Mahmud Ghazan Khan

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La conversion de Ghazan à l'islam. Jami al-tawarikh de Rashid al-Din.

Ghazan Khan, Mahmud Ghazan ou Ghazan (turc qazan : « chaudron »), parfois nommé Casanus en Occident[1], né en 1271, mort en 1304, arrière-petit-fils d'Houlagou Khan, fondateur des la dynastie mongole des Houlagides (ou Ilkhanides), est le septième ilkhan de Perse, de 1295 à sa mort.

Introduction : la dynastie houlagide[modifier | modifier le code]

Biographie de Ghazan Khan[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Né sous le règne de son grand-père Abaqa, Ghazan est le fils aîné d'Arghoun, alors gouverneur du Khorasan, au nord-est de la Perse. Sa mère est Qutlugh, du clan Dorben[2]. Il est baptisé et élevé dans la religion chrétienne[3], mais un de ses précepteurs est un moine bouddhiste[4], qui lui apprend les écritures mongole et ouighour.

Gouverneur du Khorassan (1282-1295)[modifier | modifier le code]

En 1282, à l'avènement d'Arghoun, Ghazan devient gouverneur en titre du Khorassan, province du Nord-Est de l'Iran peuplée de musulmans[réf. nécessaire].

L'avènement de Ghazan (1295)[modifier | modifier le code]

Ghaykhatou ayant mécontenté les aristocrates par diverses mesures, est assassiné à Maghadan en 1295. Son cousin Baïdou, cédant à la persuasion, lui succède. Ghazan, sympathisant avec l’Islam et aspirant au trône, se rebelle contre lui. Il réussit à gagner par des promesses les seigneurs féodaux soutenant Baïdou. Il prend Tabriz sans coups férir. Baïdou trouve la mort alors qu’il tente de se réfugier en Géorgie.

Ghazan, qui doit son trône aux nobles et aux militaires musulmans, nomme gouverneur de l’empire[réf. nécessaire] l’émir Nowruz, originaire du Khorasan.

Le gouvernement de l'émir Nowruz (1295-1297)[modifier | modifier le code]

Nowruz rend l’Islam obligatoire, interdit toutes les autres religions. Les églises chrétiennes, les synagogues et les pagodes bouddhistes sont détruites et incendiées, les prêtres tués. Toute la population est obligée de porter le turban.

Ghazan, après avoir consolidé son pouvoir, fait arrêter et mettre à mort par ses fidèles les valets d’armes de l’émir Naûroûz et la « clique » militaire de l’Islam (mars 1297). Naûroûz doit s’enfuir. Le gouverneur de Herat, Fakhr ed-Din, le livre à Ghazan qui le fait exécuter.

Le gouvernement de Ghazan[modifier | modifier le code]

Offensives contre les Mamelouks en 1300.

Ghazan rétablit l’autorité du pouvoir central par des mesures sévères, voire cruelles, contre les commandants militaires et les seigneurs féodaux soupçonnés de complot.

En 1298, il nomme vizir le Persan Rashid al-Din.

Il s’efforce de redresser l’économie. Il fait frapper une nouvelle monnaie sur laquelle son nom est gravé en trois langues (arabe, mongol, tibétain), devenu empereur par la grâce du Ciel Éternel[réf. nécessaire]. Il assure la sécurité de la population rurale et agricole, interdisant les pillages, le rançonnement illégal et le massacre de la population. Les violateurs des lois sont frappés de lourdes peines, indépendamment de leur origine et de leur fonction. Des lois encouragent le défrichement : attribution de tributs spéciaux, propriété donnée au défricheur, expropriation des propriétaires de terres non exploitées. Les Mongols adoptent une vie sédentaire et se convertissent à l’Islam. Ils commencent à s'assimiler à la population autochtone.

Ghazan fait construire à Tabriz des bâtiments imposants : mosquées, medersas, édifices publics.

Il mène une campagne en Syrie contre les Mamelouks (1299-1300) en s'alliant avec les chrétiens de Chypre mais doit renoncer à occuper le pays (1302).

À sa mort, son frère cadet Oldjaïtou continue sa politique, renforçant son pouvoir au détriment des féodaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Foltz, Religions of the Silk Road, Palgrave Macmillan, 2010 [ISBN 978-0-230-62125-1]
  • Charles Melville, Padshah-i Islam : the conversion of Sultan Mahmud Ghazan Khan

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schein, p. 806
  2. Cf. page anglaise.
  3. Foltz, p. 128.
  4. Melville, p.159-177.