Mahabalipuram

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Mahaballipuram)
Aller à : navigation, rechercher
Mahabalipuram
மாமல்லபுரம் / Mamallapuram
Bateaux de pêche sur la plage de Mahâbalipuram
Bateaux de pêche sur la plage de Mahâbalipuram
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Tamil Nadu
District Kanchipuram
Index postal 603104
Fuseau horaire IST Indian Standard Time
(UTC+5.30)
Indicatif +91 44
Démographie
Population 12 049 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 12° 36′ 59″ N 80° 11′ 58″ E / 12.616454, 80.19937 ()12° 36′ 59″ Nord 80° 11′ 58″ Est / 12.616454, 80.19937 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 12 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Tamil Nadu

Voir sur la carte administrative de la zone Tamil Nadu
City locator 12.svg
Mahabalipuram

Géolocalisation sur la carte : Inde

Voir la carte administrative d'Inde
City locator 12.svg
Mahabalipuram

Géolocalisation sur la carte : Inde

Voir la carte topographique d'Inde
City locator 12.svg
Mahabalipuram
Ensemble de monuments de Mahabalipuram *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Temple Yudhishtir sur le site des Cinq Ratha
Temple Yudhishtir sur le site des Cinq Ratha
Coordonnées 12° 36′ 07″ N 80° 12′ 11″ E / 12.601944444444, 80.203055555556 ()12° 36′ 07″ Nord 80° 12′ 11″ Est / 12.601944444444, 80.203055555556 ()  
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Subdivision Tamil Nadu, district du Kanchipuram
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv)
Numéro
d’identification
249
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1984 (8e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Mahabalipuram ou Mamallapuram (en tamoul மகாபலிபுரம் (Mahābalipuram) [1], « la ville de Mahabali ») est une ville indienne dans le district de Kanchipuram (Tamil Nadu). Elle est située à 60 km au sud de Chennai (Madras) sur la côte de Coromandel et elle abrite un site archéologique de première importance en Inde du sud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au VIIe siècle, du temps du règne de la dynastie Pallava, Mahabalipuram était probablement un port important en communication avec le Srivijaya en Indonésie et le Royaume du Champa sur la péninsule indochinoise. Cependant, si aucune installation portuaire n'a été retrouvée à ce jour, le tsunami, conséquence du tremblement de terre du 26 décembre 2004, a mis au jour des structures qui pourraient être reliées à cette activité.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Le site comporte un grand nombre de monuments hindouistes dédiés à Shiva, à Vishnou, mais aussi à Krishna et aux héros du Mahabaratha. Les trois principaux monuments ou groupes de monuments sont :

La descente du Gange ou La pénitence d'Arjuna[modifier | modifier le code]

La Descente du Gange est un bas-relief datant du VIIe siècle, probablement le plus grand au monde. Les sculptures qui couvrent la totalité de la surface de deux énormes rochers, soit 27 mètres de long sur 9 mètres de haut, dépeignent le cours du Gange depuis l'Himalaya tel que décrit dans le Panchatantra.

Selon le Ramayana, le roi d'Ayodhya Bhagiratha, de la lignée d'Iksvaku, lui-même ancêtre de Rama, se livra à une très dure ascèse durant mille ans afin d'accomplir les rites funéraires et purifier les cendres de ses soixante mille ancêtres. À force de courage, il obtint de Brahma la descente sur terre de la Ganga. Cependant le flot impétueux du fleuve aurait anéanti toute vie, tant sa force était grande si, à force de nouvelles austérités, le roi n'avait obtenu de Shiva la faveur de recueillir le Gange dans sa Jata (chignon d'ascète) pendant encore cent ans. Au terme de ces années, son cours avait été ralenti et Shiva put le laisser couler librement. Cependant, alors que le Gange dévalait son lit, il aspergea l'autel de l'ascète Jahnu, qui, contrarié, l'avala. Bhagiratha le pria de l'excuser, et l'ascète permit au Gange de sortir par son oreille afin de terminer son œuvre de purification, d'où le nom de Jahnavi, la fille de Jahnu, que l'on donne parfois à la Ganga.

La fissure centrale représentant le cours du Gange est peuplée de créatures aquatiques tels des nâgas et naginis. De part et d'autre de cette représentation du fleuve, se trouve l'image de Shiva. Au-dessus de celle-ci, on trouve les ruines d'un réservoir, ce qui laisse penser qu'autrefois de l'eau s'écoulait pour matérialiser le Gange à l'occasion de rituel et d'offrandes. Hormis les nombreuses représentations divines, le bas-relief dépeint la vie de village en Inde au VIIe siècle, notamment des scènes de la vie quotidienne. Dans la partie supérieure, à droite de la fissure, le donateur et mécène, le roi Pallava Mahendravarman (580630) est représenté en compagnie de ses trois épouses. Dans le bas, à droite de la fissure, on reconnaît un chat yogi en posture de méditation, des souris insouciantes dansant autour de lui. La scène figure un dicton de la sagesse populaire indienne qui conseille de se méfier des faux sâdhus. De part et d'autre de ce relief sont figurés de grands éléphants dont l'interprétation reste incertaine : ils figurent peut être les piliers du monde, placés dans le monde souterrain : c'est là que les ancêtres de Bhagiratha avaient été réduits en cendres par Brahma. Celui-ci, sous la forme du sage Kapila, avait dérobé le cheval de l'ashvameda pour faire mourir les fils de Sagara, les soixante mille ancêtres de Baghirata. Ces événements avaient pour but de préparer cette descente du Gange.

