Magnétocassette

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Platine cassette Pioneer CT-900S.
Philips EL3302, premier magnétophone à cassette

Un magnétocassette[1] ou magnétophone à cassette est un magnétophone utilisant une cassette audio[2] comme support de lecture et d'enregistrement. Il existe sous deux formats :

  • appareil compact intégré, typiquement monophonique, comportant un système de lecture et d'enregistrement, un amplificateur et au moins un haut-parleur ;
  • lecteur et enregistreur intégré, stéréophonique et de qualité supérieure, possédant des fonctions supplémentaires (dont la réduction du bruit de fond ; système Dolby par exemple), souvent appelé « platine cassette », élément d'une chaîne haute-fidélité.

Le terme peut aussi désigner la partie lecture et enregistrement de cassette pouvant être intégrée dans un appareil plus complexe.


Historique[modifier | modifier le code]

Le magnétophone à cassettes et la cassette audio furent inventés par la société hollandaise Philips en 1961 (pionniers également des premiers tourne-disques microsillons, et du disque compact).

Celle-ci apportait plusieurs améliorations par rapport aux magnétophones à bobines et bandes magnétiques traditionnels :

- Gain de place considérable en miniaturisation et légèreté
- Facilité de placement de la cassette dans son logement, par rapport à celui d'une bande
- Protection de la bande aux manipulations
- Possibilité de par son peu de place, d’incorporer un magnéto-cassettes adjoint à l'autoradio dans une voiture ou un poste à transistor prenant l'appellation de "radio-cassettes"

Par facilité de langage, compatible ensuite avec le sigle "CD" voire "MD", le sigle "K7" fut et reste couramment utilisé.


Une mini-cassette est, comme son nom l'indique, un petit boitier dans lequel se situe :

- une mini-bande magnétique, avec 2 orifices crantés gauche et droite, en face desquels rentrent les axes d'entraînement triangulaires débiteur et récepteur de bande (similaires à ceux des bobines), et à sa base :

- une ouverture gauche pour la tête d'effacement, une centrale pour la tête de lecture/enregistrement, possédant un petit feutre fixé au centre d'une languette métallique situé au dessus de la bande, que venait presser la tête, et une pour le galet presseur, avec un petit orifice laissant traverser le cabestan d'entrainement.

- A l'intérieur, 2 guides de bande et une fine pellicule cellophane de protection.

- Sur le haut de la cassette, aux extrémités, une première languette soulevant un petit ergot-capteur du magnétophone, assurant la possibilité d’effaçage/réenregistrement, celui-ci devenant impossible une fois la languette cassée (celle-ci étant d'office absente sur les musicassettes), protégeant la cassette de tout effacement par inadvertance (mais que l'on pouvait rétablir par du scotch),

et une deuxième languette pour les cassettes au Chrome ou au Métal, plaçant automatiquement les filtres des fréquences aiguës correspondantes du magnétophone dans cette position.


Les premiers magnétophones à cassette Philips, prévus pour être pratiques, notamment encore moins lourds et encombrants qu'un magnétophone à bobines portable, étaient eux-même de petite taille, et la tête d'enregistrement/lecture monophonique (2 pistes, soit une piste par sens de lecture).

Ils étaient simplifiés à un seul et unique bouton poussoir, permettant à la fois l'enclenchement de lecture ou enregistrement (en pressant simultanément une touche rouge), et l'embobinage ou rembobinage, par manœuvres gauche ou droite. Par la suite, ces différentes fonctions furent "standardisées" à plusieurs touches. Ils pouvaient dès le départ être reliés par câble avec prises DIN 3 broches à une chaîne hifi.


Les bandes des cassettes devant être en moyenne deux fois plus fines et étroites qu'une bande magnétique, et enregistrées/écoutées à 4,75 cm/s (1,87"/s), pour pouvoir être contenues dans le petit boitier nommé cassette, et avec une durée suffisante, les magnétophones à bandes traditionnels sont toujours demeurés toutefois les meilleurs en qualité.

