Méthodes d'exécution

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les méthodes d'exécution faisant suite à une décision de justice prononçant la peine de mort sont nombreuses et très variables en fonction des époques et des pays.

Elles sont généralement appliquées au condamné à mort par un ou des bourreau(x).

Méthodes anciennes[modifier | modifier le code]

Considérées comme particulièrement cruelles, ces méthodes sont réputées disparues, même si des témoignages font apparaître que certaines subsistent dans certaines parties du monde.

  • la cage à marée
  • le crucifiement, pratiqué dans la Rome antique (révolte de Spartacus, par exemple)
  • la décapitation à l'épée, à la hache ou à la guillotine
  • le découpage consiste à sectionner les membres avec un instrument plus ou moins tranchant : hache, sabre ou même scie. Ceci inclut le dépeçage vivant, pratiqué surtout en Chine sous le nom de Lingchi jusqu'au début du XXe siècle, pour des crimes exceptionnels, comme ceux envers la famille impériale.
  • le sciage, soit longitudinal en commençant par l'aine, soit transversal.
  • méthodes diverses utilisant des animaux :
    • écartèlement par des chevaux
    • dévoré par des animaux sauvages affamés
    • morsures de serpent
    • écrasement par un éléphant
    • le tapis : chez les Mongols, cette méthode d'exécution était réservée aux nobles (membres des familles royales, issus de la lignée de Genghis Khan) qui étaient intouchables par des humains. Subir le tapis était donc en quelque sorte une marque d'honneur. Le condamné était allongé sur le sol, un tapis sur lui, et l'on faisait courir des chevaux par troupeaux sur celui-ci.
  • l'écrasement
Écrasement par un éléphant, gravure de 1868.
Juifs sur le bûcher en Allemagne, 1493
  • le suicide forcé
  • le supplice de la roue consiste à avoir les membres et la poitrine brisés, le corps attaché à une roue.
  • le supplice du pal, érigé en système par le prince Vlad Tepes (qui inspira le personnage de Dracula).
  • la strangulation (lacet étrangleur également appelé « garrot » : utilisé en Espagne jusqu'à la fin du régime du général Franco)
  • le scaphisme, cependant peu rapporté
  • Le taureau de Phalaris est un mode d'exécution utilisé par les tyrans de l'antiquité en Grèce. Il consiste à enfermer plusieurs personnes dans une statue creuse en métal représentant un taureau. Un feu est ensuite allumé sous la statue. Les cris des personnes enfermées sont déformés par un système de trompes relié à la bouche du taureau, donnant l'impression d'un beuglement d'animal.
  • la vierge de fer
  • le versement de métal en fusion (généralement de l'or) sur ou dans le corps des suppliciés : utilisé en Amérique du Sud envers les prisonniers conquistadores, on rapporte également que le général romain Crassus aurait été exécuté de cette façon par les Parthes.

Méthodes actuelles[modifier | modifier le code]

La première chaise électrique, qui a été utilisée pour exécuter William Kemmler en 1890

La plupart des méthodes d'exécution citées plus haut ne sont plus utilisées. Les méthodes d'exécution modernes sont aujourd'hui au nombre de huit (neuf si on considère deux manières différentes de pratiquer la pendaison) :

Certaines de ces méthodes sont conçues pour minimiser les souffrances du condamné (fusillade, décapitation, injection létale, pendaison avec chute), d'autres sont plus cruelles (lapidation, pendaison sans chute). La pendaison avec chute se fait au moyen d'une trappe et d'une corde à taille calculée, permettant une mort très rapide par rupture des vertèbres cervicales. Elle a été mise au point pour réduire les souffrances du condamné, qui endure un terrible supplice lors d'une pendaison sans chute. La pendaison et l'arme à feu sont les deux méthodes les plus répandues dans les textes de loi. En 2001, 75 pays prévoyaient l'arme à feu et 58 la pendaison.

Inhalation d'azote : méthode proposée mais jamais utilisée[modifier | modifier le code]

Certains spécialistes ont proposé une méthode d'exécution qui selon eux serait complètement indolore et meilleure que n'importe quelle autre méthode. L'air que nous respirons est composé environ à 78 % d'azote (nitrogen en anglais) et à 21 % d'oxygène. L'oxygène est le seul gaz nécessaire à l'organisme, nous inhalons constamment une grande quantité d'azote sans difficulté et bien que ce gaz soit absolument inutile à la vie humaine, d'où vient d'ailleurs son étymologie française : a- (privatif) et du radical grec ζωτ-, zote « vivant » et signifie donc « privé de vie ».

L'idée serait de faire inhaler au condamné un air concentré à 100 % en azote, celui-ci sombrerait dans l'inconscience sans douleur en moins d'une minute et son cœur cesserait de battre au bout de plusieurs minutes (au moins 7). Par rapport à la chambre à gaz, cette méthode n'implique pas d'utiliser un poison provoquant une suffocation. Dans la mesure où l'azote est un gaz inhalable et non un poison dangereux, cette méthode ne nécessiterait même pas de placer le condamné dans une chambre à gaz, il suffirait d'attacher le condamné à un lit ou une chaise et d'installer sur sa tête un masque similaire à celui des hôpitaux pour les anesthésies. Contrairement à l'injection létale, cette méthode ne nécessiterait pas l'emploi de personnels ayant reçu une formation pour insérer une aiguille[7].

Cette méthode n'a jamais été utilisée pour exécuter un être humain, mais elle est parfois utilisée pour euthanasier certains animaux.

Pour les exécutions sommaires[modifier | modifier le code]

Parmi d'autres méthodes, exécutées plus ou moins sommairement avec ou sans décision de justice, citons :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Adam Liptak, « Nebraska's Top Court Forbids Electrocution », The New York Times (consulté le 09-02-2008)
  2. (en) Death Penalty Information Center. Executions in the United States in 2007. Page consultée le 30 mars 2008.
  3. [1]
  4. (en) Death Penalty Information Center. Searchable Database of Executions. Page consultée le 9 avril 2008.
  5. Article d'Ensemble Contre la Peine de Mort sur la situation au Soudan
  6. (en) Terance D. Miethe, Hong Lu, Punishment: a comparative historical perspective, Cambridge University Press,‎ 2005, 240 p. (ISBN 0521605164, lire en ligne), p. 63
  7. Article du National Review, "Killing with kindness – capital punishment by nitrogen asphyxiation" (Creque 1995) ; http://www.gistprobono.org/ihhp/index.html
  8. grands-reporters.com
  • Frédéric Armand, Les bourreaux en France. Du Moyen Âge à l'abolition de la peine de mort, Perrin, 2012.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Internationalist Review Article published in the Internationalist Review on the evolution of execution methods in the United States