias (L'Aquitaine carolingienne, Toulouse, 1937, pág. 189) et A. Lewis (The Development of Southern French and Catalan Society, 718-1050, Cap. 6, nota 9).
  11. M. Aurell, Les noces del comte: matrimoni i poder a Catalunya (785-1213, págs. 28-29.