On distingua dès le départ 3 durées d'enregistrement, indiquées sur les cassettes en minutes, en utilisant les 2 côtés d'utilisation :

- C 60 : 1 heure
- C 90 : 1 heure 30
- C 120 : 2 heures

Vers les années 1970, certaines marques rajoutèrent quelques minutes pour que des enregistrements d'émissions ou disques de ces durées précises pouvant "déborder" de leurs horaires, ne risquent pas d'être tronqués. Il y eut donc la C 60 + 3, la C 90 + 3, ces rajouts étant devenus systématiques et non nécessaires à préciser dès les années 1980.

Dans les années 1980, plusieurs marques créèrent toutes les durées possibles et imaginables, notamment :

- C 30 : 30 minutes
- C 45 : 45 minutes (ces 2 durées étant dans un but de meilleure qualité, les bandes étant plus épaisses)
- C 180 : 180 minutes, créées par TDK, pour enregistrer des conférences par exemple

- C 100 et C 110, au chrome notamment, avec le progrès des bandes au cours des années 1990.

Les C 180, trop fragiles et risquant de s'enrouler autour du cabestan, ou s’emmêler ne durèrent que quelques années. De même les C 120, ne furent pas conseillées, et uniquement au fer (excepté BASF vers 1985), celles au chrome ou métal privilégiant la qualité.

Les radio-cassettes[modifier | modifier le code]

La miniaturisation des cassettes et magnétos cassettes associée à celle des postes à transistors radio portatifs déjà existant depuis les années 1960, Philips puis d'autres marques eurent l'idée au début des années 1970, d'associer les 2 fonctions dans un seul et même boitier parallélépipédique, ayant de plus l'avantage d'un réglage commun du volume, ainsi qu'un gain supplémentaire de place, un haut-parleur commun et une connexion directe sans câble permettant l'enregistrement direct de la radio sur cassettes.

Ainsi fut né le radio-cassettes "bi-fonctions" (par la suite des appareils devinrent avec le compartiment CD, voire mini-disque, multi-fonctions)

Le réglage du volume d'enregistrement associé à une aiguille de potentiomètre de contrôle n'était plus présent, celui-ci étant simplifié à un "enregistrement automatique" moyen assez fort, l'inconvénient étant comme pour chaque compresseur, de rendre les "pianissimo" presque aussi forts que les "fortissimo", et d'amplifier le souffle durant les "blancs".

L'auto-radio cassettes[modifier | modifier le code]

Cette même miniaturisation "cassettes/magnétophone", permit au cours des années 1970, d'associer également un lecteur de cassettes aux autoradios déjà existants dans les voitures, permettant d'écouter soit ses enregistrements personnels, soit un enregistrement du commerce (musicassette), jusque là impossible à écouter avec un pick-up et microsillon dans un véhicule en mouvement.

Il ne fonctionnait qu'en lecture, le mode enregistrement étant inexistant.

il fut progressivement remplacé aux cours des années 2000, progrès oblige, par un lecteur auto-radio-CD, l'option triple auto-radio-CD-K7 n'étant pas proposée....

Comme toute nouveauté attirant les éventuelles "convoitises" et vols dans les voitures, (en étant souvent "dévissés" au départ de leur logement)(comme par exemple le furent ensuite, les GPS !), les autoradios furent fabriqués à partir des années 1990 en boîtiers "encastrables", l'utilisateur pouvant le retirer en cas d'absence, puis uniquement avec le capot de commandes (plus léger et moins encombrant) "déboîtable", ou rendu inutilisable d'un inconnu par un code d'accès.

La musicassette[modifier | modifier le code]

Les autoradios et radiocassettes, ainsi que magnétophones à cassettes de chaines hifi, se développant au fil des années 1970, les enregistrements du commerce s'effectuèrent en parallèle du disque microsillon, (qui lui ne pouvait être écouté qu'avec une platine fixe (sauf à la rigueur, les "mange-disques"), pouvaient cette fois fonctionner facilement durant des "mouvements" de transport, en prenant moins de place qu'un magnéto à bobines portable), sous l'appellation de musicassettes. Toutefois, le disque microsillon restait le meilleur en qualité pour être écouté sur une chaîne hifi.

