Madeleine Malraux

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Madeleine Malraux

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Madeleine Malraux avec John F. Kennedy, en 1963.

Nom de naissance Madeleine Lioux
Naissance 7 avril 1914
Toulouse, Haute-Garonne
Décès 8 janvier 2014 (à 99 ans)
Activité principale Pianiste, concertiste
Paris
Style Musique de la période classique. Musique classique
Musique soliste et concertante pour piano. Musique d'ensemble
Activités annexes Professeur de piano
Lieux d'activité Paris, Drapeau de la France France
Formation Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
Maîtres Marguerite Long
Conjoint Roland Malraux; André Malraux
Descendants Alain Malraux
Distinctions honorifiques Officier de la Légion d'honneur

Madeleine Malraux (née Marie-Madeleine Lioux le 7 avril 1914 à Toulouse, morte le 8 janvier 2014[1]) est une pianiste concertiste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Madeleine Lioux est née à Toulouse, dans une famille bourgeoise d'industriels, dont le père est mélomane. Elle entre à l'âge de 14 ans au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, dans la classe de Marguerite Long. Elle obtient un premier Prix, commence une carrière de professeur des classes supérieures de piano au conservatoire de Toulouse et donne des concerts en soliste.

Le 8 janvier 1943, à l'âge de 29 ans, elle épouse Roland Malraux, journaliste et demi-frère d'André Malraux. De leur union naîtra le 11 juin 1944, un fils, Alain Malraux, qui ne connaîtra jamais son père. En effet le 21 mars 1944, Roland est arrêté par la Gestapo à Brive-la-Gaillarde et déporté à Neuengamme, en Allemagne. Libéré, il meurt sur le chemin du retour, lors du bombardement du torpilleur Cap Arcona par la RAF au large de la baie de Lübeck le 3 mai 1945. À ce malheur il faut ajouter que le jeune frère de Roland, Claude, lui-même résistant, membre du réseau Salesman (SOE), a été capturé à Rouen le 25 février 1943. Il est exécuté à Gross-Rosen en septembre ou août 1944, âgé de 23 ans. C'est cette même année 1943 que Madeleine rencontre pour la première fois chez ses parents André et sa compagne d'alors Josette Clotis. Il s'en faut de peu que le demi-frère de Roland et Claude, le futur ministre du général de Gaulle, ne connaisse le même sort que ses frères. En effet peu de temps avant son arrestation, Roland avait présenté André au chef du réseau Footmann, autre réseau du SOE: George Hiller. Entré en Résistance sous le nom de colonel Berger, André est arrêté à son tour par les Allemands à Gramat, le 22 juillet 1944. Transféré à la prison Saint-Michel de Toulouse, il est libéré par un coup de force des maquisards le 19 août.

Le 12 novembre de la même année, sa compagne, Josette Clotis, mère de ses deux fils, Gauthier et Vincent, décède des suites d'un accident de chemin de fer. En 1945, Madeleine ayant regagné Paris et appris la mort de Roland, s'installe, avec son fils Alain, avec André Malraux et ses fils, au 18 bis Avenue Robert-Schuman à Boulogne-Billancourt dans une superbe villa, construite par Louis Faure-Dujarric. De son côté Clara Malraux qui est toujours la femme d'André, s'installe, avec leur fille Florence au 17 rue Berthollet à Paris. Peu après, André devient ministre de l'Information du général de Gaulle. En 1946, Madeleine donne des concerts à la galerie d'art La Pléiade que dirige André Malraux. Elle joue Erik Satie, alors oublié, et Benjamin Britten, qui n'est pas encore célèbre. Le 13 mars 1948, elle épouse en Alsace dans la plus stricte intimité André qui vient de divorcer en 1947 de Clara Malraux. Le couple est très lié avec les Fautrier chez qui ils dînent souvent dans la résidence de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry. Madeleine joue pour le peintre les compositeurs qu'il préfère : Chopin, Brahms et bien sûr Satie. Elle est cependant obligée de mettre sa carrière entre parenthèses du fait des responsabilités d'André au gouvernement qui l'obligent à beaucoup voyager. Madeleine va s'occuper de l'éducation des trois garçons, les deux fils d'André et le sien, Alain.

Resté fidèle au général de Gaulle pendant la traversée du désert de celui-ci, Malraux abandonne ses activités au sein du RPF et voyage en 1952 avec Madeleine en Grèce, Égypte, Iran, Irak. En 1954, le couple est invité à New York pour l'inauguration des nouvelles galeries du Metropolitan Museum. Ils passent leurs vacances en Italie, visitant la Toscane et l'Ombrie. En 1956, ils voyagent avec Alain à Rome et en Sicile. En 1958, voyages en Guadeloupe, Martinique, Guyane et, du 21 novembre au 15 décembre, en Iran, Inde, Japon. En janvier 1959, André devient le premier Ministre de la Culture de la Ve République naissante. Il voyage en août et septembre en Amérique du Sud, Argentine, Brésil, Chili, Pérou, Uruguay, séjour au Palais Gritti à Venise.

Le 23 mai 1961, les deux fils d'André, Gauthier et Vincent, se tuent dans un accident de voiture.

Le 7 février 1962, un attentat à leur domicile de Boulogne-Billancourt contraint le couple à s'installer à La Lanterne à Versailles. Période de grande activité où, dans le cadre de l'activité de ministre d'André, ils rencontrent les personnalités de l'époque, hommes politiques, artistes, scientifiques : Kennedy, Nehru, Mohammad Reza Pahlavi, Hiro-Hito, Sartre, Mauriac, Picasso, Chagall, Stravinsky, etc.

En 1966, leurs relations s'étant dégradées, le couple se sépare, et Madeleine s'installe une partie de l'année à New York où elle reprend sa carrière de concertiste. Elle avait su apporter paix et sérénité au grand homme pendant 25 ans. La mort de ses fils, ses responsabilités politiques ont transformé André : il est devenu irascible, emporté, cassant. Pour marquer sa désapprobation à cette séparation dont il rend responsable son ministre, le général de Gaulle offrira à l'Élysée un dîner de gala en l'honneur de Madeleine. À New York, où elle passe donc désormais une partie de l'année, elle fait partie d'un groupe d'artistes et de personnalités, au nombre desquels on compte le violoniste Isaac Stern, le compositeur Igor Stravinsky, le chorégraphe Balanchine, Jackie Kennedy...

De retour en France, elle enchaîne les concerts, reprenant Satie et Chostakovitch et continue de voir Florence Malraux, qu'elle affectionne beaucoup.

Concerts[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Discographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 2009, L'univers farfelu d'André Malraux, 200 croquis d'André Malraux, Paris, Le Chêne, 240 p. Préface de Madeleine et Alain Malraux, présentation par Marie-Josèphe Guers.
  • 2010, J'ai épousé mon beau-frère, article paru dans Paris Match du 9 février 2010. Propos recueillis par Karine Grunebaum.
  • 2012, (avec Céline Malraux), Avec une légère intimité. Le concert d’une vie au cœur du siècle, Paris, Baker Street et Larousse, (ISBN 978-2-03-586149-8).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Clermont, « Madeleine Malraux, la dame d'espoir », dans le Figaro du 8 octobre 2009.
  • Alain Malraux, Les Marronniers de Boulogne, Paris, Plon 1978; (4e édition), Paris, Bartillat, 2001.
  • Françoise Theillou, Malraux à Boulogne, la maison du Musée imaginaire 1945-1962, Paris, Bartillat, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]