Mérytrê-Hatchepsout

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Mérytrê-Hatchepsout
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Mérytrê-Hatchepsout (L’Aimée de Rê, Première parmi les Nobles Dames) est la grande épouse royale du pharaon Thoutmôsis III – elle fut la seconde à porter le titre après Satiâh – et la mère du pharaon Amenhotep II.

Son nom n'implique pas nécessairement un lien de parenté avec la reine homonyme Hatchepsout.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Mérytrê-Hatchepsout
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Père inconnu Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Hatchepsout ou Houy ? Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari Thoutmôsis III Enfant(s) Amenhotep II
Mérytamon
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Unie au pharaon Thoutmôsis III, elle lui donne deux enfants au moins, Amenhotep II et Mérytamon. Les inscriptions rapportées sur la statue de Houy, possible mère de Mérytré-Hatchepsout, nomment plusieurs de ses petits-enfants et permettent donc de suggérer que d’autres enfants royaux naquirent de cette union.

Origine discutée[modifier | modifier le code]

Elle est considérée par de nombreux spécialistes comme la fille cadette de Thoutmôsis II et d'Hatchepsout[1], sur la base de deux témoignages contemporains :

  • celui Ahmès Pen-Nekhbet, qui évoque l’aînesse de Néférourê[2],[3]
  • celui de Senmèn, « Assistant de Sénènmout[4], Gouverneur du Palais de la fille royale, « Père nourricier et Tuteur de l'Épouse du dieu Néférourê » qui se déclare également « Père nourricier de l'Épouse du dieu Hatchepsout »[5].

Mais si ces témoignages semblent indiscutables pour certains, ils ne sont pas déterminants pour plusieurs spécialistes : l’aînesse de Néférourê pourrait faire référence à son jeune demi-frère Thoutmôsis III. Quant au témoignage de Senmèn, certains spécialistes relèvent une erreur de lecture, en la corrigeant par : « Père nourricier de la fille de l'Épouse du dieu Hatchepsout », c'est-à-dire Néférourê[6].

Plusieurs indices permettent de lui attribuer une origine différente : outre le fait que Mérytrê-Hatchepsout ne soit représentée sur aucun des monuments ni nommée sur aucune inscription datant du règne d'Hatchepsout, elle ne porta également jamais les titres de Fille du roi, ou de Sœur du roi.

Elle serait alors la fille d’une dame Houy[7], dont le haut lignage est attesté par ses nombreux titres : Supérieure des Recluses d’Amon[8], Supérieure des Recluses du temple de Rê, Divine Adoratrice d’Amon, Divine Adoratrice dans le Temple d’Atoum. La statue représentant cette femme éminente[9] la qualifie de « mère d'une épouse du dieu et d'une grande épouse royale », cumul de titres que Mérytrê Hatchepsout est seule à porter sous le règne autonome du troisième Thoutmôsis. Sur la statue sont nommés plusieurs de ses petits-enfants, dont certains peuvent être rapprochés des enfants avérés du couple royal.

Aucune de ces deux hypothèses ne fait encore l'unanimité[10] en l'absence de nouvelles découvertes.

Une épouse estimée[modifier | modifier le code]

Le nom de Mérytrê n'apparaissant pas dans l'Akhmenou, la « Salle des fêtes » édifiée par Thoutmôsis III à Karnak, on peut supposer qu'elle devint la nouvelle grande épouse royale du règne vers l’an 30 du règne, succédant à Satiâh.

Elle reçoit en outre les titres d'Épouse du dieu, de Main du dieu, Princesse héréditaire, Maîtresse des Deux Terres, et enfin, Mère du roi sous le règne d'Amenhotep II.

Elle figure fréquemment dans les temples ou constructions royales[11], officiant à côté du roi, ainsi que dans des inscriptions dédiées par des particuliers. Sur la statue de Néferperet, l'échanson du roi, elle est qualifiée de « souveraine des épouses royales »[12].

Mère de l'héritier au trône, Mérytrê est représentée en première parmi les épouses royales dans la tombe de Thoutmôsis III (KV34), et reçoit l'exceptionnel privilège d'être intégrée dans le cycle solaire figuré sur les parois de la tombe, à deux reprises[13].

Mérytré-Hatchepsout survit à son époux, et meurt durant le règne de son fils Amenhotep II, sans qu'il soit possible d'en préciser la date.

Sépulture[modifier | modifier le code]

À partir de la quatrième décennie de son règne, Thoutmôsis III fait creuser une sépulture pour Mérytré-Hatchepsout dans la vallée des rois. Il s'agit de la tombe KV42, dont les dépôts de fondation attestent qu'elle en fut bien la bénéficiaire.

La tombe accueillit finalement un haut dignitaire, Sennefer, maire de Thèbes, et ses proches, et la momie de Mérytrê-Hatchepsout n'a pour l'instant pas été identifiée.

Il est possible que son fils Amenhotep II ait finalement décidé de l'inhumer ailleurs.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle serait restée, selon cette hypothèse, dans l'ombre durant tout le règne de sa mère et le début du règne autonome de Thoutmôsis III
  2. J'ai élevé sa fille aînée, la princesse Néférourê (juste de voix), alors que, enfant, elle était encore au sein
    Kurt Sethe, Urkunden der 18. Dynastie IV, p. 34, I. 16-17
  3. James Henry Breasted, Ancient Records of Egypt II, § 344
  4. Dont une brique, dans sa première tombe dit qu'il « occupa un poste auprès de la plus jeune fille Hatchepsout, aussi bien que pour l'aînée Néférourê », Flinders Petrie, A History of Egypt II. During the XVIIth and XVIIIth Dynasties, pages 78 et 90.
  5. Urk. IV, 418, I. 16
  6. Michel Gitton, Les divines épouses, pages 71-72 ; et Florence Maruéjol, Thoutmôsis III et la corégence avec Hatchepsout, page 30.
  7. Ibid
  8. Elle est la première femme attestée à porter ce titre.
  9. Conservée au British Museum (EA 1280)
  10. Christiane Desroches Noblecourt évoque sa filiation avec l'Adoratrice d'Amon Houy dans La femme au temps des pharaons, page 84, de qui elle aurait hérité de sa charge d'Épouse du dieu, mais la qualifie de fille de la reine Hatchepsout dans La reine mystérieuse, Hatchepsout, pages 58-59. Mais elle précise, dans ce dernier ouvrage, que si "les témoignages de ses contemporains semblent indiscutables" (...) "un mystère subsiste, cependant".
  11. comme la chapelle d'Hathor du Château des Millions d'Années de son époux à Deir el-Bahari, aujourd'hui exposée au musée du Caire
  12. Florence Maruéjol, Thoutmôsis III et la corégence, page 105
  13. Seul le nom de Mérytrê apparaît dans la tombe, Hatchepsout est omis à chaque occurrence

Bibliographie[modifier | modifier le code]