Les magnétophones à cassettes de chaîne hifi[modifier | modifier le code]

Le progrès devenant constant dans les qualités de bandes et d'appareils au cours des années 1970, les magnétophones à cassettes de haute performance (néanmoins inférieure aux magnétos à bobines, dû à la finesse, étroitesse et petite vitesse des bandes) prirent naissance sous forme de blocs parallélépipédiques, et devinrent stéréophoniques, adoptant un format similaire à celui du tuner ou ampli-tuner, permettant de superposer de manière pratique les différents appareils hifi entre eux (par suite, le lecteur CD adopta un format similaire), notamment si ceux-ci étaient de même marque, la platine tourne-disques pouvant se poser par dessus l'un des "blocs" d'appareils.

Le réglage du volume d'enregistrement, était manuel comme pour un magnétophone à bandes, par un bouton ou curseur potentiométrique, le niveau d'enregistrement, comme celui de lecture ensuite, étant indiqué par une aiguille, puis dans les modèles plus récents, des diodes luminescentes, le vert et jaune indiquant un enregistrement correct (l'optimal étant lorsque les pics allaient à la limite de la zone rouge, celle-ci indiquant une "saturation" et écrêtage du son. (Bien qu'une "marge" était de plus en plus fréquente dans le rouge sans être saturé)

Certains, comme le célèbre Nakamishi à partir de 1974, réservés à ce qu'on pouvait obtenir de meilleur sur cassettes, voire aux professionnels, réussissaient à rivaliser avec un bon magnétophone à bandes (utilisant même le réglage précis par molette d'azimutage en phase des têtes).

Les constructeurs adoptèrent notamment vers 1979 le Dolby B (amplifiant les fréquences musicales aiguës les plus audibles correspondant au souffle de la bande (bruit "blanc") à l'enregistrement, pour le réduire à la lecture, réduisant donc en même temps le bruit du souffle .

Le Dolby C apparut vers les années 1985, s'ajoutant à l'effet du Dolby B de manière encore plus élaborée pour réduire encore davantage (pratiquement totalement) le souffle de la cassette.

(l'inconvénient étant tout de même que ces enregistrements enregistrés en amplifiant les aiguës dans le domaine du souffle, amplifiaient aussi le souffle de l'enregistrement du disque et celui du disque, et en cas d'écoute sur des appareils ordinaires sans dolby, surtout Dolby C, les aiguës étaient en surplus amplifiant d'autant plus ce souffle du disque.

de plus, les dolby n'étant pas tout à fait réglés identiquement sur chaque magnétophone, il risquait d'y avoir un "amortissement" des aiguës, et pour cette raison, au cours des dernières années, les fabricants préférèrent abandonner ce système Dolby, rendant tous les enregistrements précédemment effectués avec dolby avec surplus de souffle et d’aiguës.)


Les enregistrements amateurs, surtout ceux effectués sans dolby avec des bandes au fer "bon marché", s'accompagnaient d'une légère perte d’aiguës, cette perte s'additionnant à chaque éventuel report, que l'on compensait en réaugmentant les aiguës à l'écoute, mais rajoutant alors du souffle.

Parmi les autres améliorations, également celui des "tocs" parasites d'une fraction de seconde, très nets sur les premiers magnétos à bobines et à cassettes des années 1960, occasionnés au départ et à l'arrêt de l'enregistrement par le pressage subit de la tête magnétique et de la réaction des circuits électroniques, puis éventuellement du même arrêt subit, que les constructeurs réussirent à atténuer, puis faire disparaître complètement au fil des années sur tous les magnétophones.


Mode oblige, les boîtiers, toujours en plastique, furent d'abord opaques avec une petite fenêtre oblongue translucide montrant l'état d'avancement de la bande, puis entièrement translucides.

Le Walkman[modifier | modifier le code]

La miniaturisation et les progrès de l'électronique se poursuivant au cours des années 1980, Sony eut l'idée de fabriquer des petits appareils presque de la taille d'une cassette, pouvant se transporter facilement, tout en étant écoutés par l'intermédiaire d'un petit casque, puis oreillette "haute-fidélité" encore plus légère.