Le bas-relief est aussi appelé parfois la Pénitence d'Arjuna, du nom du principal héros des frères Pandava dans le Mahabaratha, répondant de fait à l'attribution des cinq Ratha du même site. À gauche du bas-relief, se trouve un petit temple excavé appelé Pancha Pandava Mandapa.

L'attribution de ce relief à un épisode du Ramayana ou du Mahabaratha fait encore débat et est très souvent sujet à polémique dans les milieux universitaires.

Temple du Rivage[modifier | modifier le code]

Le Temple du Rivage est un temple construit de 700 à 728 par le roi Pallava Râjasimha Nârasimhavarman II (en) au bord de la côte du golfe du Bengale. C'est un des premiers temples construits par opposition aux temples creusés dans des grottes ou excavés dans des falaises.

D'après la tradition, c'est le seul temple restant de l'ensemble mythique des sept pagodes de Mahabalipuram. Le temple, qui a souffert depuis douze siècles de sa situation sur le rivage, est maintenant protégé de l'érosion éolienne par une haie et de celle des vagues par des blocs de rocher mis en place par le gouvernement d'Indira Gandhi, blocs qui lui ont permis de résister à la vague du tsunami du . Cependant, cette vague qui a déplacé de grandes quantités de sable sera peut-être à l'origine de futures découvertes concernant le site.

Article détaillé : Temple du Rivage.

Cinq Ratha[modifier | modifier le code]

Les cinq Ratha (Pancha Ratha) — Yudhisthira (ou Dharmaraja), Bhima, Arjuna, Draupadi et Nakula-Sahadeva — sont des monuments monolithiques de tailles et de formes différentes excavés d'une petite colline, descendant en pente douce vers le sud, au sud du village.

Le terme ratha est incorrectement utilisé ici car il signifie « chariot » (voir Puri), comme ceux utilisés dans les processions. Les Ratha de Mahâbalipuram n'ont pas de roue, contrairement au temple de Surya de Konarak qui est en forme de chariot avec des roues, tiré par des chevaux sculptés.

Le Dharmaraja a été dégagé à partir de la partie la plus haute de la colline, puis suivent par ordre décroissant de taille, le Bhima, l'Arjuna et le Draupadi.

Le Sahadeva a été excavé d'une roche un peu plus grande placée à l'ouest de Draupadi. Juste devant le Draupadi, deux autres roches plus petites ont été sculptées en forme d'éléphant (G) et de lion (H), le véhicule de Durga. Derrière le Draupadi et l'Arjuna, qui se tiennent sur une plate-forme commune, se trouve un Nandin (B), un bœuf, véhicule de Shiva.

Ces Ratha représentent les formes de temples en service à l'époque de leur excavation et qui étaient faits de matériaux périssables.

Caractéristiques des Cinq Ratha[modifier | modifier le code]

  • Draupadi (A), en forme de hutte avec toit de chaume, dédié à Durga ;
Il s'agit d'un temple dédié à Durga au plan simple, carré, à une cella. Sa toiture évoquant les toits de chaume rappelle sans doute des chapelles de villages construites en matériaux périssables et qui n'ont pas survécu. Ce modèle restera sans lendemain dans la pierre, mais sans doute toujours important dans l’architecture populaire.
  • Arjuna (C), structure pyramidale plus petite que celle du Dharmaraja. Sans doute dédié à Shiva, étant donné la présence du taureau Nandi (B) couché à l’arrière, ce temple présente un plan simple, carré avec des ressauts, précédé d’un vestibule aux parois nues. Il est marqué par le style dravidien, comme le montre sa toiture pyramidale de faux étages décroissants. Son décor sculpté montre des divinités associées au dieu principal.
  • Bhima (D), temple à étages, avec colonne à piètements de lion, transposition libre de l'organisation d'une salle de réunion bouddhique, dédié à Vishnou. Ce ratha de plan rectangulaire, est couvert en berceau brisé. On note de petits édifices en bas relief sur la corniche.
  • Dharmaraja ou Yudhisthira (E), surmonté d'une structure pyramidale de trois étages, inachevé, le seul portant une inscription faisant référence au roi Pallava Nârasimhavarman Ier. Dédié à Shiva, il est bâti sur le même principe que le ratha d’Arjuna, un plan carré et une véranda, une toiture dravidienne à deux faux étages, et une corniche avec des réductions d’édifices. On note peut-être l'ébauche d’un déambulatoire. Les divinités sculptées à l’extérieur comportent un Shiva androgyne et un harihara.
  • Nakula-Sahadeva (F), de structure absidiale, dédié à Indra. Très inachevé, ce dernier modèle présente un plan original absidial avec un porche soutenu par des colonnes de style mamalla.

Autres[modifier | modifier le code]

Il y a quatre autres ratha ailleurs dans Mahabalipuram. Un grand nombre de temples, souvent excavés, sont aussi éparpillés sur le territoire du village. Enfin, on trouve également dans le village un énorme rocher vaguement sphérique appelé la boule de beurre de Krishna. Le site de Mahabalipuram est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1985.

Festival de danse[modifier | modifier le code]

Mahâballipuram accueille l'un des plus importants festivals de danse indienne à la fin de chaque année.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve aussi les noms de Mavalipuram et Mahamalaipuram ; ce nom, d'après le rapport annuel du Département épigraphique de Madras, a été donné à cet endroit au 7e siècle, au cours duquel régna le roi Pallava, Narasimhavarman I. Les européens, probablement les marins qui ont découvert les sculptures lui donnèrent plus tard le nom des Sept Pagodes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]