Météorite d'Orgueil

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Météorite d'Orgueil
Météorite d'Orgueil
Météorite d'Orgueil
Caractéristiques
Type Chondrite
Classe Chondrite carbonée
Groupe CI1
Observation
Localisation Orgueil
Coordonnées 43° 54′ 19″ N 1° 24′ 43″ E / 43.9052777778, 1.4119444444443° 54′ 19″ Nord 1° 24′ 43″ Est / 43.9052777778, 1.41194444444  
Chute observée Oui
Date 1864
Découverte 1864
Masse totale connue 14 kg

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Météorite d'Orgueil

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Météorite d'Orgueil

La météorite d'Orgueil est une météorite qui s'est écrasée le 14 mai 1864 dans un champ de la commune d’Orgueil. C'est une chondrite carbonée de type CI1 et d'une masse de 14 kg.

Un morceau de la météorite d'Orgueil est exposé au muséum d'histoire naturelle de Montauban[1]. D'autres sont exposés dans certains des plus grands musées d'histoire naturelle du monde, tels le musée d'histoire naturelle de Londres, le muséum américain d'histoire naturelle de New York ou le muséum d'histoire naturelle de Paris qui en possède un fragment qui pèse plus de 10 kilogrammes[2].

C'est une météorite d’une espèce très rare : en effet seules sept de cette nature sont connues dans le monde, celle d’Orgueil étant la plus grosse. Elle contient entre autres un gaz rare, le xénon HL, et des poussières de diamants. C'est la première météorite dans laquelle on a retrouvé des acides aminés extraterrestres, donnant crédit à la théorie de la panspermie[3].

Chute[modifier | modifier le code]

Sa chute le 14 mai 1864 est vue par des milliers de personnes depuis le nord de la France jusqu'au nord de l'Espagne. De nombreux témoignages sur le bolide qui a explosé dans un grand fracas sont publiés dans les journaux et les compte-rendus d'académies, ces dernières obtenant rapidement des échantillons afin de les analyser. Ainsi Gabriel Auguste Daubrée ou le chimiste François Stanislas Cloez (en) montrent en 1864 que la pierre est riche en matière organique tandis que Marcelin Berthelot précise en 1868 qu'elle contient une importante proportion d'hydrocarbures, d'où l'idée qu'elle puisse contenir des germes de vie[4]. Daubrée confie au commandant Laussedat, professeur à l'École polytechnique, la tâche de retracer la trajectoire en 1867[5].

Le point d'entrée de l'atmosphère du météoroïde a été déterminé à environ 70 km de hauteur, le bolide effectuant une traînée lumineuse sur une distance de 150 km avec un angle de 20° à son entrée atmosphérique. Sa vitesse a été estimée à 20 km/s, vitesse typique d'un météoroïde[6].

Études contemporaines[modifier | modifier le code]

Des fragments de cette météorite ont été envoyés dans le monde entier pour servir à de nombreuses études scientifiques, comme l'étude de la composition du soleil, et plus généralement celle de l'univers avant la naissance du système solaire.

La présence de graines enfouies dans la matrice d'un des échantillons, découvertes en 1961 par le professeur de chimie Bartholomew Nagy et le microbiologiste George Claus, s'est révélée être le résultat d'un canular, réalisé au siècle dernier dans le but de tromper les scientifiques de l'époque (contamination, probablement de façon intentionnelle, par des pollens, pour faire croire à l’existence de vie extraterrestre), comme le révèle le professeur Edward Anders en 1963[7].

Les études portant sur la météorite d'Orgueil continuent de nos jours :

  • 2001 : des études ont été réalisée par une équipe de chercheurs de trois laboratoires : l'Institut d'océanographie Scripps (Californie), l'observatoire de Leyde (Pays-Bas) et le Ames Research Center de la NASA.
  • 2 août 2004 : lors du Symposium international des sciences et techniques optiques qui s'est tenu à Denver au Colorado, Richard B. Hoover (NASA/NSSTC) a utilisé des images de la météorite d'Orgueil lors d'une conférence intitulée Instruments, methods, and Missions for Astrobiology VIII. La plupart des images de la météorite avaient été obtenues entre le 21 et le 23 juillet 2004 dans le centre spatial de la NASA de Huntsville (Alabama).
  • 2006 :
    • la mission Stardust est de retour après 7 années dans l'espace. Cette sonde rapporte sur terre quelques poussières de la comète Wild 2. Quelques laboratoires triés sur le volet dans le monde entier vont recevoir quelques grains pour les étudier et vérifier des théories. Au muséum d'histoire naturelle de Paris, les cosmochimistes pourront ainsi vérifier si Orgueil était ou non un morceau de comète en comparant la composition de la poussière de comète et la météorite Orgueil
    • l'orbite reconstituée de la météorite (orbite de relativement courte période qui fait partie de la famille JFC[8]) montre qu'elle est compatible avec une origine cométaire[6]
  • 2010 : l'analyse de sa composition isotopique révèle un excès de 54Cr, attestant de son origine pré-solaire, plus exactement lors de l'explosion d'une supernova proche et peu de temps avant la naissance du Soleil. Cette supernova serait donc une de celles dont l'onde de choc aurait contribué à la condensation de la nébuleuse pré-solaire[9],[10].
  • 2011 : Richard Hoover, astrobiologiste à la NASA, affirme avoir découvert des traces fossiles de bactéries dans la météorite. La NASA s'est désolidarisée de son chercheur[11].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Orgueil fête les 150 ans de la chute de la météorite », sur La Dépêche du Midi,‎ 28 avril 2014
  2. « 150 ans de la chute de la météorite d’Orgueil : retour sur l’histoire d’une roche exceptionnelle », sur Muséum d'histoire naturelle de Paris,‎ 5 mai 2014
  3. Alain Carion, « La chasse aux météorites », émission sur Ciel et Espace, 3 septembre 2009
  4. (en) Joseph Seckbach, Genesis - In The Beginning. Precursors of Life, Chemical Models and Early Biological Evolution, Springer,‎ 2012, p. 551
  5. (en) Thomas Lamb Phipson, Meteors, Aerolites, and Falling Stars, L. Reeve & Company,‎ 1867, p. 72
  6. a et b (en) Matthieu Gounelle, Pavel Spurný, Philip A. Bland, « The orbit and atmospheric trajectory of the Orgueil meteorite from historical records », Meteoritics & Planetary Science, vol. 41, no 1,‎ janvier 2006, p. 135–150 (DOI 10.1111/j.1945-5100.2006.tb00198.x)
  7. (en) Paul Davies, The Origin of Life, Penguin UK,‎ 2006, p. 221
  8. Jupiter Family Comet
  9. « La météorite d'Orgueil livre un nouveau secret », Communiqués de presse, CNRS,‎ septembre 2010 (consulté le 2010-09-13)
  10. (en) Nicolas Dauphas, Laurent Remusat, James Chen, Mathieu Roskosz, Dimitri Papanastassiou et Julien Stodolna, « Neutron-rich chromium isotope anomalies in supernova nanoparticles », Astrophysical Journal, vol. 720, no 2,‎ 10 septembre 2010, p. 1577-1591 (DOI 10.1088/0004-637X/720/2/1577, lire en ligne [PDF])
  11. (en) « NASA shoots down alien fossil claims », ABC News,‎ 7 mars 2011 (lire en ligne)