Ceux-ci baptisés "Walkmans", permettaient en effet de pouvoir écouter de la musique ou des chansons n'importe où, notamment pour "passer le temps" et se divertir dans les transports en commun ou dans la rue.

Le walkman remporta dès 1982 un très vif succès auprès des jeunes notamment. Il a atteint un très haut niveau de sophistication pour certains, permettant de se connecter à une chaîne hifi.

Une décennie plus tard, prenaient place à leur tour, successivement, les "Walkmans CD", puis dans les années 2000, les "Walkmans mini-disques", les "walkmans CD MP3", enfin dans les années 2010, les "ipods" associés aux téléphones puis ephones portables, et les appareils à clés USB.

Excepté le "walkman mini-disque", il ne possédait que très rarement la fonction d'enregistrement.

La micro-cassette et la cassette grand format[modifier | modifier le code]

Très largement répandue dans la bureautique, la microcassette encore plus petite mais de qualité musicale réduite en fréquences, est toujours très utilisée pour divers usages dont le principal est le dictaphone. Elle était également utilisée dans les répondeurs téléphoniques mais a cédé le pas face à l'arrivée massive des répondeurs à puce mémoire, malgré une évidente dégradation de la qualité sonore (pour stocker plusieurs heures de signal audio sur une puce, des algorithmes de très forte compression sont utilisés).

Certaines cassettes plus grandes furent fabriquées durant les années 1970, avec la largeur et épaisseur d'une bande de bobines et une vitesse de 9,5 cm/s pour une meilleure fidélité du son (vitesse utilisée aussi par commodité sur certains magnéto-cassettes standards), mais le format des cassettes "standard", plus pratique, moins encombrant et de plus grande capacité d'enregistrement, était en constante amélioration, et donc devenu bien trop engagé depuis de trop nombreuses années commercialement pour que ces cassettes soient suffisamment intéressantes, de plus, elles n'étaient en qualité et durée, que l'équivalent, plus pratique d'utilisation, mais plus encombrant, d'une bobine de 8 cm pour magnéto à bandes portable.

Le double magnéto-cassettes[modifier | modifier le code]

Les montages de bandes étant, à l'inverse des bandes magnétiques sur bobines, presque impossibles à réaliser sur cassettes, et les qualités du son (Dolby + position Chrome) étant telles qu'il n'y eut progressivement presque plus aucune perte de fidélité d'un report d'une cassette à une autre, (d'un magnéto à l'autre), permettant par la même occasion d'effectuer ces montages, voire de dupliquer ces cassettes pour des amis par exemple,

on se rendit compte qu'il était beaucoup plus pratique d'incorporer 2 magnétos cassettes dans un seul appareil pour les reports. Le double magnéto cassettes fut alors proposé.

Pour gagner le double de temps lors des longs reports analogiques, quoique perdant alors en fidélité dans les aiguës, l'option "report à double vitesse" était proposée.

Les améliorations de la cassette[modifier | modifier le code]

Cassettes types IEC I, II, et IV
Commandes d'un magnétocassette avec le choix entre quatre types de cassette

Conçue avec des ambitions modestes, la cassette, ou plutôt la bande magnétique à l'oxyde de fer (Fe2O3) qu'elle contient (telle qu'elle a presque toujours été utilisée pour les bandes magnétiques à bobines), a vite été identifiée comme un des points faibles du système[3]. Des efforts ont donc été entrepris pour améliorer ses performances, par exemple avec l'introduction de cobalt. C'est toutefois avec l'apparition, au début des années 1970, de la cassette au dioxyde de chrome (CrO2) que les choses ont pris un tour plus évident : ces nouvelles cassettes exigeaient des appareils spécialement adaptés pour la prémagnétisation (bias) et l'égalisation (EQ). Autrement dit il fallait commuter son appareil sur un position spéciale "Chrome" pour les utiliser. Les choses se sont encore compliquées avec l'introduction de cassettes double couche (oxyde de fer + dioxyde de chrome), dites "ferrichrome", entendant combiner les qualités de deux formules. À cette époque (fin des années 1970, début des années 1980) les magnétocassettes haute fidélité étaient donc dotés de deux commandes "Bias" et "EQ" avec lesquelles il fallait jouer pour adapter son appareil à la cassette utilisée[4]. Enfin, l'introduction de la cassette métal et de diverses variantes a fini de compliquer les choses. Pour remédier au problème, une normalisation IEC a été adoptée : chaque modèle de cassette devait se classer dans un des quatre types existants.

