Main-d'œuvre immigrée

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La Main-d'œuvre immigrée, généralement désignée par le sigle MOI, fut d'abord une organisation de type syndical, regroupant les travailleurs immigrés de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) dans les années 1920. Elle s'appela d'abord MOE : Main d'œuvre étrangère et dépendait de l'Internationale syndicale rouge (ISR). À cause de la vague de xénophobie des années 1930, le Parti communiste français, qui dirige de fait ce secteur syndical, lui préféra le terme de MOI.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Louis Grojnowski dit « Brunot » en prend la direction avec Simon Cukier qui utilise déjà une fausse identité, celle d'Alfred Grant un « commis voyageur » allemand, et l'organisation donne naissance à un groupe armé, les FTP-MOI, dont le dirigeant est Joseph Epstein.

Après la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 les groupes s'engagent un peu plus dans l'action. Pourchassés sans relâche par la Brigade spéciale n° 2 (BS2) des Renseignements généraux, presque tous les combattants de la MOI sont repérés à la fin de l'été 1943. À l'automne 1943 la police française les arrête tous.

Le plus célèbre de ses membres est Missak Manouchian et la FTP-MOI est rendue célèbre par l'Affiche rouge, une affiche de propagande allemande exposant les photos de 23 membres de la FTP-MOI après leur arrestation à la fin de 1943, stigmatisant la présence d'étrangers et de Juifs dans la Résistance française et parlant d'« armée du crime ».

Groupes et détachements[modifier | modifier le code]

En 1943, la MOI mobilisait à Paris sur le terrain une soixantaine d'hommes dédiés aux attentats et organisés en cinq groupes:

  • groupe d'action « Stalingrad » de Marcel Rayman,
  • groupe des dérailleurs de Léo Kneller,
  • 2e détachement, dit détachement juif car majoritairement composé de juifs polonais,
  • 3e détachement, dit détachement italien car majoritairement composé d'Italiens,
  • 4e détachement, dit des « dérailleurs » de Joseph Boczov

S'y ajoutaient deux groupes essentiels à la préparation et la gestion des suites des attentats :

Actions[modifier | modifier le code]

Au cours des 6 premiers mois de l’année 1943, les équipes de la MOI accomplissent 92 attentats dans Paris qui se trouvait sous haute surveillance.

  • 32 actions sont à mettre sur le compte du 2ème détachement juif sous la direction de Meier List
  • 31 actions sont à mettre sur le compte du 3ème détachement renforcé par des éléments du Détachement juif, démantelé fin juin 1943, qui deviendra l’équipe spécialisée et comptera les éléments particulièrement déterminés tel Marcel Rayman, Léo Kneller, Spartaco Fontano et Raymond Kojitski.

Parmi ces actions :

Membres[modifier | modifier le code]

On peut citer parmi les membres les plus connus ou les plus actifs de la MOI :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Rayski, L'Affiche Rouge, 21 février 1944, Editions du Félin, 2004. (ISBN 2-86645-538-X)
  • Juifs révolutionnaires, Editions Messidor de Simon Cukier et David Diamant
  • Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l'étranger, Les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Fayard, 1989.
  • Hors-série L'Humanité, « Le groupe Manouchian » (et le DVD La traque de l'Affiche Rouge, film de Jorge Amat et Denis Peschanski), février 2007
  • Marc Levy, "Les enfants de la liberté", l'histoire de la la 35e brigade FTP-MOI

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Long métrage L'armée du crime, film français réalisé par Robert Guédiguian, sorti en 2009.
  • Documentaire Des terroristes à la retraite, documentaire français réalisé par Mosco Boucault (1983). Durée : 1 h 21.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Lévy Claude, « Holban Boris, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle...; Courtois Stéphane, Peschanski Denis, Rayski Adam, Le sang de l'étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance; Bartosek Karel, Gallissot René, Peschanski Denis (dir.), De l'exil à la résistance. Réfugiés et immigrés d'Europe centrale en France. 1933-1945 », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1989, vol. 24, n° 1, pp. 141-142. [lire en ligne]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Demeurant 8 impasse du Maroc à Paris 19e et surnommé Maroc par les Brigades spéciales