Ma'arrat al-Numan

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Ma`ârra an-Nu`mân
(ar) معرة النعمان
Image illustrative de l'article Ma'arrat al-Numan
Administration
Pays Syrie Syrie
Province (محافظة) Idlib
Démographie
Population 87 742 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 35° 38′ 41″ N 36° 40′ 26″ E / 35.6447222, 36.6738889 ()35° 38′ 41″ Nord 36° 40′ 26″ Est / 35.6447222, 36.6738889 ()  
Altitude 522 m
Divers
Site(s) touristique(s) La Marre
Le musée
La mosquée
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte Syrie administrative
City locator 14.svg
Ma`ârra an-Nu`mân
Marché à Ma'arrat al-Numan

La ville de Ma`ârra an-Nu`mân[1] est une ville de Syrie sur la route d’Alep à Hama, dans la province d'Idlib.

Appelée Arra dans l’antiquité, c'est le site d'une forteresse utilisée au temps des croisades et connue sous le nom de La Marre. Son nom actuel est la combinaison de son nom traditionnel et du nom de son premier gouverneur musulman Nu`mân ben Bachir, un des compagnons du prophète Mahomet.

La ville[modifier | modifier le code]

Elle a conservé de l'époque arabe deux beaux monuments, œuvres du même architecte :

  • le minaret de la grande mosquée reconstruit après le tremblement de terre de 1170, la mosquée elle-même a été reconstruite plus récemment.
  • la madrasa construite en 1199.

Il y a aussi les ruines de la citadelle médiévale et la tombe du calife omeyyade `Umar ben `Abd al-`Azîz.

La ville actuelle possède un musée des mosaïques retrouvées dans les “villes mortes”, aménagé dans un caravansérail Ottoman datant de 1563.

La ville est aussi le lieu de naissance du poète Abu al-'Ala al-Ma`arî (973-1057).

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle est prise par les musulmans en 637. Nu`mân ben Bachir en devient le gouverneur.

Les Byzantins démantèlent ses fortifications en 968 lors de la tentative de l'empereur Nicéphore II Phocas de profiter de l'instabilité de la Syrie pour reprendre possession du nord du pays. Ceci ne fut que pour une courte durée car la ville est passée aux mains des Fatimides.

Le 11 décembre 1098, la forteresse fut prise par les croisés de Raymond IV de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et Bohémond de Tarente, dit Bohémond de Hauteville après un siège de trois semaines. Le 5 janvier 1099, Raymond démantela la forteresse de Ma`arrat après que les croisés y eurent massacré des milliers de personnes[2], mais le chiffre de 20 000 paraît plus probable. Le 13 janvier, l'armée reprit sa marche vers le sud, nu-pieds et vêtus en pèlerins, suivie par Robert II de Normandie et Tancrède, neveu de Bohémond.

Selon Amin Maalouf, la prise de cette ville fut accompagnée d'actes de cannibalisme de la part des croisés. « Les nôtres faisaient bouillir les païens adultes vivants dans les marmites et fixaient les enfants sur de broches pour les dévorer grillés[3] ». Ultérieurement les témoins ont expliqué ces actes par la famine, c'était en hiver et il n'y avait guère de ravitaillement. Amin Maalouf, se référant à Albert d'Aix, dit ceci : « Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turcs et les Sarrasins tués, mais aussi les chiens. »[4]. En janvier 1135, Zengi, l'Atabey de Mossoul intervient contre Damas. Zengi ne peut prendre la ville et n'obtient des dirigeants de la ville assiégée que la reconnaissance de sa suzeraineté de manière purement nominale. En mars, il marche vers le nord, et s’empare de quatre places fortes franques dont La Marre.

En 1185, à l'approche de la mort de Baudouin IV de Jérusalem, Saladin décide de relancer la guerre contre les croisés. En juillet 1187, il envahit le royaume de Jérusalem, affaibli par les disputes entre les Templiers et les barons francs et anéantit l'armée croisée, encerclée après une marche épuisante, sur la colline de Hattin. Ma`ârra passe sous la tutelle des Ayyoubides d'Alep.

Vers 1272, Ma`ârra passe sous la tutelle des Mamelouks.

Événement récent[modifier | modifier le code]

Le 8 décembre 2005, les troupes gouvernementales se sont affrontées à un groupe de militants islamistes. Il y a eu huit tués[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : maʿāra an-nuʿmān, معارة النعمان
  2. Ibn al-Athir écrit 100 000 dans sa chronique
  3. Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, Éd. J'ai lu, 1985, (ISBN 978-2-290-119167), chapitre III p. 55 en citant Raoul de Caen
  4. Albert d'Aix, Histoire des Faits et gestes dans les Régions d'Outre-Mer, livre V
  5. Institut Europeu de la Mediterrània, Barcelona Cronología general del Mediterráneo p. 54

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]