Place de l'Indépendance (Kiev)

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Place de l’Indépendance
Майдан Незалежності
Maïdan Nézalejnosti
Image illustrative de l'article Place de l'Indépendance (Kiev)
Situation
Coordonnées 50° 27′ 00″ N 30° 31′ 27″ E / 50.45, 30.52416750° 27′ 00″ Nord 30° 31′ 27″ Est / 50.45, 30.524167  
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Ville Kiev
Morphologie
Type Place
Histoire
Monuments Monument à l’Indépendance
Porte Liadski

Géolocalisation sur la carte : Ukraine

(Voir situation sur carte : Ukraine)
Place de l’Indépendance  Майдан Незалежності  Maïdan Nézalejnosti

La place de l’Indépendance (en ukrainien : Майдан Незалежності, Maïdan Nézalejnosti[N 1],[N 2]), est la place centrale de Kiev, capitale de l’Ukraine. Traversée par la rue Krechtchatyk, c’est une des principales places de la ville. Cette place a connu plusieurs noms, mais elle est souvent appelée simplement le Maïdan (« la Place »). Lors de la Révolution orange en 2004 et des événements de l’hiver 2013-2014, c’est le lieu de rassemblement des manifestants.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Maïdan vient du persan : میدان my̰dạn, qui signifie « place » tandis que Nézalejnist signifie « Indépendance ». La place a été baptisée Maïdan Nézalejnosti en 1991, après la chute de l'Union soviétique et l'accession de l'Ukraine à l'indépendance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge à l'Empire russe[modifier | modifier le code]

Jusqu'au Xe siècle, la place et le reste de Khrechtchatyk portent le nom de Perevisychtch. Là où commence la rue Sofia, qui mène à la ville haute, se tenait l'une des trois portes principales de la Kiev médiévale (ville de Jaroslav), la porte Lyadski (les deux autres étant la porte dorée de Kiev et la porte Jydivski). Cette porte est également mentionnée en 1151, et autour d'elle vit la population polonaise de la ville. La porte Lyadski sera détruite lors de l'assaut de la ville par la horde mongole de Batu en 1240.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle - début du XIXe siècle, la zone de la place est vide et porte le nom de Kozyne Boloto (Le Marais aux Chèvres en ukrainien : Козине болото).

Dans les années 1830, les premières habitations en bois apparaissent, et vers 1850, les bâtiments en pierres sont construits. Le célèbre écrivain ukrainien Taras Chevtchenko habite dans le quartier en 1859, dans un bâtiment située entre Mala Jytomyrska (Petite Jytomyr) et Mykhailivska voulytsia (rue St-Michel).

Le développement de la zone s'accélère au milieu du XIXe siècle, quand elle devient le centre commerçant de Kiev, qui grâce à la Révolution industrielle russe grandit et devient la troisième ville de l'Empire russe. Jusqu'en 1871, la place porte de la nom de Khrechtchatykskaïa Plochtchad (Place Khrechtchatyk) et on y trouve un marché. En 1876, la Douma de la ville de Kiev est édifiée à cet endroit, qui porte désormais le nom de Doumskaïa Plochtchad (Place du Parlement). En 1894, un ligne du tramway de Kiev (le premier tramway électrique de l'Empire) dessert la place.

En 1913, devant la Douma, un monument à Piotr Stolypine (assassiné à Kiev en septembre 1911) est érigé, et restera en place jusqu'en mars 1917 et les événements de la Révolution de Février.

Période soviétique d'avant-guerre[modifier | modifier le code]

En 1919, la place est baptisée Place soviétique. Début 1935, elle devient la place Kalinine, du nom de Mikhaïl Kalinine, premier président du Soviet suprême.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La place détruite, en 1941

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la place est lourdement endommagée, de même que l'ensemble des bâtiments du centre de Kiev.

Période soviétique d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Durant les premières années après la guerre, la place est complètement reconstruite. Sa nouvelle architecture s'intègre à la nouvelle Khrechtchatyk, dans le style néo-classique stalinien. La Poste Centrale de Kiev et la Maison des syndicats, reconnaissable à sa tour, sont construites sur la place.

En 1976-1977, en lien avec les travaux de construction du métro, la place est réaménagée, et renommée Plochtcha Jovtnevoyi revolyutsii (Place de la Révolution d'Octobre). C'est durant les travaux que le monument commémorant le soixantième anniversaire de la Révolution d'Octobre est édifié, ainsi qu'un ensemble de fontaines. Le monument a été ôté depuis.

