Madame de...

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Madame de...
Réalisation Max Ophüls
Acteurs principaux Danielle Darrieux
Charles Boyer
Vittorio De Sica
Jean Debucourt
Scénario Marcel Achard
Max Ophuls
Annette Wademant
Louise de Vilmorin (roman)
Dialogues Marcel Achard
Musique Oscar Straus
Georges van Parys
Décors Jean d'Eaubonne
Costumes Georges Annenkov
Rosine Delamare
Photographie Christian Matras
Montage Boris Lewin
Production Ralph Baum
Société de production Franco-London-Films Indusfilms (Paris)
Rizzoli Films (Rome)
Société de distribution Gaumont
Durée 100 minutes (1 h 40)
Sortie France France
16 septembre 1953
États-Unis États-Unis
19 juillet 1954
Langue(s) originale(s) Français
Pays d’origine France France

Madame de... est un film français réalisé par Max Ophüls, sorti en 1953.

Sommaire

[modifier] Synopsis

Paris, 1900. Endettée parce que dépensant sans compter, Madame de... (Louise) coquette et frivole femme d'un général attaché au ministère de la Guerre, vend en secret des cœurs en diamants, des boucles d'oreilles, offertes par son mari. Quelques jours plus tard au cours d'une soirée à l'Opéra, elle fait mine de les avoir perdues. Le général les fait chercher partout et déclenche un petit scandale. Informé de l'affaire par les journaux, le bijoutier va trouver le général et lui raconte tout. Amusé par les cachotteries de son épouse, le général rachète les boucles d'oreilles et les offre à sa maîtresse, en cadeau de rupture. Arrivée à Constantinople, cette dernière revend les boucles à son tour. Un ambassadeur, le baron Donati, avant d’être nommé ambassadeur à Paris, achète les cœurs en diamant. Il rencontre Madame de… sur un quai de gare et s'éprend d’elle. Succombant à son charme, il lui offre les boucles d'oreilles. Amoureuse pour la première fois, Louise accepte les cœurs sans avouer qu'ils lui ont déjà appartenu. Celle-ci feint d'avoir retrouvé les diamants dans une paire de gants. Mais le général qui n'est pas dupe, conte l'affaire du curieux itinéraire des boucles d’oreilles au diplomate, et l'oblige à reprendre son cadeau. Le baron, déçu des mensonges de Louise, s'éloigne d’elle. Désespérée, elle se retranche du monde et se réfugie dans la maladie. Rendant Donati responsable de l’état de sa femme, le général le provoque en duel. Voulant séparer les deux hommes, Louise, au plus mal, se précipite sur les lieux du combat et succombe à une crise cardiaque en entendant un coup de feu.

[modifier] Fiche technique

[modifier] Distribution

[modifier] Autour du film

Max Ophüls a modifié la fin du roman de Louise de Vilmorin. Dans le roman, Madame de... mourait en présence de son mari et de son amant en offrant une boucle à chacun... Ophüls a délaissé le mélodrame pour en faire une tragédie conforme à ses thèmes favoris : le plaisir est triste, et l'amour rencontre la mort. On remarque également, comme dans d'autres films d'Ophüls, l'obsession des glaces et des escaliers.

[modifier] Autres adaptations

L'œuvre de Louise de Villemorin a également fait l'objet:

[modifier] Citations

  • Max Ophüls, à Danielle Darrieux, pour le rôle de Louise : « Votre tâche sera dure. Vous devrez, armée de votre beauté, votre charme et votre élégance, incarner le vide absolu, l’inexistence. Vous deviendrez sur l’écran le symbole même de la futilité passagère dénuée d’intérêt. Et il faudra que les spectateurs soient épris, séduits et profondément émus par cette image. »

[modifier] Critique

  • « Dans une scène célèbre de Madame de..., les yeux fermés, la joue appuyée sur une porte qui se referme, Darrieux répète une litanie amoureuse, des mots simples qui révèlent une passion qu’elle prétend nier : "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas", dit-elle à l’homme qui s’en va... Suit alors un moment de grâce absolue, quelques secondes magiques où apparaît, dans tout son éclat, le talent qu’a toujours eu Darrieux à insuffler à ses comédies une sourde mélancolie et à parer ses drames d’une dérision légère, impalpable. Comme la certitude douce-amère qui lui aura servi de philosophie. L’idée, terrifiante et juste, que dans la vie tout ce qui est inéluctable n’a décidément aucune importance. » Pierre Murat, Télérama.
  • « Louise. C’est une coquette, femme-orchestre du flirt élégant, tourbillonnante dans les bras d’amants interchangeables, femme mariée ne se reconnaissant que des dettes financières. Un diplomate la prend un beau jour à ce piège dont elle croyait contrôler le mécanisme : celui de l’amour. Elle mesure trop tard la futilité de ses ruses et mensonges, l’impuissance contre le vertige des sentiments, le caractère dérisoire d’un langage dénué de véritable signification (son "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas" trahissant un trouble extrême). La voilà captive, trahie par ses propres mondanités : "La femme que j’étais a fait le malheur de celle que je suis devenue." Et humiliée. Danielle Darrieux immortalise cette Madame de..., déesse d’un monde d’apparat, reine des bals et des loges de théâtre. » Jean-Luc Douin, Télérama n°2308, 6 avril 1994.

[modifier] Récompenses

[modifier] Références

[modifier] Liens externes


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