Maalouma Mint Mokhtar Ould Meidah

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Malouma

Nom de naissance Malouma mint Mokhtar Ould Meidah
Naissance 1er octobre 1960 (54 ans)
Mederdra, Mauritanie
Activité principale Auteur-compositrice-interprète, chanteuse
Genre musical blues, Pop, Reggae, rock, Afro, Griot
Instruments Ardin
Années actives Depuis 1980
Site officiel http://www.malouma.com/

Maalouma Mint Mokhtar Ould Meidah (en arabe : المعلومة منت الميداح), née le 1er octobre 1960 à Mederdra est une chanteuse populaire et femme politique mauritanienne. Elle a été élue sénatrice en 2007[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sénatrice, artiste militante, joueuse de « ardin  » et chanteuse inspirée par la musique maure, les sonorités des diverses composantes de Mauritanie (Harâtîn, Arabo-Berbère "Bidan", Peul, Wolof, Soninké) et surtout le blues maure, Malouma la militante est bien la « diva rebelle du désert »[2].

Malouma, l’iggawin[modifier | modifier le code]

Née en 1960 à Mederdra, une petite ville désertique au milieu des dunes, dans le sud-ouest de la Mauritanie, Malouma est issue d’une grande famille d’iggawen (griots en maure), détentrice de la tradition azâwân. À Charatt, une petite commune de sa ville natale où elle grandit, elle baigne dans la musique, initiée par ses parents au jeu de « ardin » (harpe maure typiquement féminine), au chant et à l’art de la parole. Son père Moktar Ould Meidah est une sommité de la poésie et de l’art musical traditionnels ; son grand-père Mohamed Yahya Ould Boubane est un maître de la parole et du tidinit (petite guitare maure des iggawen). Ils lui apprennent aussi d’autres courants populaires moins codés pratiqués par les griots comme le medh (chants de louange au prophète Mahomet) et le bedja (musique de la communauté Bedja ou Bedawi en arabe (« bédouin »)

Malouma, l’incomprise[modifier | modifier le code]

À l’âge de 6 ans, elle « crée » un scandale en interprétant des titres osés composés par des artistes renommés, une manière d’exprimer, déjà, son indépendance vis-à-vis d’une société trop ancrée dans les chants de louange des princes guerriers et de la noblesse. Cette attitude causera beaucoup d’ennuis à ses parents : contacts rarissimes avec leur communauté, difficultés pour les soins médicaux, plus de concerts, plus d’invitations dans les cérémonies officielles et privées...Mais cela n’entame en rien la volonté de Malouma, qui, en grandissant désire de plus en plus donner une nouvelle orientation à sa musique. C’est à cette époque qu’elle écoute, avec son père, les musiques orientales (Oum Kalsoum, Abdel Halim Hafez, Fairouz, Nasri Cherns, Dine, Sabah…). Plus tard, elle découvre le blues maure, une musique proche de ses sensations culturelles et qui sera la base de ses futures créations. Puisant tout naturellement dans le répertoire traditionnel enrichi par ses parents, notamment son père, et surtout dans le blues maure, elle continue à défier la tradition en écrivant des textes engagés. Mais le poids de la tradition, le carcan du mariage et le conformisme constituent un frein pour cette artiste accomplie mais incomprise et qui n’a d’autre désir que de s’émanciper. Pendant longtemps, elle sera absente de la scène mauritanienne

Malouma, la chanteuse du peuple[modifier | modifier le code]