  • Type I : cassettes dites "normales"
  • Type II : cassettes dites "chrome"
  • Type III : cassettes dites "ferrichrome"
  • Type IV : cassettes dites "métal"

En conséquence, les magnétocassettes étaient équipés de quatre touches correspondant aux quatre types de cassette : l'utilisateur voyait son risque d'erreur se réduire. Pour le faire disparaître complètement, un codage mécanique par encoches au dos de la cassette a été adopté : les appareils disposant de ce système adoptaient automatiquement les réglages adaptés à la cassette introduite dans leur mécanisme.

Dans la pratique, les cassettes Type I et II ont constitué l'essentiel du marché. En effet, les cassettes de Type III n'ont pas rencontré beaucoup de succès et peu de marques en ont commercialisé. Les cassettes les plus performantes, Type IV, étaient onéreuses et n’avaient de réel intérêt que pour la prise de son. Signalons que des modèles encore plus performants que les cassettes métal (mais utilisables sur un magnétocassette acceptant les cassettes Type IV) ont vu le jour mais n'ont pas été commercialisés (du moins en Europe) leur coût étant prohibitif.

La réduction du bruit[modifier | modifier le code]

Sony WM-D6C enregistreur portable doté de Dolby B et C
Magnétocassette équipé de Dolby S

L'un des défauts les plus évidents de la cassette est son niveau de bruit, particulièrement évident pour les fréquences élevées, ce qui se traduit pour l'auditeur par la présence d'un souffle, autrement dit d'un bruit de fond constant lié à la petite taille de la surface de bande magnétique utilisée pour l'enregistrement. Divers constructeurs ont présenté des systèmes électroniques réducteurs de bruit destinés à remédier à ce défaut. Parmi eux, c'est la société Dolby qui s'est imposée. En fait, tous les magnétocassettes haute fidélité ont été équipés des diverses versions de réducteurs de bruit Dolby (Dolby NR) apparus au fil des années.

  • Dolby B : premier système réducteur de bruit grand public, le Dolby B a été présenté en 1968 et il est rapidement devenu standard sur les platines magnétocassette. Le Dolby B offrait une atténuation du bruit de l'ordre de 9 dB. Naturellement, pour en profiter pleinement, il était nécessaire que l'enregistrement comme la reproduction s'effectue avec un appareil qui en soit équipé. La cassette étant aussi un support d'édition musicale important, les cassettes préenregistrées l'ont été avec le codage Dolby B à partir du milieu des années 1970. La lecture d'un enregistrement codé Dolby B avec un appareil qui n'en était pas doté restait acceptable et même préférée par nombre d'amateurs, le niveau d'aigu plus élevé compensant l'atténuation apportée dans ce registre par nombre d'appareils de qualité médiocre. Le Dolby B est donc devenu un standard quasiment universel dans l'exploitation de la cassette.
  • Dolby C : En 1980, Dolby a présenté un nouveau système de réduction de bruit baptisé Dolby C. Beaucoup plus élaboré que le Dolby B, il offrait une réduction de bruit de l'ordre de 15 dB. Il s'est vite imposé comme le nouveau standard pour les platines magnétocassette haute fidélité. En revanche, il n'est guère sorti de ce domaine car il n'a pas été utilisé pour l'édition de cassettes préenregistrées et n'a équipé que peu d'appareils en dehors de la haute fidélité. Les seules exceptions étant certains enregistreurs portables haut de gamme (comme le Walkman WM-D6C PRO de Sony) et certains combinés autoradio, haut de gamme également. Les cassettes codées Dolby C ne donnent pas de bons résultats si elles sont écoutées sur un appareil démuni de tout réducteur de bruit Dolby mais, en revanche, donnent un résultat acceptable si elles sont écoutées avec appareil doté d'un Dolby B. La compatibilité avec une large variété d'équipements était donc assurée. Signalons que tout appareil doté d'un Dolby C dispose également d'un Dolby B, avec naturellement libre choix entre les deux.
  • Dolby S : Ultime version des réducteurs de bruit grand public, le Dolby S a été présenté en 1989. Il s'agit d'une sorte de déclinaison du système professionnel Dolby SR[5]. Très performant et très ambitieux, il n'a pas eu le destin que son concepteur lui promettait : la date même de son apparition, bien après que le CD ait conquis un large public et au moment où apparaissait le CD enregistrable (CD-R), dit bien qu'il arrivait trop tard. Il a équipé quelques platines magnétocassette haute fidélité mais les équipements haut de gamme auxquels il appartenait ont rapidement délaissé la cassette. Le numérique l'a rapidement concurrencée avec des systèmes comme le DAT, le MiniDisc et même la cassette numérique DCC.

