Maigret et le Corps sans tête

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Maigret et le Corps sans tête
Auteur Georges Simenon
Genre Roman policier
Pays d'origine Drapeau de la Belgique Belgique
Lieu de parution Paris
Éditeur Presses de la Cité
Date de parution 1955
Nombre de pages 223
Série Commissaire Maigret
Chronologie
Précédent Maigret chez le ministre Maigret tend un piège Suivant

Maigret et le Corps sans tête est un roman policier de Georges Simenon, publié en 1955 par les Presses de la Cité[1]. Il fait partie de la série des Maigret.

Écrit à Shadow Rock Farm, Lakeville (Connecticut), États-Unis, du 15 ou 16 au 25 janvier 1955.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'action se déroule entièrement à Paris dans le secteur du canal Saint-Martin. Des mariniers en station à une écluse remontent un bras d'homme en voulant lever les amarres de leur péniche. Petit à petit, la police du quartier retrouve les morceaux d'un corps dépecé dont il manque la tête.

L'affaire étant trop complexe pour un petit commissariat de quartier, on fait appel au célèbre commissaire Maigret qui, au hasard de ses pérégrinations, fait la connaissance de la patronne d'un bistrot du quartier qui, curieusement, n'a guère l'air de se soucier de l'absence prolongée de son mari censé être parti chercher du vin chez des viticulteurs du côté de Poitiers.

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Dans le canal Saint-Martin à Paris, au-dessus de l'écluse des Récollets, des mariniers repêchent, l'une après l'autre, les différentes parties du corps d'un homme. On s'attend à retrouver aussi la tête. Ce sera en vain. Maigret, qui a été appelé sur les lieux, se rend pour téléphoner, dans un bistrot du quai de Valmy où la patronne lui répond de façon évasive et sèche. Il retournera dans ce petit bar, dont le patron est absent : Omer Calas est parti depuis quelques jours pour s'approvisionner en vins aux environs de Poitiers, sans que sa femme sache où le joindre. Vieillie avant l'âge, s'adonnant à la boisson, elle dégage, dans son insaisissable indifférence, une personnalité qui intrigue le commissaire. Celui-ci remarque les allées et venues d'un jeune coursier, Antoine, qui couche à l'occasion avec Mme Calas. Il y a aussi un certain Dieudonné, employé modèle, vieil ami de la maison et amant en titre de la patronne. L'examen de l'homme coupé en morceaux a révélé une cicatrice d'appendicite. Or, Calas a subi une intervention de ce genre : sa femme et sa fille Lucette l'ont affirmé. Le corps sans tête ne serait-il pas celui de Calas ? Pour ne pas désobliger le juge d'instruction Coméliau, Maigret arrête Mme Calas et, provisoirement, le jeune Antoine. Mais quel intérêt avaient-ils à faire disparaître un mari aussi peu gênant ? C'est le passé d'Aline Calas qui fera la lumière. Aline de Boissancourt, fille d'un riche châtelain, a rompu avec les siens, à 17 ans, pour disparaître avec Omer Calas, un valet du château. Un mois avant les événements, son père est mort et le notaire a retrouvé sa trace. Elle refuse la succession afin de ne pas changer de vie, mais son mari entend, lui, profiter de l'héritage qu'il ne peut recevoir sans l'accord de sa femme. Maigret imagine ce qui s'est passé et qui sera d'ailleurs reconnu devant le juge : scène entre les époux, violence d'Omer, intervention musclée de Dieudonné, l'amant qui défend Aline et puis, méticuleux comme à l'ordinaire, s'en va dépecer le cadavre du mari trop brutal... Lucette Calas, toute différente de ses parents, ignorait même les origines de sa mère. Elle épousera le professeur Lavaud, son patron, en attendant l'héritage d'un grand-père inconnu.

Analyse et commentaire[modifier | modifier le code]

C'est une enquête tout en finesse entre un policier qui, au début de l'enquête, n'a aucune preuve si ce n'est la force de sa conviction et une femme revêche, distante et qui s'adonne à la boisson dans le seul but de provoquer. Lorsque le commissaire découvrira les raisons d'un tel comportement, il ne sera pas loin de connaître la vérité.

Aspects particuliers du roman[2][modifier | modifier le code]

Histoire d’un crime quasi accidentel au-delà duquel se profile l’étrange figure d’une femme mue par le désir instinctif de rejeter les avantages matériels de sa naissance. Elle éveille chez Maigret un intérêt qui lui rappelle la profession idéale à laquelle il rêvait dans sa jeunesse : « un raccommodeur de destinées » (chap. III) Le caractère de Maigret et du juge Coméliau s’opposent en des désaccords fréquents.

Fiche signalétique de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Cadre spatio-temporel[modifier | modifier le code]

Espace[modifier | modifier le code]

Paris (les quais bordant le canal Saint-Martin).

Temps[modifier | modifier le code]

Époque contemporaine ; l’enquête se déroule à partir du 23 mars et dure quatre jours.

Les personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Aline Calas, née de Boissancourt, tenancière de bistrot. Mariée, une fille d’âge adulte, 41 ans.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Omer Calas, tenancier de bistrot, 47 ans, la victime
  • Lucette Calas, fille d’Aline et d’Omer, assistante à l’Hôtel-Dieu, 24 ans
  • Dieudonné Pape, magasinier aux Transports Roulers et Langlois, veuf, amant de Mme Callas, la cinquantaine
  • Antoine Cristin, garçon de courses (en triporteur), 18 ans
  • Le juge Coméliau

Adaptations[modifier | modifier le code]

Aikawa (Commissaire Maigret), diffusé en 1978.

Sources[modifier | modifier le code]

L'Univers de Simenon, Maurice Piron, Presses de la Cité, 1983

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Achevé d'imprimer le 2 juin 1955.
  2. L'Univers de Simenon, sous la direction de Maurice Piron avec la collaboration de Michel Lemoine.