Depuis l'indépendance de l'Ukraine[modifier | modifier le code]

Le Maïdan en 2002, avec l'hôtel Oukrayina en arrière plan

La place reçoit son nom actuel après l'accession de l'Ukraine à l'indépendance en 1991. Le nom de Plochtchad Svobody (russe : Place de la Liberté) a également été proposé, mais les événements tels que la Révolution orange ont contribué à affirmer le choix de Maïdan Nézalejnosti.

En 2001, alors que la place est le centre de la campagne de protestations « L'Ukraine sans Koutchma », une construction de grande ampleur est décidée soudainement par le maire de Kiev, Oleksandr Omeltchenko. La place est clôturée pour les besoins des travaux, et devient donc inaccessible pour les manifestants. De nombreux observateurs estiment que le principal objectif du chantier était d'interrompre les manifestations, tactique régulièrement employée par les autorités dans d'autres villes d'Ukraine[1].

À l'issue des travaux, l'apparence antérieure de la place avec ses nombreuses fontaines est significativement modifiée. Elle compte désormais un monument à Kyi, Schek et Khoryv, les fondateurs légendaires de Kiev ; au héros folklorique, le cosaque Mamay; au protecteur historique de la ville, l'archange Michel ; et à la déesse Berehynia, ainsi que de nombreux dômes de verre[2].

Un centre commercial souterrain, le Globe a été construit sous le Maïdan Nézalejnosti, pour remplacer l'ancien passage souterrain surnommé Truba (Tube) par les habitants.

Les projets concernant le Maïdan incluent la destruction de l'hôtel Ukrayina (anciennement hôtel Moskva), pour le remplacer par un nouveau bâtiment de 67 étages[3].

Centre de l'activité politique populaire[modifier | modifier le code]

Après la période soviétique, et en tant que place centrale de Kiev, le Maïdan a été le centre de l'activité politique populaire. À l'automne 1990, des manifestations d'étudiants et des grévistes de la faim sur la place contraignent le premier ministre Vitaliy Masol à la démission.

Dans les années 2000, des manifestations d'envergure telles que la campagne « L'Ukraine sans Koutchma » ou la Révolution orange ont eu lieu sur la place. Fin 2004, le Maïdan Nézalejnosti est le lieu de rassemblement de milliers de manifestants qui y installent des tentes et occupent les lieux pendant plusieurs semaines, malgré le froid et la neige. Un des manifestants de le Maïdan les plus emblématiques est Paraska Koroliouk[4]. Ces protestations contre la fraude électorale conduisent la Cour suprême (en) d'Ukraine à ordonner un tour supplémentaire lors de l'élection présidentielle, lequel est remporté par le candidat issue de l'opposition Viktor Iouchtchenko. À la suite de son élection, et après avoir prêté serment officiellement au Parlement, Iouchtchenko vien prêter serment devant la population sur le Maïdan Nézalejnosti.

Après la Révolution orange, le Maïdan Nézalejnosti attire toujours des manifestations politiques, mais dans une envergure moindre que celles de 2004[5]. En novembre 2011, les manifestations organisées sur le Maïdan pour le 7e anniversaire de la Révolution orange ont été interdites par les autorités[6].

De nouvelles manifestations reprennent sur le Maïdan après le rejet, le 29 novembre 2013, par le président ukrainien d'un accord d'association avec l'Union européenne. Pacifiques, elles s'émaillent de violences à partir du 18 février 2014. Des batailles de rue s'engagent entre les manifestants de l'opposition et les forces de sécurité, incluant des snipers, qui tirent à balles réelles. Cette répression sanglante se solde par des centaines de blessés et des dizaines de morts, le basculement du pouvoir à Kiev dans la nuit du 21 au 22 février et la destitution par le Parlement du président Ianoukovitch.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. les accents sont parfois omis en français.
  2. La place est parfois appelée « place Maïdan » par les médias, nom qui constitue une répétition : Майдан Maïdan signifie déjà « place » alors que Незалежності Nézalejnosti signifie « indépendance ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. (uk) « Метаморфози київського мера, або дещо з життя хамелеонів… », Ukrayinska Pravda,‎ 25 février 2005
  2. (en) « Top 10 Places to Visit in Kyiv », sur www.kyiv.com (consulté le 28 novembre 2011)
  3. (ru) « Россияне сделают из «Украины» 5 звезд », sur www.segodnya.ua (consulté le 14 octobre 2009)
  4. (en) « Baba Paraska (Praskovya Koroliuk) », Kyiv Post (consulté le 12 novembre 2011)
  5. (en) « Tax code protests intensify », Kyiv Post,‎ 26 novembre 2010
  6. (fr) « Ukraine: “le Maïdan causera une nouvelle fois la perte de Victor Ianoukovitch” », Euronews,‎ 22 novembre 2011