Macrocystis pyrifera

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Macrocystis pyrifera est une espèce d'algues brunes de la famille des Laminariaceae, du genre Macrocystis. C'est la plus grande des algues géantes dites kelp, plus grande que d'autres Laminariales également exploitées par l'Homme, qui peuvent aussi pousser à son couvert ou à proximité. Fixé sur des fonds rocheux par de solides crampons, M. pyrifera y forme des herbiers très denses, souvent comparés à des forêts sous-marines.

Description[modifier | modifier le code]

Cette espèce peut atteindre des longueurs exceptionnelles dans le monde végétal aquatique (jusqu’à 43 mètres).

Répartition[modifier | modifier le code]

Cette algue brune forme des herbiers ou forêts sous-marines à proximité des continents (baies, fjords, côtes californiennes) ou autour d'îles (ex : Nouvelle-Zélande, îles Kerguelen, îles Crozet, etc) et sur certains hauts-fonds rocheux.

Écologie[modifier | modifier le code]

On distingue ici le crampon qui évoque de fines racines, bien différent de certains crampons ventouses d'autres algues
Récolte industrielle
Macrocystis est très décorative et offre de nombreux abris dans les grands aquariums publics (Aquarium de la baie de Monterey, USA)

Par allusion aux forêts terrestres, les populations d'algues géantes sont souvent qualifiées de « forêts sous-marines », dont les frondes de M. pyrifera forment l'équivalent d'une canopée par leurs rameaux qui atteignent la surface.
Macrocystis pyrifera est souvent dominante dans ces forêts, ou Nereocystis luetkeana, le sous-étage étant occupée par d'autres Laminariales, par exemple en Californie ; Pterygophora californica Ruprecht ou Laminaria setchellii P.C. Silva) ou encore Durvillaea antarctica dans l'hémisphère sud. Sous le couvert de ces forêts et dans les kelps se développent de nombreuses étoiles de mer, crustacés, corallines (articulées et non articulées), invertébrés, poissons, etc. C'est aussi un des habitats essentiels de la loutre de mer.
Grâce aux ondulation des algues animées par la houle et le courant, la photosynthèse est efficace jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de fond quand l'eau est claire, ce qui pourrait expliquer un développement parfois plus important dans les zones exposés que dans les zones abritées du vent où cependant la distribution des algues est plus homogène et régulière. Le kelp semblent se développer avec une taille, une densité, une profondeur et une profondeur d'ancrage variant selon l'exposition du littoral aux tempêtes, le relief du fond, le degré de pente (surtout si le lieu est proche d'un rivage exposé aux tempêtes) mais aussi selon la température de l'eau (les épisodes El Nino ont montré que le réchauffement de l'eau est un facteur important de perturbation des Kelps[1].
De la même manière que le bois mort reste en tant que nécromasse une ressource importante pour l'écosystème forestier, le kelp mort reste encore un support pour le vivant, mais qui peut être exporté et intégré dans les laisses de mer.

Usages[modifier | modifier le code]

Les kelps sont maintenant récoltés de manière industrielle, à l'aide de bateaux spécialisés[2].

Menaces[modifier | modifier le code]

Les forêts de kelp sont menacées par la surexploitation par l'homme, mais aussi par des déséquilibres écologiques. Par exemple, là où la loutre de mer a régressé (chasse, dérangement, empoisonnement par les métaux lourds qu'elle accumule comme prédateur situé au sommet de la pyramide alimentaire, les kelps régressent aussi. En effet, la loutre consomme des animaux prédateurs des kelps.
On peut supposer que les pollutions marines (désherbants, eutrophisation) ne sont pas sans effet sur ces algues quand ils atteignent des taux importants.

Cette algue si elle était introduite hors de son aire normale de répartition (introduction envisagée en Bretagne dans les années 1970) pourrait éventuellement devenir elle-même une menace pour des espèces locales et poser de graves problèmes écologiques, par exemple en devenant invasive[3].

Liste des variétés[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (22 nov. 2012)[4] :

  • variété Macrocystis pyrifera var. humboldtii

Selon World Register of Marine Species (22 nov. 2012)[5] :

  • variété Macrocystis pyrifera var. longibullata Reinsch, 1890

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Synthèse d'une étude sur l'importance du contexte pour les Kelps, ici sur une île permettant d'étudier les variations de populations selon profondeur, exposition, etc.
  2. Photo : Exemple de récolte industrielle, Californie
  3. * L'algue géante Macrocystis pyrifera et le problème de son introduction Dizerbo A. H., Floc'h J. Y. n°78 1974, Penn Ar Bed, revue de la SPENB (France)
    * Que résulterait-il de l'implantation en Bretagne de Macrocystis, l'algue géante du Pacifique ? Chasse C. n° 18 1974, Penn Ar Bed, revue de la SPENB (France)
  4. Catalogue of Life, consulté le 22 nov. 2012
  5. World Register of Marine Species, consulté le 22 nov. 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Résumé de Spatial variation in kelp forest communities along the Big Sur coast of central California, USA

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]