Malouma ne rejouera en Mauritanie qu’après son énorme succès au festival de Carthage en Tunisie en 1988, notamment avec « Habibi habeytou » (Mon bien-aimé, je l’ai aimé), un titre qui bouleverse les mœurs de la pudique société maure et qui deviendra un méga hit. N’empêche, Malouma est invitée à la TVM (Télévision de Mauritanie) où elle présente des chansons sur l’unité nationale, la femme mauritanienne, la liberté d’expression, la démocratie, l’injustice, les inégalités... Mais elle est toujours considérée comme une griote et non comme une artiste professionnelle jouissant de tous ses droits. Décidée à lutter contre cette injustice, elle s’engage politiquement en composant en 1992, « Habib Echaab » (le Bien-aimé du peuple), un soutien à Ahmed Ould Daddah, candidat indépendant à la présidentielle. C’est à nouveau les problèmes et les tracasseries avec le pouvoir : plus de médias « gouvernementaux » (nationaux), plus d’invitations officielles, plus de soirées ni de spectacles en public, plus de publicités... Plusieurs années durant, les autorités lui interdiront de chanter dans son pays. Son premier album international, Desert of Eden (Shanachie - 1998), est alors rejeté par certains décideurs, (griots et intellectuels conservateurs mais devient très populaire auprès des jeunes (filles et garçons). Malouma la moderniste est aussi largement soutenue par les intellectuels qui créent une association dénommée « Les amis de Maalouma » pour s’opposer au diktat du pouvoir. Sa révolution musicale lui vaudra d’être baptisée par ses admirateurs « Mutribatou echa’b » (« la chanteuse du peuple » en maure).
En 2003, lors d’une marche pacifique réunissant plus de 10 000 personnes pour lever cette censure, Malouma investit le Ministère de la Communication, siège de la TVM, avec une banderole marquée « Libérez Malouma ». Le résultat est immédiat : le Président Ould Taya présente ses excuses à l’artiste par le biais de son Directeur de Cabinet, M.. Ould Towmi, venu à sa rencontre.

Malouma l’internationale[modifier | modifier le code]

Malouma, qui a introduit l’« oughniya » (l’unité du thème pour le chant) dans ses créations, réalise aussitôt une tournée internationale (États-Unis, Proche-Orient, Afrique, Europe..), diffusant ses chansons militantes et mobilisatrices sur l’amour, les relations conjugales, l’exclusion, l’oppression, l’injustice, l’évolution des mœurs et de la culture sans oublier la remise en cause de l’ordre social traditionnel pour une plus large place aux artistes… Elle chante pour la lutte contre le SIDA, la vaccination des enfants, l’alphabétisation, la promotion de la femme... mais n’entend pas en rester là. Elle désire faire connaître les richesses du patrimoine national sur les scènes du monde en reprenant, dans des orchestrations modernes, des « achwaars » (titres traditionnels) comme « Tchaa’i », « Gnâni », « Nouka », « Rasm » et « Jrad », ces deux derniers titres étant déjà explorés dans Desert of Eden… Riche de ses expériences, Malouma tente d’harmoniser la musique pentatonique traditionnelle mauritanienne avec les autres musiques nationales. Sa rencontre avec le Sahel Hawl Blues dirigé par Hadradmy Ould Meidah, un groupe local de 10 musiciens d’afro-jazz intégrant toutes les composantes du pays (Haratin, Berbère, Peul, Wolof, Soninké) sera déterminante. Comme elle, ils ont la même préoccupation : enracinement de la musique traditionnelle et ouverture sur les musiques occidentales (jazz, pop et blues notamment…). Une fusion rythmique et mélodique gravée sur disque (Dunya - 2003) par Marabi, le label français de l’organisateur du festival Musiques Métisses d’Angoulême, Christian Mousset. L’accueil et les critiques enthousiastes de cet opus finissent par convaincre les plus réticents qui la considèrent dorénavant comme la première vraie auteure, compositrice et interprète de Mauritanie. 2007 voit l’artiste sénatrice sortir Nour, un album qui mêle musique azâwân (héritage de ses parents), pop et funk, avec des gimmicks de guitare jazz ou rock.

Malouma, la sénatrice[modifier | modifier le code]

Après plus de deux décennies de régime militaire, moult combats en tant qu’artiste et le rétablissement d’un gouvernement civil, Malouma fait son entrée au Sénat de son pays, nommée par le chef de file du parti de l’opposition et ami de longue date, Ahmed Ould Daddah. Une fonction politique qui lui permet de mettre en œuvre ses idées : développement de la culture, du social, de l’humanitaire, soutien aux enfants des rues, droits de la femme pour une participation aux élections et au développement du pays, éducation, scolarisation des jeunes filles, égalité des chances..

Albums[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]