Maison Martin Margiela

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Une création de la maison à base de porcelaine

Maison Martin Margiela est une maison de couture française fondée en 1988 par le créateur belge Martin Margiela. Transversale entre mode et design la Maison présente des collections de prêt-à-porter, maroquinerie, chaussures, accessoires, parfums, objets et mobilier. Rachetée en 2002 par Renzo Rosso, fondateur et président de Diesel via sa holding « Only the Brave », elle est aujourd'hui une société du groupe italien.
Le styliste Martin Margiela a quitté la Maison fin 2009, un an après la célébration des 20 ans de la marque. En décembre 2012, la Maison reçoit officiellement l'appellation Haute couture.

Origine[modifier | modifier le code]

Martin Margiela, diplômé de l’Académie Royale d’Anvers reste discret, ne se montre pas, et communique rarement. Pendant trois ans, assistant de Jean Paul Gaultier qui le considère comme une référence en matière de style et vision : « J’avais déjà compris qu’il est très bon mais je n’avais pas compris à quel point », il crée à la suite Maison Martin Margiela en 1988 avec Jenny Meirens.

Sa Maison de couture devient singulière, une famille où le « nous » prend la place du « je », où le collectif remplace le créateur, où le produit est au centre de tout.

De 1997 à 2003, la maison Hermès fait appel à Martin Margiela pour créer et relancer son prêt-à-porter[1].

Définie comme iconoclaste, radicale et expérimentale, la Maison exprime sa créativité, fondée sur la récupération, la transformation et la réinterprétation, comme une démonstration défiant les formes et les règles[2].

Opposé au système de la mode, Maison Martin Margiela est à contre courant : pas de logo, pas de publicité, pas de marketing produit, seul un système numérique de nominations des lignes[3] : des pièces « Artisanale »[3] réalisées dans l’atelier parisien, aux classiques intemporels, de l’accessoire au vêtement décontracté, de la mode au parfum en passant par le design d’intérieur, toutes se complètent.

Masculin, féminin, oversize ou minisize, la déconstruction et la transformation des pièces, le jeu sur le volumes, la modification des formes, le changement de l’utilisation première du vêtement, l’ambiguïté, le trompe l’œil, dévier les notions classiques de la mode font partie des codes de la Maison. La technique, l’épuré, le simple, le refus du superflus sont les principes de Maison Martin Margiela.

L'atelier est installé dans le XIe arrondissement de Paris, dans un ancien couvent, devenu école de dessin industriel.

La Maison compte aujourd’hui une quarantaine de boutiques à travers le monde. Sa première boutique a été inaugurée à Tokyo[4] en 2000. Elle est suivie d’ouvertures successives à travers le monde[5],[6],[7].
Ces boutiques en nom propre, présentes aujourd'hui à Paris, Tokyo, et Londres, reflètent l'esprit du créateur, minimalisme et avant-garde. Une devanture blanche, d'un dépouillement extrême, accueille le visiteur. À l'intérieur, on y retrouve les différentes lignes du créateur, numérotées de 0 à 23. Son premier corner au Printemps (Paris) était comme une petite maison, au plancher de bois craquant sous le pas des visiteurs, avec un lustre tendu de gaze. Des objets de récupération peints en blanc constituent le mobilier de tous les lieux qui le distribuent. À l'origine la marque s'affichait dans ses vêtements uniquement par une étiquette blanche cousue avec quatre points visibles sur l'extérieur du vêtement.

En juillet 2002, OTB : « Only The Brave », holding de Renzo Rosso propriétaire de Diesel, s’associe à Martin Margiela et rentre au capital de la Maison. Martin Margiela continuera à travailler pour la Maison après le rachat par le groupe italien[1]. Renzo Rosso déclare au moment du rachat vouloir prendre en charge la gestion commerciale en laissant à Martin Margiela et ses collaborateurs développer l’image et la création.

En 2008 pour sa collection femme printemps-été 2009, la Maison célèbre ses vingt ans au Cent Quatre, espace de création de la ville de Paris. À la suite de cet événement s’ouvre une exposition rétrospective au MoMu d’Anvers[8], puis à Londres[9]. Entre-temps, fin 2009, le créateur Martin Margiela quitte la maison[10]. En 2012, la maison, qui s'est déjà diversifiée dans le parfum[11], collabore pour une petite collection avec H&M[12].

