Mabel Howard

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Mabel Howard
Mabel Howard en 1954.
Mabel Howard en 1954.
Fonctions
Ministre de la Santé de la Nouvelle-Zélande
Prédécesseur Arnold Nordmeyer
Successeur Jack Watts
Représentante de la circonscription de Christchurch East (en)
Prédécesseur Tim Armstrong
Successeur Larry Sutherland
Représentante de la circonscription de Sydenham (en)
Prédécesseur Circonscription recréée
Successeur Norman Kirk
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bowden (Australie-Méridionale)
Date de décès (78 ans)
Lieu de décès Christchurch (Nouvelle-Zélande)
Nationalité Néo-zélandaise
Parti politique Parti travailliste

Mabel Howard, née le à Bowden (Australie-Méridionale) et décédée le à Christchurch (Nouvelle-Zélande), est une femme politique néo-zélandaise membre du Parti travailliste.

Plusieurs fois élue à la Chambre des représentants, elle a été la première femme membre d'un gouvernement néo-zélandais, en tant que ministre de la Santé, entre 1947 et 1949. Elle est particulièrement connue pour avoir exhibé en 1954 deux grandes culottes au parlement pour défendre sa campagne de standardisation des tailles des vêtements.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mabel Howard est née en Australie, à Bowden, près d'Adelaide, le 18 avril 1894. Après la mort de sa mère Harriett Garard Goring en 1903, son père Ted Howard (en) s'est installé avec ses filles en Nouvelle-Zélande[1].

Howard est entrée au Parti socialiste de Christchurch alors qu'elle était encore au Christchurch Technical Institute. En 1911, elle est devenue assistante pour l'union générale des travailleurs de la région de Canterbury. En 1933, à 39 ans, elle a été la première femme secrétaire d'un syndicat majoritairement masculin en Nouvelle-Zélande.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Entre 1933 et 1968, Howard a été membre du conseil municipal de Christchurch (en), pour un total de 19 ans : 1933–1935, 1938–1941, 1950–1959 et 1963–1968[2]. Elle a aussi été membre du bureau des égouts de Howard Christchurch et du conseil d'administration de l'hôpital de North Canterbury[3].

Membre du parlement[modifier | modifier le code]

Son père Ted Howard (en) a été membre du parlement de Nouvelle-Zélande pour la circonscription de Christchurch South (en) de 1919 à sa mort en 1939. Mabel Howard espérait être choisie comme candidate pour lui succéder à l'élection partielle de 1939[4], mais malgré ses soutiens locaux, le parti travailliste néo-zélandais lui a préféré le maire de Christchurch Robert Macfarlane (en).

En 1943, Mabel Howard est devenue membre du parlement pour la circonscription de Christchurch East (en) lors d'une élection partielle, devenant ainsi la cinquième femme à entrer au parlement de Nouvelle-Zélande[5].

Réélue en septembre 1943, Mabel Howard est devenue en 1946 la première représentante de la circonscription de Sydenham (en) qui venait d'être recréé, avec 75,2 % des votes. Elle avait fait campagne pour « les femmes, les personnes âgées, les malades et les malheureux » (5 septembre 1944)[6]. Au parlement, elle était une représentante « franche » pour ses électeurs, déclarant « Je me tiens ici et je dis ce que je crois vraiment » (septembre 1961)[7]. Harry Atmore (en), représentant indépendant de la circonscription de Nelson (en), a déclaré à son sujet : « C'est une véritable avocate pour les femmes de ce pays et avec son expérience — bien plus étendue que celle qu'ont d'habitude les femmes de son âge — elle peut parler avec autorité »[8].

Le 22 septembre 1954, elle a brandi devant un parlement stupéfait deux paires de bloomers toutes deux étiquetées OS, pour démontrer qu'il n'y avait pas de vraie standardisation des tailles : les deux culottes étaient clairement de taille différente. Malgré l'opposition des fabricants de vêtements, elle a été soutenue par beaucoup de parlementaires, y compris du Parti national, et une standardisation a été votée[1],[9]. Une autre fois, elle a jeté une pierre sur le plancher du parlement pour montrer ce que les acheteurs de charbon en sac pouvaient s'attendre à trouver[9].

Ministre[modifier | modifier le code]

Howard est devenue ministre quatre ans après son entrée au parlement : en 1947, elle est devenue Ministre de la santé et de la protection de l'enfance (en). Elle était ainsi la première femme ministre du Commonwealth hors de Grande-Bretagne.

Les membres travaillistes du parlement en 1960. Mabel Howard est la première assise à droite.

Lorsque le parti travailliste est revenu au pouvoir en 1957, Howard est redevenue Ministre de la sécurité sociale et de la protection de l'enfance, puis Ministre des femmes et de l'enfance. Elle a déclaré qu'elle « travaillait comme une esclave » et on lui attribue la déclaration suivante[9] :

Je ne suis pas entrée en politique par hasard — la politique était toute ma vie. Je suppose que c'est parce que j'étais plus masculine que beaucoup de femmes ; c'est pour cela que je ne me suis jamais mariée.

Activités associatives[modifier | modifier le code]

Mabel Howard a été bénévole pour de nombreuses organisations, notamment pour Ambulance Saint-Jean et la Société royale néo-zélandaise de prévention de la cruauté envers les animaux (en) (RNZSPCA)[1].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Au moment de l'élection de 1966, Mabel Howard était clairement malade. Mel Courtney (en), membre de son comité de campagne et futur membre du parlement pour la circonscription de Nelson (en) (1976–81), veillait à ce qu'elle soit assistée pour ses apparitions publiques. Lui qu'elle avait aidé quand sa famille était dans le besoin était maintenant celui qui l'aidait[10]. Howard a quitté la politique à l'élection de 1969. Le Parti travailliste avait édicté un âge de retraite obligatoire, qui s'est appliqué à Howard, déjà fatiguée.

Une fois à la retraite, elle est devenue de plus en plus isolée et paranoïaque, outre les signes de démence et la pneumonie dont elle avait déjà souffert au parlement. Elle a finalement été internée par décision de justice au Sunnyside Hospital de Christchurch, où elle est morte le 23 juin 1972[1]. Elle a été enterrée auprès de son père au Bromley Cemetery (en) de Christchurch[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) McAloon, Jim (2000). 'Howard, Mabel Bowden 1894 - 1972'. Dictionary of New Zealand Biography (en), updated 7 April 2006.
  2. « Councillors of the City of Christchurch » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Christchurch City Council, consulté le 12 mai 2010.
  3. Gee 1977, p. 277.
  4. « Labour Party Nomination », Evening Post, vol. CXXVII, no 102,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  5. « Women in parliament 1933 – 2005 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Elections New Zealand, consulté le 14 octobre 2010
  6. Gee 1977, p. 75, 83.
  7. Gee 1977, p. 39, 103.
  8. Gee 1977, p. 53.
  9. a, b, c et d Richard L. N. Greenaway, « Bromley Cemetery Tour », Christchurch City Libraries,‎ (consulté le 11 mars 2015), p. 13–18
  10. Gee 1977, p. 241.
  • (en) David Gee, Our Mabel, Wellington, Millwood Press,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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