Magnus III de Suède

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Magnus III de Suède, ou Magnus Ladulås (Serrure de grenier) [1] (vers 1240 - 1290), fut roi de Suède de 1275 à 1290.

Origine[modifier | modifier le code]

Magnus Bigersson est le second fils de Birger Jarl. Il succède sur le trône à son frère aîné Valdemar Ier de Suède dont il a largement contribué à la déchéance avec ses cadets.

Règne[modifier | modifier le code]

Sceau de Magnus III de Suède
Armories du Roi Magnus III selon Gelre

En 1275, mettant à profit les scandales qui éclaboussent la vie privée de son frère Valdemar le duc Magnus entre en rébellion contre lui avec le soutien de ses autres frères et le chasse du trône avec l’aide de mercenaires danois. Magnus III est élu roi à la « Pierre de Mora » (suédois : Mora sten) le 22 juillet 1275 après la déposition de son frère Valdemar Ier et couronné à Uppsala le 24 mai 1276. Erik, le frère puîné de Magnus III reçoit en 1275 le titre nouveau d' « Hertig » (i.e Duc) mais il meurt la même année. Le dernier frère Bengt qui était archidiacre, recevra le titre d' Hertig de Finlande et l’évêché de Linköping avant de mourir en 1291.

Valdemar le roi déchu réussit, avec l'aide armée danoise, à reprendre la partie méridionale du royaume constitué par les provinces du Götaland que doit lui concéder provisoirement le nouveau roi. Toutefois, le roi Magnus recouvre rapidement ce domaine et s’adjoint le titre supplémentaire de « rex Gothorum » qui faisait partie intégrante de la titulature royale « Roi des Suédois et des Goths ».

Selon la tradition, le roi Magnus doit son surnom de « Ladulås » (i.e: Serrure de grenier) à ses lois contre les voleurs, toutefois il est peut-être lié à un décret de 1279/1280 qui libérait les paysans de l'obligation de fournir aux nobles et aux évêques lors de leurs déplacements dans le royaume les moyens de subsistance nécessaire.

Entre 1279, le roi doit faire face à une révolte en Västergötland menée par trois nobles Magnus, Johan et Birger Filipsson. Ils capturent le beau-père du roi le comte Gérard Ier de Holstein qui se trouvait en Suède et la reine qui est obligée de se retirer dans un couvent. Magnus III vient rapidement à bout de cette rébellion et punit les coupables (1280).

À la même époque, le roi édite le « Statut d’Alsnö » (suédois : stadga Alsnö) qui exempte également de taxes tous ceux qui s'engagent à fournir à la Couronne un guerrier à cheval (i.e chevalier), sa monture et son équipement. Ce décret est de première importance tant sur le plan militaire puisqu’il fait de la cavalerie lourde vêtue d’armure le principal élément de la force militaire du pays mais aussi par ses conséquences sociales car il est considéré comme le fondement d’une nouvelle classe nobiliaire héréditaire privilégiée en Suède bien que le développement de ce groupe social qui ne tardera pas à s’unir aux anciennes familles nobles ne se réalisera en réalité que progressivement jusqu'au XVIe siècle.

Le règne de Magnus est dans les domaines culturels et économiques une période d’intense développement. Le commerce est florissant et des accords sont signés avec les marchands de Riga, Gotland et sans doute Lübeck, l’industrie minière se développe et la vie municipale progresse. Les relations intellectuelles avec le royaume de France sont maintenues. En 1285, la Chapitre d’Upsal fonde à Paris un « collegium upsaliense » destiné aux étudiants de son diocèse. L’archevêque de Suède recrute deux ans plus tard un tailleur de pierre français, Étienne de Bonneuil de l’école de Notre-Dame de Paris, avec pour mission de rebâtir à Upsal une cathédrale qui serait la plus vaste de Scandinavie. La Suède reçoit également des missionnaires religieux Dominicains et Franciscains porteurs de la civilisation française. En 1282, un couvent de Dominicaines sera ainsi fondé par le roi à la pointe de Skänninge sous l'influence de Pierre de Dacie (mort en 1289) [2].

En 1288 sentant sans doute sa fin proche, il fait emprisonner son frère Valdemar afin que ce dernier ne soit pas tenté de revendiquer le trône. Il promeut également Torgils Knutsson comme « Marsk », ce qui ouvre à ce dernier la perspective d’exercer la fonction de régent qui sera officiellement confiée à la reine Hedwige pour le compte du fils aîné du roi Birger de Suède âgé de seulement 10 ans.

Tombe de Magnus III de Suède à Stockholm

Magnus III Ladulås meurt le 18 décembre 1290 à Visingsö, île sur le lac Vättern, principale résidence royale depuis le milieu du XIIe siècle. Le roi est inhumé dans l'église des franciscains de Stockholm.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Magnus Bigersson épouse, le 11 novembre 1276 à Kalmar, Helvig de Holstein († 1324), fille du compte Gerhard Ier de Holstein. Ils ont deux filles et trois fils qui se disputeront ensuite le trône :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Musset, Les Peuples scandinaves au Moyen Âge, Presses Universitaires de France, Paris, 1951, p. 231 note n°4 « Ce surnom qui signifie littéralement "serrure du grenier" n'a pas d'explication certaine »
  2. Corinne Péneau, Op.cit, p. 138 note n°123 : À la fin du XIIIe siècle, on compte 9 couvents dominicains et 10 couvents franciscains en Suède

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ingvar Andersson, Histoire de la Suède… des origines à nos jours, Éditions Horvath, Roanne, 1973
  • Corinne Péneau, Erikskrönika, Paris, Publications de la Sorbonne,‎ 2005, 258 p. (ISBN 2-85944-524-2, lien OCLC?)
  • (en) Philip Line, Kingship and state formation in Sweden, 1130-1290, Library of Congres, 2007 (ISBN 978-90-04-15578-7) p. 136-142.
  • Lucien Musset, Les Peuples scandinaves au Moyen Âge, Paris, Presses universitaires de France,‎ 1951, 342 p. (lien OCLC?)
  • Ragnar Svanström et Carl Fredrik Palmstierna (trad. Lucien Maury), Histoire de la Suède, Paris, Stock,‎ 1944, 384 p. (lien OCLC?)