Mérinos de Rambouillet

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Mérinos de Rambouillet
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Bélier Mérinos de Rambouillet
Bélier Mérinos de Rambouillet

Espèce Mouton (Ovis aries)
Région d’origine
Région Rambouillet, France
Caractéristiques
Taille Moyenne
Robe Blanche, rares taches marrons
Autre
Diffusion Locale
Utilisation Laine; viande

Le Mérinos de Rambouillet est une race ovine originaire d'Espagne, d'où elle a été importée en 1786. Elle n'a depuis reçu aucun apport d'autres troupeaux, et est élevée dans une consanguinité raisonnée à la Bergerie nationale de Rambouillet, où l'on compte à l'heure actuelle environ 150 brebis et 20 béliers. Spécialisée dans la production de laine fine, cette race a été utilisée de manière intensive entre 1850 et 1930 pour améliorer les aptitudes lainières de diverses races de brebis, en France et ailleurs dans le monde.

Origine[modifier | modifier le code]

D'origine espagnole, cette race a été importée à Rambouillet en 1786. L'acquisition du premier troupeau par Louis XVI fit l'objet d'une clause secrète dans un traité avec l'Espagne[1]. Philibert Chabert, directeur de l'École vétérinaire d'Alfort contribua à leur acclimatation. Plusieurs riches éleveurs achetèrent des animaux pour se livrer à leurs propres essais d'acclimatation, notamment Jean Chanorier, Jean-Marie Heurtault de Lamerville, et Louis Silvy.

Il n'existe aujourd'hui qu'un seul troupeau en France : celui de la bergerie nationale de Rambouillet, mais cette race a grandement servi au cours du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle à améliorer les troupeaux français et étrangers[2].

Description[modifier | modifier le code]

Le Mérinos de Rambouillet a une tête fine et courbe. Son nez est surmonté de plusieurs plis et ses oreilles sont courtes et horizontales. Le corps est trapu, avec des membres forts et des gigots assez épais[2]. Sa laine blanche est abondante, fine, élastique et résistante. La toison, qui pèse jusqu'à 8 kg chez les béliers, recouvre tout le corps à l'exception des extrémités de la tête et des membres. Les mâles ont de grandes cornes spiralées à section triangulaire alors que les femelles en sont dépourvues.

Les béliers mesurent 70 à 75 cm au garrot pour 70 à 90 kg, tandis que les brebis mesurent entre 60 et 65 cm pour un poids variant entre 45 et 60 kg[2].

Aptitudes[modifier | modifier le code]

Le Mérinos de Rambouillet est un mouton rustique, très bien adapté aux climats secs[3]. Les brebis se désaisonnent naturellement. Elles ont une prolificité médiocre de 1,2 agneaux par portée, et les agneaux ont une croissance assez faible, qui dépasse tout juste 200 g par jour entre 10 et 30 jours. Par contre, il produit une laine de très bonne qualité, aux mèches blanches homogènes, élastiques et résistantes, mesurant entre 60 et 70 mm. La finesse moyenne de la laine se situe entre 18 et 22 microns[4].

Sélection[modifier | modifier le code]

La race est actuellement gérée par la bergerie nationale de Rambouillet, où elle est présente depuis 1786. Du fait du très faible nombre d'animaux, la variabilité génétique et très faible et les accouplements se font dans une certaine consanguinité, qu'on essaie de contrôler le mieux possible[3]. Depuis 2005 l'INRA participe à la gestion des accouplements, suite à ces travaux sur la variabilité génétique au sein du troupeau. C'est également à cette date qu'ont été mises en place les mesures de cryoconservation des embryons. La valeur patrimoniale de cette race est très importante, d'où l'intérêt de tous les organismes concernés par la génétique animale de la préserver[5].

Diffusion[modifier | modifier le code]

L'intégralité du troupeau se trouve à la bergerie nationale de Rambouillet, mais au cours de l'histoire les béliers ont été très largement utilisés pour améliorer la production lainière d'autres races ovines en France et dans le monde entier comme en Australie, en Amérique latine et en Europe de l’Est[3]. Le troupeau compte aujourd'hui 150 femelles et 20 béliers, soit moitié moins que lors de sa création où l'on comptait 358 femelles et 52 mâles[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Bourgoing, Tableau de l'Espagne moderne, Paris, 1807, t. I, p. 75 et sq. (lire en ligne)
  2. a, b et c Daniel Babo, Races ovines et caprines françaises, France Agricole,‎ 2000, 302 p. (ISBN 2855570549 et 9782855570549, lire en ligne)
  3. a, b et c « race ovine Mérinos de Rambouillet », France Upra Sélection (consulté le 14 septembre 2009)
  4. « La race Mérinos de Rambouillet » (consulté le 14 septembre 2009)
  5. « Un plan de sauvegarde pour le Mérinos de Rambouillet » (consulté le 14 septembre 2009)
  6. « Le Mérinos de Rambouillet : un patrimoine génétique national qu’il faut savoir gérer » (consulté le 15 septembre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Mérinos de Rambouillet

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Institut national de recherches et d'applications pédagogiques, La Bergerie nationale de Rambouillet : histoire du mérinos et d'une école : 1786-1986,‎ 1986, 150 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]