Ma diao

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Mǎ diào (馬吊) est le nom d'un ancien jeu de cartes chinois, également connu sous le nom de jeu du Tigre de papier. Il se joue avec 40 cartes, entre 4 joueurs, et fut très populaire pendant la dynastie Qing.

signifie « cheval » ; le cheval représenté est de l'époque Han

En chinois, 馬 signifie « cheval », et 吊 diào « pendu ou levé ». Le nom du jeu mǎ diào viendrait de ce qu'il implique trois joueurs formant équipe contre le banquier, comme un cheval qui soulève un seul sabot (le banquier), ses trois autres sabots restant au sol (les trois joueurs).

Description[modifier | modifier le code]

Un jeu de mǎ diào se compose de 40 cartes de quatre sortes :

  • la suite des 紋 Wén (traits), ou Sapèques : 11 cartes, comprenant la suite de 1 à 9 sapèques, de la demi-sapèque (appelée aussi Fleur) et de la zéro sapèque (appelée Blanc) ;
  • la suite des 索瘠 Suǒ jí (cordelettes), ou Séries : suite de 9 cartes de 100 à 900 sapèques ;
  • la suite des 万 (variante 萬) Wàn (10000), ou Myriades : suite de 9 cartes de 10 000 à 90 000 sapèques ;
  • la suite des 十 Shí (dix), ou Dizaines (de myriades) : 11 cartes, comprenant la suite de 200 000 à 900 000 sapèques, Un million de sapèques, Dix millions de sapèques et Cent millions de sapèques (appelée aussi le Dix mille rouge)

Chaque carte de Myriades ou de Dizaines (de myriades) était illustrée par un des plus fameux des 108 bandits du roman chinois Au bord de l'eau, attribué à Shi Nai'an.

Règle du jeu[modifier | modifier le code]

Au début de la partie, un tirage au sort (lancer de dé) désigne le joueur qui tient la Banque.

Les trois autres joueurs se servent de 8 cartes, laissant les 8 cartes restantes au centre de la table.

Chaque joueur cherche alors réaliser des plis, les cartes de plus forte valeur l'emportant sur les cartes de valeur inférieure. Il s'agit d'un jeu de stratégie nécessitant fréquemment la coopération des joueurs contre le banquier.

Évolution de la règle[modifier | modifier le code]

Ces règles ont évolué au cours de l'histoire ; une nouvelle règle permit à un joueur de reprendre les cartes défaussées par le joueur précédent afin d'améliorer sa main.

Pendant le règne de l'Empereur Kangxi (1662 - 1723), un nouveau jeu fut créé en combinant deux jeux de ma diao, en retirant 10 cartes de la suite des Shi. L'ensemble comprenait les trois suites no 1 à 9 des Wen, Suo et Wan (54 cartes), ainsi que deux exemplaires de Fleur, Blanc et Dix mille rouge, soit 60 cartes au total. Chaque joueur prenait 10 cartes et les 20 cartes restantes étaient placées au centre de la table pour la pioche. Une main gagnante comprenait deux séquences de 4 cartes de même symbole, plus une paire de n'importe quel carte, y compris de Fleur, Blanc, ou Dix mille rouge. Si personne n'avait gagné après épuisement de la pioche, chaque joueur défaussait 5 cartes, lesquelles étaient battues et constituaient la nouvelle pioche. Cette procédure était réitérée jusqu'à ce qu'un joueur finisse par gagner.

Le mah-jong proviendrait de cet autre jeu, après une nouvelle duplication de matériel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Late Ming Game of Ma Diao in The Playing-Card (Volume XXIX, Number 3), Andrew Lo.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]