Après avoir été « Membre invité » par la Chambre syndicale de la haute couture, la Maison reçoit l’appellation Haute couture[13] en décembre 2012.

Glossaire[modifier | modifier le code]

Le blanc[modifier | modifier le code]

Neutre / opposé au noir / « carte blanche ». Au-delà du blanc optique, toute la gamme des blancs. Principale couleur utilisée pour tous les locaux et les lieux de vente. Jusqu’à la peinture sur certains vêtements[14].

Les blouses blanches[modifier | modifier le code]

Symbole d’appartenance au groupe que constitue la Maison, effaceur de hiérarchie, clin d’œil aux couturières des ateliers de haute couture d’antan.

L’anonymat[modifier | modifier le code]

Réaction contre le star-system prépondérant, désir de laisser parler les idées créatives sans que l’image du créateur interfère. Le produit est au centre de tout. Aucun portrait publié, pas d’interview personnelle. Fréquemment, les mannequins défilaient le visage couvert d’un voile opaque, ou les yeux cachés par un bandeau noir, une frange ultra-longue, ou des lunettes Incognito.

Le trompe-l’œil[modifier | modifier le code]

Jeu, détournement optique des matières et des formes.

Les étiquettes blanches et les quatre points blancs[modifier | modifier le code]

Signe d’anonymat revendiqué, désir de ne pas influencer le regard porté sur le vêtement par un nom imprimé, réponse à la tyrannie des logos. Les quatre points blancs tenant les étiquettes devaient à l’origine pouvoir être décousus facilement afin de rendre le vêtement anonyme ; ils deviendront néanmoins une sorte de griffe, reconnaissable de loin sur le dos du vêtement. L’étiquette peut être toute blanche ou tamponnée des chiffres 0 à 23.

Note et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Maison Martin Margiela », sur vogue.fr, Condé Nast,‎ 6 février 2012 (consulté le 8 août 2012)
  2. Jean-Paul Cauvin, « Maison Martin Margiela : au-delà de la mode », sur puretrend.com (consulté le 8 août 2012)
  3. a et b Jean-Paul Cauvin, « La ligne artisanale : la récupération du savoir-faire », sur puretrend.com (consulté le 8 août 2012)
  4. Luca Marchetti, « Interview du Studio de design », sur puretrend.com (consulté le 8 août 2012)
  5. [image] « Maison Martin Margiela Beijing », Style, sur materialiste.com,‎ 2011 (consulté le 8 août 2012)
  6. « Marque : Maison Martin Margiela », Mode, sur elle.fr, Elle,‎ 17 août 2010 (consulté le 8 août 2012)
  7. « MM6, de Maison Martin Margiela, défile pour la première fois », Style, sur lemonde.fr, M, le magazine du Monde,‎ 6 septembre 2012 (consulté le 6 octobre 2012)
  8. Claire mabrut, Faustine François, « Margiela d’hier et d’aujourd’hui », Style, sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro Madame,‎ 12 septembre 2008 (consulté le 8 août 2012)
  9. [image] « Maison Martin Margiela : L'exposition », sur puretrend.com (consulté le 8 août 2012)
  10. Paquita Paquin, « En l’absence du fondateur la collégialité règne toujours chez Martin Margiela », Interview, sur puretrend.com (consulté le 8 août 2012)
  11. « Maison Martin Margiela célèbre la réminiscence avec les parfums Replica », Beauté, sur leparisien.fr, Le Parisien,‎ 30 mai 2012 (consulté le 8 août 2012)
  12. « Maison Martin Margiela prochain créateur invité chez H&M », Style, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 12 juin 2012 (consulté le 8 août 2012)
  13. AFP, « Alexis Mabille et Maison Martin Margiela reçoivent l'appellation haute couture », Style, sur lemonde.fr, M,‎ 19 décembre 2012 (consulté le 19 décembre 2012)
  14. Philippe Pourhashemi, « Maison Martin Margiela : Les codes », sur puretrend.com (consulté le 8 août 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Margiela, Maison Martin Margiela, édition Rizzoli International Publications, octobre 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]