Météorite d'Ensisheim

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Météorite d’Ensisheim
Le reste de la météorite, au musée d'Ensisheim
Le reste de la météorite, au musée d'Ensisheim
Caractéristiques
Type Chondrite ordinaire
Groupe LL6
Observation
Localisation Ensisheim
Coordonnées 47° 51′ 59″ N 7° 21′ 11″ E / 47.8664, 7.3531 ()47° 51′ 59″ Nord 7° 21′ 11″ Est / 47.8664, 7.3531 ()  
Chute observée Oui
Date 7 novembre 1492
Découverte 1492
Masse totale connue 135 kg

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Météorite d’Ensisheim
Der Donnerstein von Ensisheim, un tract de Sébastien Brant à propos de la chute de la météorite, de 1492

La chute de la météorite d'Ensisheim est la plus ancienne répertoriée[1] en Europe. Appelée « pierre du tonnerre d'Ensisheim » lors de sa découverte, il s'agit d'une météorite du groupe des chondrites à olivine et hypersthène, du groupe LL6.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le matin du 7 novembre 1492 [2], une météorite de pierre de 127 kg est entrée à grande vitesse dans l'atmosphère terrestre. La météorite a laissé derrière elle une vive trainée lumineuse, avant de s'écraser dans un champ de blé, à proximité de la ville d'Ensisheim.

Un jeune garçon, seul témoin de cette chute, conduit les gens jusqu'au point de chute marqué par un cratère de deux mètres de diamètre. Ils prélèvent des fragments de cette météorite, dont le poids est estimé à 135 kg, en guise d'amulette porte bonheur. Le bailli fait cesser ce pillage et, suite à la visite du roi allemand Maximilien Ier qui voit dans la pierre un signe divin de bon augure, fait suspendre la météorite par une chaîne dans le chœur de l'église paroissiale. Elle y reste jusqu'en 1793, date à laquelle les autorités la mettent à la vue du public dans la Bibliothèque nationale de Colmar. De nombreux prélèvements sont réalisés : cadeaux pour des visiteurs d'importance, spécimen à analyser pour Ernst Chladni. En 1803, la ville d'Ensisheim la récupère et la replace dans son église. Le 6 novembre 1854, l'église voit son clocher s'effondrer. La météorite est alors remisée à l'école, puis à l'Hôtel de la Régence devenu par la suite la mairie[3]. À la Libération de la France, des conseillers scientifiques accompagnant l'armée américaine tentent de la racheter, mais le maire de Colmar refuse[4].

Elle a été divisée en plusieurs morceaux qui se trouvent aujourd'hui pour la plupart d'entre eux dans des musées. Un morceau de 55,75 kg (taille : 32 cm de haut pour 28 cm de large) resta à la commune, il est exposé depuis 1992 au musée de la Régence (musée municipal d'Ensisheim)[5] : on peut notamment voir des plaques noires correspondant à sa croûte de fusion[1].

L'événement qui a rapidement gagné en notoriété a été relaté par de nombreux auteurs, c'est la première chute observée d'une météorite depuis l'invention de l'imprimerie. Albrecht Dürer a reporté ses observations sur un dessin en couleurs. Sébastien Brant a fait compte- rendu dans un « tract » (poèmes en l'honneur du roi allemand Maximilien Ier) sur cette « pierre de tonnerre »[6].

L'avant-dernier week-end de juin de chaque année est organisé à Ensisheim, par la Confrérie Saint-Georges des Gardiens de la Météorite d’Ensisheim, la « Bourse aux météorites », unique bourse-exposition internationale consacrée aux météorites[7].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Gerald Joseph Home McCall, A. J. Bowden, Richard John Howarth, The History of Meteoritics and Key Meteorite Collections : Fireballs, Falls and Finds, Geological Society,‎ 2006, p. 17
  2. Otto Buchner: Die Feuermeteore, Page 34. Edition 1859.
  3. Description rapide et historique
  4. Alain Carion, « La chasse aux météorites », émission sur Ciel et Espace, 3 septembre 2009
  5. Créé pour le cinq centième anniversaire de la chute de la météorite.
  6. Charles-Laurent Salch, Imagiers des châteaux et remparts d’Alsace, vol. 1, Strasbourg, Châteaux-forts d'Europe-Castrum Europe,‎ 2011, 160 p. (ISSN 1253-6008)
    N°53/54/55 2010. TOME 1 : A – F : Ensisheim, gravure sur bois, de Sébastien Brant, 1492, chute d’une météorite, p. 67
  7. « Expo-bourse aux Météorites », sur Journal des spectacles,‎ juin 2009