Maârif (Casablanca)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le quartier Maârif de Casablanca. Pour la commune de Maarif en Algérie, voir Maarif (Algérie).
Maârif
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Grand Casablanca
Ville Casablanca
Démographie
Population 180 394 hab. (2004[1])
Densité 14 548 hab./km2
Géographie
Coordonnées 33° 35′ 04″ N 7° 38′ 14″ O / 33.584533, -7.637181 ()33° 35′ 04″ Nord 7° 38′ 14″ Ouest / 33.584533, -7.637181 ()  
Superficie 1 240 ha = 12,4 km2
Localisation

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Maârif

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Maârif

(El) Maârif est un quartier commerçant de Casablanca, au Maroc. Il constitue un arrondissement de la ville de Casablanca, relevant de la préfecture d'arrondissements de Casablanca-Anfa.

Dans ce quartier se trouvent le centre commercial et les célèbres tours jumelles appelés Twin Center, ainsi que de nombreuses boutiques de luxe. C'est également le quartier le plus fréquenté par la jeunesse casablancaise. Le quartier Maârif est un quartier de classes moyennes jouxtant les boulevards riches de Massira, Roudani, Bir Anzarane et Zerktouni (Boulevards de luxe). Ce quartier est donc un lieu de diversité sociale du fait des nombreux commerces qui visent tous les budgets ainsi qu'un centre de loisir composé de cafés prestigieux et de restaurants d'excellence sans oublier les meilleures pâtisseries du Maroc qui se trouvent dans ce quartier. Le monument le plus notable du quartier reste le complexe Mohamed V où se trouve le plus grand stade du Maghreb et où se déroulent les compétitions nationales et internationales.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L’histoire du Maroc nous apprend que le terme «Maârif» désigne une fraction de la tribu des Mzab, originaires de la région de Ben Ahmed. Une zone rurale jadis connue pour la bravoure, le courage et l’abnégation de ses Kiads. Les Maârifs, qui ont réussi au long des décennies une belle expansion terrienne, sont arrivés dans la région qui sera plus tard connue comme Casablanca et ils y achetèrent des parcelles de terre. Le nom du quartier découle donc du fait que ces personnes possédaient des terres dans ce quartier.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Maârif du début du siècle dernier est considéré comme une zone d’insécurité (30 juillet 1907 : massacre d'Européens à Casablanca). Ceux qui y habitent sont à la merci des pilleurs. Ils ne possèdent qu'un lopin de terre pour planter des légumes et une baraque en bois. Le lieu est un faubourg de Casablanca, à environ 2 km 500 du centre-ville.

En 1911, des négociants anglais, Murdoch et Buttler, y achètent, des terrains cinquante fois moins chers que ceux du centre. Le tout est acquis à une fraction de la tribu arabe chorafas, les Maârroufis, issue de Kasbet el maârifs à 12 km de Ben Ahmed (El Maarif-Regada existe encore aujourd'hui). La revente des terrains sur plan, par lots, débute vers 1915/1916. L’acquéreur est une société immobilière qui les revendra à son tour. Pour ce, elle accroche une annonce devant le « grand café du commerce » dans l’ancienne médina. Le lieu est une véritable foire aux terrains. Tous les courtiers s’y retrouvent. Vu la crise du logement, le prix d’un lot au Maârif s’élève parfois à 10 000 anciens Francs (pour des salaires de 10 à 15 Francs/ jour. La maison en préfabriqué coûte 100 à 120 Francs le m2. Les prix sont en Peseta Hassani (1Fr : 1,25 P.H.). Par ses origines, le Maârif est un vrai village dans la ville. Il n'était d’ailleurs pas inclus dans le Plan Prost (1er plan d'urbanisme de la ville). Et pour échapper à la spéculation, les petites bourses recherchent des terrains hors périmètre. C’est ainsi que dès 1912, des petites gens s’installent pêle-mêle, dans des baraquements en bois. Les briques et le ciment sont encore importés d'Espagne à prix d'or. Et la première briqueterie ne sera construite à Fédala que quelques années plus tard.

Le moindre coût de ce quartier attire les nombreux immigrants espagnols et italiens à faibles capitaux. Des Grecs, des Portugais, des Arméniens et d'autres ressortissants des Pays de l'Est y élisent aussi domicile (en très petit nombre). Et c’est cette population d’ouvriers et de petits employés européens, qui assure le succès du lotissement du Maârif. Le quartier est assez éloigné du centre. Et il a tous les aspects des faubourgs populaires des villes côtières espagnoles. Les lacunes du plan Prost en matière d’habitat modeste apparaissent très vite. Le tracé de ces quartiers, etablis sur un quadrillage trop rigoureux, ne tolérait aucun espace public. Les terrains sont sans voirie. Les rues sont tracées en damier, sans eau et sans lumière. Dès 1916, l'assainissement de ce nouveau quartier devient nécessaire. Le Maarif est un marais insalubre. Et faire des égouts, avec une nappe phréatique si peu profonde, est hors de prix. Le Maarif fait donc à lui seul, l'objet d'un plan d'urbanisme et d’assainissement. Et paradoxalement, c’est en pleine crise financière mondiale (1929), que la construction du quartier prend un grand essor. Entre 1927 et 1933, le Maârif a déjà son aspect actuel.