Mécanique et têtes magnétiques[modifier | modifier le code]

Les modèles deux têtes classiques[modifier | modifier le code]

Têtes magnétiques et cabestan d'un magnétophone à cassette. De gauche à droite : tête d'effacement, tête d'enregistrement/lecture, cabestan et son galet presseur

Sous sa forme de base, la mécanique d'un magnétocassette est très simple : comme sur un magnétophone classique, elle est basée sur un cabestan associé à un galet presseur qui entraine la bande magnétique. Un unique moteur assure à la fois la rotation du cabestan et de la bobine réceptrice par l'intermédiaire de courroies de caoutchouc. Il permet aussi le rembobinage de la bande. De façon tout aussi classique, ce type d'appareil est doté de deux têtes magnétiques : une tête d'effacement et une tête d'enregistrement et lecture. Toutes les mécaniques simples sont basées sur ce modèle.

Le premier modèle de magnétocassette, fabriqué par Philips, était doté d'une commande unique pour toutes les fonctions mécaniques (lecture, avance et retour rapide). Rapidement la formule du clavier mécanique avec une touche dédiée à chaque fonction s'est imposée. Le clavier mécanique présente toutefois des inconvénients. La force à exercer sur les touches peut être relativement importante et, malgré la présence de sécurités mécaniques, la manipulation est facilement la source d'un mauvais fonctionnement. L'utilisateur peut appuyer trop fortement sur les touches ou passer d'une fonction à l'autre trop rapidement ce qui entraîne fréquemment des dommages à l'appareil et à la bande magnétique. La solution, devenue standard sur les équipements de qualité, est l'emploi d'un clavier électrique : l'utilisateur appuie sur des touches électriques et un système logique commande des moteurs ou des électro-aimants pour agir sur les fonctions mécaniques. Aucune force appréciable n'est plus à exercer et les temps de pause indispensables entre fonctions sont automatiquement respectés, les commandes aberrantes ignorées.

Les modèles trois têtes[modifier | modifier le code]

Mécanique à double cabestan et trois têtes magnétiques d'un Nakamichi Dragon

Avec la recherche de performances élevées, le système d'entraînement de la bande et les têtes magnétiques ont aussi connu des changements majeurs. Du côté des têtes magnétiques, outre une amélioration générale de la qualité au fil des années, les constructeurs ont rapidement cherché à doter le magnétocassette de fonctions similaires à celles d'un magnétophone classique à bobines. En particulier en utilisant trois têtes magnétiques et non deux. Dans cette formule, les têtes d'enregistrement et de lecture sont séparées ce qui permet, d'une part, d'optimiser leur fonctionnement (les exigences techniques étant différentes pour les deux fonctions) et, d'autre part, de permettre le contrôle instantané de la qualité de l'enregistrement réalisé (monitoring). Du fait de la forme du boîtier de la cassette, il n'y a place que pour deux têtes magnétiques. Afin d'en loger trois, il est nécessaire de réaliser une tête constituée de deux têtes accolées ce qui complique sensiblement leur réalisation. En revanche, la très faible distance entre tête d'enregistrement et tête de lecture est un avantage, le décalage temporel entre source et enregistrement devenant très faible.

