Météorite du cap York

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Météorite du cap York
Fragment dit « Ahnighito ». Il pèse 31 t et est exposé à l'American Museum of Natural History, à New York
Fragment dit « Ahnighito ». Il pèse 31 t et est exposé à l'American Museum of Natural History, à New York
Caractéristiques
Type Ferreuse
Groupe IIIAB
Classification structurelle Octaédrite
Composition 7,58% Ni, 36,0 ppm Ge, 19,2 ppm Ga, 5.0 ppm Ir
Observation
Localisation Groenland
Coordonnées 76° 08′ 00″ N 64° 56′ 00″ O / 76.1333, -64.933376° 08′ 00″ Nord 64° 56′ 00″ Ouest / 76.1333, -64.9333  
Chute observée Non
Date 10 000 ans
Découverte < XIXe siècle
Masse totale connue 58,2 t

La météorite du cap York est une météorite qui a percuté la Terre il y a environ 10 000 ans. Elle porte le nom du cap York, lieu de sa découverte, au Groenland. Il s'agit de l'une des météorites ferreuses les plus grandes au monde.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La météorite du cap York est une météorite ferreuse de groupe IIIAB ; divisée en plusieurs fragments, sa masse totale est estimée à 58,2 t[1].

La météorite est composée de 92 % de fer et de 8 % de nickel, avec des traces de germanium, gallium et iridium.

Historique[modifier | modifier le code]

Utilisation inuite[modifier | modifier le code]

À l'origine, trois masses de fer appartenant à la météorite sont connues des Inuits : Ahnighito (la Tente), pesant 31 tonnes, la Femme, 3 tonnes, et le Chien, 400 kg[2]. Pendant plusieurs siècles, les Inuits vivant près des météorites les utilisent comme source de métal pour leurs outils et leurs harpons[3],[4].

Découverte européenne[modifier | modifier le code]

Les premières rumeurs d'existence de la météorite atteignent les cercles scientifiques européens en 1818. Entre 1818 et 1883, cinq expéditions échouent à trouver la source du fer. Elle est localisée en 1894 par l'explorateur américain Robert Peary, avec l'aide d'un guide local qui l'amène à l'île Saviksoah, au large du cap York.

Peary passe trois ans à charger les météorites sur des navires. Le chargement nécessite la construction de l'unique chemin de fer du Groenland. Peary vend les morceaux pour 40 000 $ à l'American Museum of Natural History de New York, où elles sont toujours visibles. Le fragment principal, Ahnighito, mesurant 3,4 m de long sur 2,1 de large et 1,7 de haut, est installé dans le hall Arthur Ross. Plus grosse météorite jamais transportée, elle nécessite la construction d'un support spécial directement placé sur le substrat rocheux sous le musée.

Découvertes ultérieures[modifier | modifier le code]

En 1963, un 4e fragment important est découvert par Vagn F. Buchwald près d'Agpalilik. Cette météorite, nommée Agpalilik ou l'Homme, pèse 20 t et est exposée au Musée géologique de l'Université de Copenhague, au Danemark.

D'autres fragments plus petits sont également découverts au fil du temps, comme Savik I en 1911 (3 t) et Tunorput en 1984 (250 kg).

Fragments[modifier | modifier le code]

Les fragments les plus importants de Cap York ont chacun leur nom.

Fragment Masse (kg) Date de découverte Lieu de découverte Géolocalisation
Ahnighito (la Tente) 30 900 1884-1897 Meteorite Island 76° 04′ N 64° 58′ O / 76.067, -64.967
La Femme 3 000 1897 Saveruluk 76° 09′ N 64° 56′ O / 76.15, -64.933
Le Chien 400 1897 Saveruluk 76° 09′ N 64° 56′ O / 76.15, -64.933
Savik I 3 400 1913 Savequarfik 76° 08′ N 64° 36′ O / 76.133, -64.6
Thulé 48 1955 Thulé 76° 32′ N 67° 33′ O / 76.533, -67.55[5]
Savik II 8 1961 Savequarfik 76° 08′ N 64° 36′ O / 76.133, -64.6
Agpalilik (l'Homme) 20 000 1963 Agpalilik 76° 09′ N 65° 10′ O / 76.15, -65.17
Tunorput 350 1984

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Cape York », The Meteoritical Society (consulté le 7 décembre 2009)
  2. (en) « Discovery of Cape York (Agpalilik) Iron Meteorite, Northwest Greenland », Meteoritical Bulletin, n° 28, Moscou,‎ 1963 (consulté le 7 décembre 2009)
  3. (en) T. A. Rickard, « The Use of Meteoric Iron », The Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland, vol. 71, no 1/2,‎ 1941, p. 55–66 (DOI 10.2307/2844401, lire en ligne)
  4. V. F. Buchwald, « On the Use of Iron by the Eskimos in Greenland », Materials Characterization, vol. 29, no 2,‎ 1992, p. 139–176 (DOI 10.1016/1044-5803(92)90112-U)
  5. Meteoritical Bulletin Database: Thule