Madame Claude

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour le film, voir Madame Claude (film).

Madame Claude, de son vrai nom Fernande Grudet (née le 6 juillet 1923), était dans les années 1960-1970 à la tête d'un réseau de prostitution qui travaillait pour des dignitaires de gouvernements, des diplomates et des hauts fonctionnaires.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fernande Grudet naît le 6 juillet 1923 à Angers dans le Maine-et-Loire (France) dans un milieu très modeste. Sa mère Fernande est née à Angers en 1883. Son père tient un café rue Diderot à Angers et vend des sandwiches à la gare pour subvenir aux besoins de sa famille.
Du couple naissent deux filles : Joséphine, la première fille, qui décède en 1924, à l'âge de 19 ans, puis Fernande, qui, née en 1923, ne connaîtra jamais sa sœur aînée. Le père meurt sous l'Occupation à 58 ans, le 26 janvier 1941, d'un cancer du larynx[1]. Fernande, âgée de 18 ans, enterre son père ; sa mère est avec elle. Elle est élève à l'institution Jeanne-d'Arc puis à l'Immaculée-Conception à Angers[1].

Prostitution et proxénétisme[modifier | modifier le code]

Elle s'invente une enfance dans une famille bourgeoise, le passage par la résistance et le camp de déportation de Ravensbrück alors qu'elle a des origines modestes[2].

Fille-mère, elle s’installe à Paris et prend le prénom de Claude. Elle fréquente les milieux du banditisme et se prostitue[1]. Elle monte à la fin des années 1950, son entreprise de prostitution de luxe au 32, rue de Boulainvilliers, dans le 16e arrondissement de Paris[1].

Cette vie tissée de mensonges perdra de son lustre avec l’arrivée de Valéry Giscard d'Estaing au pouvoir et de Michel Poniatowski à la tête du ministère de l’Intérieur. À partir de 1976, le juge Jean-Louis Bruguière entreprend de démanteler le réseau ; le proxénétisme est sévèrement réprimé et Madame Claude est poursuivie par le fisc, qui lui réclame 11 000 000 de francs. Condamnée cette même année, elle s’enfuit aux États-Unis, afin d'échapper au fisc[2]. En 1985, elle est expulsée vers la France et purge une peine de quatre mois de prison. [OU : « Persuadée d'être protégée par la prescription fiscale, elle revient en France en 1985 et purge une peine de quatre mois de prison. » ?] À sa sortie, elle tente de monter un nouveau réseau de prostitution. Elle est alors poursuivie par le fisc en 1986 puis par la justice pour proxénétisme aggravé en 1992 (car elle tente de monter de nouveau une affaire de call-girls) et sera incarcérée à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis[2]. Elle est une nouvelle fois incarcérée et condamnée pour proxénétisme. Depuis, Fernande Grudet vit en recluse dans un petit appartement sur la Côte d’Azur[2].

Mais outre l'impunité dont Madame Claude a bénéficié durant bien des années, le succès de son entreprise est dû à plusieurs facteurs et en particulier à deux éléments. D'abord, à la différence de la prostitution « classique » s'exerçant dans un lieu déterminé, Madame Claude a perfectionné, pour ne pas dire inauguré, un système qui consistait à mettre en relation des jeunes femmes tout à fait averties et sélectionnées avant tout pour leur allure et leur minimum de culture avec une clientèle aisée et ce, par le biais du téléphone (d'où le nom de « call-girls » donné à ces jeunes femmes) évitant ainsi à Madame Claude tout contact le plus souvent avec la clientèle.[réf. nécessaire] Les témoignages d'anciens policiers de l'ex-Brigade mondaine ont confirmé cette protection à l'occasion de l'émission Un jour, un destin sur France 2 (rediffusée le 7 octobre 2011).

Mais surtout loin d'être une proxénète correspondant à l'idée que nous nous en faisons[Laquelle ?] (elle n'a jamais fait l'objet d'une plainte de la part des personnes de son réseau), elle a souvent permis à celles qui l'ont quittée de le faire sans difficulté pour continuer souvent une carrière d'actrice, de chef d'entreprise ou simplement une vie d'épouse d'un ancien client fortuné.[réf. nécessaire]

Différentes personnalités politiques auraient fait partie de sa clientèle, comme le président américain John F. Kennedy, mais aussi des célébrités du grand banditisme et de l'administration policière qui auraient assuré sa protection. Elle s'est liée avec des personnages d'origines les plus diverses, parmi lesquels Pierrot le Fou ou encore le neveu du roi Farouk et milliardaire égyptien Ibrahimi.[réf. nécessaire][3].

Les confidences sur l'oreiller, transmises par Madame Claude aux services secrets, la mettaient à l'abri de tout désagrément. Cette situation perdura jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d'Estaing.
À cette époque, de nouvelles dispositions législatives sont prises à l'encontre de la prostitution, ce qui se concrétisera par la fermeture de tous les « hôtels de passes » mais aussi les « maisons » célèbres, comme celle de Madame Billy, autre pourvoyeuse de plaisirs pour la « jet-set » de l'époque.

Enquêtes et adaptations[modifier | modifier le code]

L'histoire de Madame Claude et de son réseau a inspiré des auteurs et des cinéastes.

  • Le livre d'Élizabeth Antébi et Anne Florentin, Les Filles de Madame Claude, édité chez Stock-Julliard en 1974, est le premier du genre à retracer l'ascension de Madame Claude et la vie quotidienne de ses « pensionnaires ».
  • Le film Le Téléphone rose d'Édouard Molinaro lui fait référence et sa vie a été adaptée au cinéma dans le film Madame Claude du réalisateur Just Jaeckin en 1977, qui a donné lieu à une suite intitulée Madame Claude 2 et réalisée par François Mimet en 1981.
  • Une série d'ouvrages érotiques a par ailleurs été éditée dans les années 1980 dans la collection Les dossiers secrets de Madame Claude (éditions E1).

Quant au récit de Madame Claude dans son autobiographie, il est largement fantasmé. Elle s'invente une famille, trois frères élevés chez les Jésuites (elle n'en avait pas), un père ingénieur (alors qu'il était ouvrier) et raconte qu'elle a été déportée durant la guerre, alors que son nom n'apparaît dans aucun camp de concentration.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Meriem Lay, « Madame Claude, sexe, mensonges et secrets d'État », documentaire diffusé sur France 2, le 7 octobre 2011.
  2. a, b, c et d Caroline DESORBAY, « Mais qui était Madame Claude ? », sur lavenir.net,‎ 27 octobre 2011.
  3. Jeuneafrique.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madam, par Claude Grudet, éd. Michel Lafon (1994) : l'histoire de Madame Claude par Madame Claude.
  • Les Filles de Madame Claude, par Élisabeth Antébi et Anne Florentin, Stock-Julliard (1974).

Article connexe[modifier | modifier le code]