Avec l'arrivée des trois têtes magnétiques, le problème d'un meilleur guidage et d'une tension parfaitement constante de la bande magnétique sur les têtes est rapidement devenu évident. La solution classique du freinage de la bobine débitrice ou de la bande avant les têtes s'est révélée insuffisante. La solution adoptée par tous les constructeurs a été le double cabestan : un avant les têtes, un autre après. Avec une régulation très élaborée de la vitesse de rotation des cabestans, il devenait possible d'assurer une tension constante et un guidage très précis de la bande sur les têtes. Le principal revers de la médaille étant la complexité croissante de la mécanique et l'augmentation du coût.

Les modèles auto-reverse[modifier | modifier le code]

Inconvénient qu'elle partage avec le disque vinyle, la cassette présente deux faces si bien qu'il est normalement nécessaire de la retourner pour lire la seconde face. Afin d'éliminer cette opération et de permettre une lecture en continu de l'ensemble de son contenu, les constructeurs ont mis au point des mécaniques dites "auto-reverse"[6] où, à la fin d'une face, la bande repartait dans l'autre sens pour lire l'autre face. Pour un fonctionnement optimal de ce système, des techniques plus ou moins élaborées ont été développées : de la tête rotative au retournement physique de la cassette grâce à un mécanisme complexe dans certaines réalisations d'exception comme le Nakamichi RX-505.

Les mécaniques auto-reverse ont généralement eu assez mauvaise réputation chez les passionnés car il est très difficile d'obtenir un positionnement précis des têtes magnétiques dans les deux sens de défilement. Avec pour résultat le plus évident une perte de niveau des aigus. Si la formule est très pratique, elle a donc été largement boudée par les utilisateurs exigeants sauf à se diriger vers des modèles de luxe comme ceux proposés par Nakamichi.

Il convient, dans le domaine des magnétocassettes auto-reverse, de distinguer les modèles qui ne permettent cette opération qu'en lecture de ceux qui offrent la fonction en enregistrement et en lecture. En effet, pour qu'un magnétocassette soit auto-reverse en enregistrement, il est nécessaire d'ajouter une seconde tête d'effacement, cette dernière devant obligatoirement précéder la tête d'enregistrement/lecture. Divers raffinements peuvent s'ajouter comme la détection optique de fin de bande afin qu'il ne soit pas nécessaire d'attendre la fin de défilement de l'amorce pour que l'appareil change de sens. Un tel système réduit fortement le délai de passage d'une face à l'autre, caractéristique particulièrement intéressante en enregistrement.

Les modèles doubles[modifier | modifier le code]

Problèmes et solutions[modifier | modifier le code]

Optimisation en fonction de la cassette utilisée[modifier | modifier le code]

Étalonnage manuel Étalonnage automatique

Saturation de la bande magnétique[modifier | modifier le code]

le Dolby HX et HX Pro

Enregistrement de la radio FM[modifier | modifier le code]

filtre multiplex

Recherche de plage[modifier | modifier le code]

La recherche de plages est un accès séquentiel aux différentes pistes audio en détectant les instant sans sons entre les plages. Cette fonctionnalité, sur certains appareils, s'activais en pressant simultanément sur avance rapide (ou retour rapide) et la touche lecture ; cette action déplaçais la tête de lecture affin de pouvoir lire la bande magnétique en même temps que sont avance rapide. Cette fonction renfermais un défaut, et pas des moindres, il usais la bande magnétique plus que naturellement dû au glissement plus rapide de cette dernière sur la tête de lecture.