Quartier Maarif premières migration[modifier | modifier le code]

Les premiers émigrés étaient d’origine oranaise. On parle des familles comme celle des Cerdan qui ont élu domicile dans le quartier. D’autres avaient émigré d’Espagne et plus précisément de la ville d’Alicante, encouragés par la naissance d’une nouvelle ville où toutes les opportunités étaient ouvertes. Il faut rappeler qu’en ce qui concerne cette première vague de migration, elle était essentiellement composée de personnes qui avaient obtenu la nationalité française en Algérie vers 1890. La seconde migration en importance est celle des Italiens de Tunisie et des Constantinois, originaires de Sicile. Les études attestent que plus de 50 % de la population jusqu'à l’indépendance du Maroc venait de ce substrat social de travailleurs et petits fonctionnaires qui ont choisi le chemin de l’exil vers une ville émergente.

Avec l’installation de la C.T.M et des T.A.C vers la fin des années 1920, une autre étape dans le peuplement du quartier voit le jour. C’est à cette époque que des Français de Métropole, des commerçants et fonctionnaires, en particulier ont été encouragés de venir s’installer au quartier Maârif. Les chiffres avancés par les urbanistes français soulignent que ce sont là pas moins de 15 % de la population du quartier. Les statistiques avancent le pourcentage des 2/3 d’habitants qui sont soit Espagnols, soit Italiens soit Français. En 1939, la guerre décide du reste et offre au quartier une autre page de son histoire. Nous sommes devant les grandes vagues d’immigration qui ont bouleversé le vieux continent. L’Europe fait la guerre, et certains citoyens ont choisi la paix en venant au Maroc faire fructifier leurs biens. Il s’agit des réfugiés politiques de la guerre d’Espagne d’abord. Et ce sont là 15 % de plus qui viennent s’ajouter aux premiers tissus urbains du quartier. Nous sommes là à un pourcentage de 80 %, les 20 % restants seront formés des Grecs, des Portugais, des Arméniens, et d’autres ressortissants des Pays de l’Est. C’est dans cette tour de Babel que le quartier le plus coloré du Maroc prend ses assises. De leur côté, les Marocains musulmans avaient fait le choix de s’installer dans un quartier mitoyen qui sera connu plus tard sous le nom de Derb Ghalef.

Brassage urbain et culturel[modifier | modifier le code]

C’est en somme une colonie d’immigrés qui est à l’origine du quartier Maârif. Comme on l’a vu précédemment, le tissu social était composé d’Italiens, d’Espagnols et de Français et de Portugais.

Les Marocains ont élu domicile à la périphérie, dans le quartier connu aujourd’hui sous le nom de Derb Ghallef. Ce qui a étonné les analystes de l’époque fut le brassage immédiat et surtout la spontanéité avec laquelle les différentes populations ont pu cohabiter dans une entente quasi idéaliste. Certains sociologues français, appuyés par les travaux de grands urbanistes, ont affirmé que « c’est l’origine sociale des immigrés qui a favorisé le métissage du tissu urbain du quartier ». La vie dans une communauté en construction a favorisé, entre eux, l’entraide et l’entente. L’autre point important à prendre en considération est la loi française de l’époque. En effet, les lois françaises du Protectorat tendaient à favoriser et intégrer les ressortissants des pays européens du fait que les Français de souche étaient peu nombreux, ainsi les petits-fils d’émigrés, nés au Maroc qui avaient le droit automatiquement à la nationalité française et sans aucune démarche ni formalité. Ce qui était un privilège considérable à l’époque dans ce sens que les flux vers le quartier ont été ordonnés, et surtout soumis à un plan d'aménagement voulu par les autorités françaises. Une communauté de juifs européens et marocains suivit cette magnifique vague d'immigration qui rendait le quartier encore plus diversifié et multiculturel. Divers parcs ont été laissés par les colons après l'indépendance du Maroc ; parmi ces parcs on peut citer le célèbre parc de la ligue arabe qui reste le poumon de la région du Grand Casablanca et un centre de loisir sans précédent pour les habitants, le gouvernement marocain décida d'améliorer ses services publics en construisant des écoles (primaires,collèges,lycées) ainsi que des cliniques au Maârif et en fondant des associations sportives prestigieuses comme le célèbre club CMC qui reste l'un des meilleurs clubs marocains dans plusieurs disciplines (football, basket-ball, tennis).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Haut-commissariat au Plan, « Recensement général de la population et de l'habitat de 2004 », sur www.lavieeco.com (consulté le 15 décembre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles de La Gazette du Maroc: