Madeleine Delbrêl

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Madeleine Delbrêl, née le 24 octobre 1904 à Mussidan, en Dordogne, et morte le 13 octobre 1964 à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, est une mystique chrétienne française, assistante sociale, essayiste et poétesse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Madeleine Delbrêl naît dans une famille indifférente à la religion. À l'âge de dix-sept ans, sa profession d'athéisme est radicale et profonde mais, en trois ans, suite à la rencontre d'un groupe d'amis chrétiens et à l'entrée chez les dominicains du garçon qu'elle aimait, elle prend en considération la possibilité de Dieu. Cette démarche, qu'elle fonde sur la prière et la réflexion aboutit à la foi vers l'âge de vingt ans.

Assistante sociale très active, elle s'installe avec quelques amies et travaille dans la banlieue ouvrière, à Ivry-sur-Seine, seule municipalité communiste de France en 1933. Elle se confronte alors avec l'athéisme marxiste, n'hésitant pas, à contre-courant, à annoncer l'Évangile.

Elle fonde une communauté de jeunes femmes qui se sont nommées «la Charité»,avant d'être connues comme «Equipes Madeleine Delbrêl». Il s'agit «d'y être le Christ» et non «d'y travailler pour le Christ». La méthode ? rencontrer les gens où ils vivent, devenir leur ami, les recevoir chez soi, s'entraider.

En matière de travail social, elle rappelle la nécessité de développer des actions collectives en vue de faire évoluer les politiques sociales. Elle écrira en 1937 :

« Il est peut-être plus touchant de visiter, dans sa journée, cinq ou dix familles nombreuses, de leur obtenir à grand renfort de démarches tel ou tel secours ; il serait sans doute moins touchant mais plus utile, de préparer le chemin à tel texte légal qui améliorerait l’état familial de toutes les familles nombreuses connues ou inconnues de nous[1]. »

Ses écrits révèlent «une très attachante personnalité humaine, d'abord. D'une extraordinaire capacité d'empathie, elle noue des relations personnelles dans tous les milieux. Elle s'engage à fond. Elle cultive la joie. Son humour est délicieux. Elle est libre. Elle dit ce qu'elle pense avec délicatesse mais fermement. Elle fait preuve d'une grande sûreté de discernement, d'une pensée rigoureuse. Sa personnalité spirituelle, sa théologie ont le même caractère : de solides fondations, de la vigueur et toujours ce centre qui unit tout : La Charité de Dieu manifestée dans le Christ.» [2]

Ce pourquoi, elle est pour certains l'une des personnalités spirituelles les plus importantes du XXe siècle. La cause en béatification de Madeleine Delbrêl a été introduite à Rome en 1990 par monseigneur François Frétellière, ancien évêque de Créteil. Le postulateur est le père Jean Guéguen.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Une réédition complète de ses œuvres est en cours aux éditions Nouvelle Cité.

Par ordre alphabétique des titres :

  • Alcide : guide simple pour simples chrétiens, Seuil, Coll. « Livre de vie » no 133, Paris 1980.(ISBN 2-02-005406-X)
  • Ampleur et dépendance du service social, Bloud et Gay, Paris, 1937
  • Communautés selon l'Évangile, Seuil, Paris, 1973 (préfacé par Guy Lafon)
  • Éblouie par Dieu / correspondance 1 : 1910-1941, (Œuvres complètes vol.1), Nouvelle cité, Coll. « Spiritualité », Montrouge 2004 (ISBN 2-85313-457-1)
  • La Femme et la maison, Les Éditions du Temps présent, Paris, 1941
  • Humour dans l'amour : Méditations et fantaisies (Œuvres complètes vol.3), Nouvelle cité, Coll. « Spiritualité », Montrouge 2005 (ISBN 2-85313-476-8)
  • Indivisible amour : pensées détachées inédites (textes choisis et présentés par C. de Boismarmin), Centurion, Paris, 1991. - Bibliogr. p. 131-133 (ISBN 2-227-34077-0)
  • La Joie de croire, Seuil, Paris, 1968. (Recueil de textes écrits de 1935 à 1964 et partiellement extr. de diverses revues et publ., préfacé par Guy Lafon)
  • Madeleine Delbrêl. La Route, impr. et libr. Alphonse Lemerre, Paris, 1927. Prix Sully Prudhomme 1926
  • Madeleine Delbrêl, Poète,Assistante sociale et Mystique, de Gilles François et bernard Pitaud, Nouvelle Cité , 315p.
  • Missionnaires sans bateau - les racines de la mission, Parole et silence, Saint-Maur, 2000 (ISBN 2-84573-019-5)
  • Le Moine et le nagneau, (Œuvres complètes vol. 4), Montrouge, Nouvelle cité, Coll. « Spiritualité » 2006 (21e éd.) (ISBN 2-85313-499-7)
  • Nous autres, gens des rues - textes missionnaires, Seuil, Coll. « Livre de vie » no 107, Paris, 1971
  • S'unir au Christ en plein monde, correspondance, 2 : 1942-1952 (Œuvres complètes vol.2), Nouvelle cité, Coll. « Spiritualité », Montrouge, 2004. (ISBN 2-85313-468-7) (rectifié). - (ISBN 2-85313-467-9) (imprim. erroné)
  • Veillée d'armes - aux travailleuses sociales, Bloud et Gay, Coll. « Réalités du travail social » no 1, Paris, 1942
  • Ville marxiste, terre de mission - provocation du marxisme à une vocation pour Dieu... Deuxième édition augmentée avec une correspondance entre M. Delbrêl et Venise Gosnat et deux textes inédits, Cerf, Coll. « Foi vivante » no 129, Paris, 1970. Réédition : Desclée de Brouwer, 1995 (ISBN 2-220-03596-4)

Note[modifier | modifier le code]

  1. Ampleur et dépendance du service social, Paris, Librairie Bloud et Gay, 1937.
  2. Christophe Chaland :«Madeleine Delbrêl, un christianisme total», La Croix, le heudi 26 juin 2014 p.16

Liens externes[modifier | modifier le code]