Les cassettes de nettoyage et de démagnétisation des têtes[modifier | modifier le code]

Comme sur un magnétophone à bandes, les têtes électro-aimantées d'un magnéto-cassettes s'encrassaient de particules d'oxyde magnétiques laissées par la bande au cours du temps, amenant progressivement à une réduction des aiguës (et s'usaient aussi avec le frottement de la bande)

Il était donc nécessaire de les nettoyer régulièrement avec un petit chiffon-feutre ou coton-tige imbibé d'alcool ou solvant inoffensif.

Une cassette spécifique pour nettoyer les têtes fut inventée. La bande magnétique était remplacée par un ruban légèrement "rugueux" "brossant" la tête durant le défilement, encore plus efficacement en l'imbibant de produit. Il suffisait de faire tourner quelques secondes en lecture la cassette. L'inconvénient était d'user plus vite les têtes, dû au frottement un peu "abrasif" de ce ruban.

Les entrefers des aimants des têtes finissaient aussi par se "magnétiser" à force de recevoir des "flux magnétiques", en perdant du rendement. La cassette de démagnétisation, cette fois remplie de circuits électroniques, permettait en l'activant quelques secondes seulement en lecture, de redonner son dynamisme d'origine à la tête magnétique.

Performances et spécifications d'un magnétocassette[modifier | modifier le code]

Un avenir avorté : la cassette numérique (DCC)[modifier | modifier le code]

Progression, apogée et déclin de la cassette audio[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1980, les cassettes et appareils continuant de progresser en qualité, les cassettes furent vendues de plus en plus aux amateurs,

par séries promotionnelles de 2, puis 5, puis 10, au fer comme ensuite au chrome (seules les cassettes "Métal" étaient encore vendues "au détail"), tandis que les bandes magnétiques vendues presque exclusivement en bobines 26 cm, devenaient de plus en plus réservées aux professionnels.

Leur "apogée" de vente furent les années 1990 de marques notamment TDK, Maxell, Sony ou BASF (auxquelles se développèrent simultanément les cassettes vidéo VHS)

L'arrivée puis développement des CDR de gravage de la musique, au cours des années 2000, associée ensuite aux ordinateurs de "maison" amateurs, puis des enregistreurs numériques de Mini-Disques, amena, comme tout support, la cassette audio à devenir, associé à la "mode commerciale", de plus en plus rarement vendue dans le commerce.

A noter que beaucoup d'amateurs qui ne possédaient pas encore d'ordinateur et logiciel de montage, voire un simple graveur CDR de salon, ne retrouvaient plus les mêmes facilités de réenregistrement ou de montages qu'il était possible d'effectuer directement pour les cassettes, le CD-RW réenregistrable étant beaucoup moins maniable, et le transistor radio-graveur CDR n'ayant jamais existé pour cette raison, toutefois celle-ci était beaucoup plus facile avec le mini-disque, que Sony incorpora en lecteur/enregistreur aux radio-cassettes.


Incorporation des magnétos cassettes sur les appareils actuels "polyvalents"[modifier | modifier le code]

Plusieurs catalogues proposent de nouveaux appareils "multifonctions", notamment à destination des collectionneurs, ou des très nombreuses personnes désireuses de conserver/écouter toutes les chansons-musiques ou souvenirs effectués sur leurs anciens supports :

- Platine tourne-disques (possédant les 3 vitesses 78, 33 et 45 tours)
- Lecteur de cassettes
- Lecteur CD
- Graveur CDR, après optimisation de réduction des craquements du disque et souffle de cassettes, dans le but de sauvegarder ceux-ci sur ce support - Éventuelle liaison pour lecture et/ou enregistrement sur clé USB, etc...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de « magnétocassette » sur larousse.fr
  2. Appelée aussi minicassette, nom officiel : Compact Cassette, couramment dite « K7 ».
  3. (en) Glen Ballou, <Handbook for Sound Engineers : The New Audio Cyclopedia, SAMS,‎ 1991 (ISBN 0-672-22752-5), p. 1057
  4. HIFI BOOK 1981 : Tout ce qu'il faut savoir de la HiFi, Pietri,‎ 1980 (ISBN 2-903538-01-8), p. 130
  5. Dictionnaire encyclopédique du son Dunod Paris 2008 ISBN 978-2-10-005979-9
  6. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/auto-reverse