Transtextualité

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La transtextualité est un concept littéraire que Gérard Genette a développé, plus particulièrement dans son livre Palimpsestes - La littérature au second degré paru en 1982.

Pour Genette, l’objet de la poétique n’est pas le texte, considéré dans sa singularité, mais bien la transtextualité, ou transcendance textuelle du texte. Grossièrement, la transtextualité se définit par « tout ce qui met un texte en relation, manifeste ou secrète, avec un autre texte »[1].

Il faut comprendre ici le mot texte en son sens « conceptuel », c’est-à-dire en ce qu’il est un énoncé de nature quelconque et non seulement littéraire.

Par ailleurs, les cinq types de relations transtextuelles ne sont pas des classes étanches, fermées et sans recoupement réciproques. Leurs relations sont nombreuses et parfois (et même « souvent » selon Genette) décisives.

Types de relations transtextuelles[modifier | modifier le code]

Genette distinque cinq types de relations transtextuelles : l’intertextualité, la paratextualité, la métatextualité, l’hypertextualité et l’architextualité.

L’intertextualité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intertextualité.

Le nom est emprunté à Julia Kristeva[2]. L’intertextualité se définit par une relation de coprésence entre deux ou plusieurs textes, eidétiquement et le plus souvent, par la présence d’un texte dans un autre.

La paratextualité[modifier | modifier le code]

Tout ce qui est périphérique au corps d’un énoncé. Il s’agit généralement d’une relation moins explicite et plus distante que l’énoncé entretient avec le paratexte.

La métatextualité[modifier | modifier le code]

C’est la relation dite de commentaire qui lie un «texte à un autre texte dont il parle, sans nécessairement le citer (le convoquer), voire à la limite, sans le nommer[3]».

Autres exemples : Hegel, dans la Phénoménologie de l'esprit, évoquant allusivement et silencieusement Le Neveu de Rameau. L’essai Les Suivantes de Michel Foucault traitant du tableau de Diego Vélasquez Les Ménines.

L’hypertextualité[modifier | modifier le code]

Cette relation en est une de dérivation, qui n’est pas de l’ordre du commentaire. Il y a un rapport d’imitation (ou de transformation) qui engendre quelque chose de nouveau, mais qui ne cache pas ce qui a derrière. Genette nomme le texte «imitant» l’hypertexte et le texte «imité» l’hypotexte.

Exemple : L’œuvre de Marcel Duchamp L.H.O.O.Q. parodiant La Joconde de Léonard de Vinci.

L’architextualité[modifier | modifier le code]

C’est le type le plus abstrait et le plus implicite : «il s’agit ici d’une relation tout à fait muette, que n’articule, au plus, qu’une mention paratextuelle [...], de pure appartenance taxinomique[4]». C’est ce qui nous permet d’organiser, ou de déterminer le statut générique d’un énoncé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Genette, Palimpsestes - La littérature au second degré, Paris, Seuil, 1982, p. 7.
  2. Julia Kristeva, Sèméiôtikè, Paris, Seuil, 1969.
  3. Gérard Genette, Palimpsestes, p. 10.
  4. Gérard Genette, Palimpsestes, p. 11.

Liens externes[modifier | modifier le code]