Ménologe

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Page du ménologe de l'empereur Basile II représentant le baptême du Christ (XIe siècle), bibliothèque vaticane

Le Ménologe est à l’origine un livre liturgique qui vient de la tradition orientale du christianisme. C’est un recueil de listes mensuelles de fêtes liturgiques à célébrer. Il contient les fêtes fixes du calendrier byzantin. Au départ: les différentes fêtes du Christ, auxquelles s’ajoutent au fil des années et siècles les fêtes de la Vierge Marie et des saints.

Le mot ménologe[1] vient du grec mênologion formé par mênos, mois, et logos, discours = tableau des mois, qui est un calendrier martyrologe de l'église orthodoxe grecque. Il est équivalent à un martyrologe des Latins.

Origine : les ménologes orientaux[modifier | modifier le code]

Syméon Métaphraste, un haut fonctionnaire à la cour de l’empereur de Constantinople (Xe siècle), est considéré comme le père du grand Ménologe oriental. À la demande de l'empereur il rassemble des "vies de saints" et textes biographiques épars, pour les réécrire (les méta-phraser: d’où son surnom) en une langue grecque plus élégante et adaptée aux goûts raffinés de la cour impériale. Il cherche à édifier spirituellement, en un style agréable à la lecture. Son travail est organisé suivant le calendrier des fêtes et commémorations des saints: il produit ainsi une œuvre monumentale de dix volumes. Le ménologe, en Orient est un livre essentiellement liturgique : une page en était lue (correspondant aux saints commémorés ce jour-là) durant un des offices de la journée. Le ménologe de Syméon eut un grand succès et resta la référence durant des siècles en Orient.

Évolution en Occident[modifier | modifier le code]

En Occident, à cette époque on parle plutôt de ‘martyrologe’ : chaque église locale a le sien. Mais les communautés monastiques commencent à développer leur ménologe propre. Vers le IXe siècle déjà, dans les monastères, durant l’office de prime, on annonce les saints dont la fête sera célébrée le lendemain. Se développe ainsi un martyrologe historique : aux saints locaux sont ajoutés ceux des églises voisines et de l’église universelle. Des notices biographiques étoffent progressivement la récitation monotone des noms. Le martyrologe officiel de l’église catholique latine ne sera publié qu’au XVIe siècle : il comprend non seulement ceux qui ont donné leur vie pour le Christ mais également les autres témoins de la foi : confesseurs, vierges, fondateurs d’ordres, etc. Le mot ‘martyr’ est alors à prendre au sens originel du grec ancien, c’est-à-dire de "témoin" de la foi.

Ménologe des familles religieuses[modifier | modifier le code]

Il existait depuis des siècles des Vitae patrum qui circulaient dans les monastères et couvents, ainsi que des notices biographiques de personnes édifiantes, mais ces textes servaient à la dévotion privée et n’avaient pas de caractère liturgique. À partir du XVIe siècle cependant les congrégations religieuses commencent à constituer leur ménologe, en vue de commémorer fondateurs, saints et autres personnages important de leur histoire. Dès 1600 la Compagnie de Jésus a son ménologe, lu chaque jour à la fin du repas de midi (les jésuites ne récitant pas l’office divin en commun).

Les ménologes privés se développant rapidement en marge du martyrologe officiel de l’Église. Le pape Urbain VIII estime nécessaire en 1617 d’interdire de donner le titre de "saint" ou de "martyr" à des personnes auxquelles l’Église ne les a pas encore attribués.

Le ménologe bénédictin de 1655 comprend 44 022 noms ! Les chartreux, dominicains, carmes rappellent également le grand nombre de leurs saints et martyrs. Progressivement, de simple liste liturgique le ménologe est devenu proclamation publique (en communauté) de courtes vies édifiantes, dont le rappel est lié à un calendrier liturgique. C’est un appel à l’imitation.

  • Catalogo d'alcuni martiri ed altri uomini più illustri in santità della Compagnia di Gesù, Roma, 1619.
  • Menologium carmelitarum de Saraceno, Bologne, 1627.
  • Menologium cisterciense de Henriquez, Anvers, 1630.
  • Martyrologium franciscanum d'Arthur du Moustier, Paris, 1638.
  • Menologium benedictinum de Bucelin, Feldkirch, 1655.
  • Annus dierum memorabilium Societatis Iesu de Nadasi, Anvers, 1665.

Les Années saintes pour les laïcs[modifier | modifier le code]

Pour accompagner le développement de la spiritualité laïque au XVIIe siècle, et répondre à la demande croissante de livres de dévotions, apparaissent des Années liturgiques, des Éphémérides et autres ménologes présentant un saint chaque jour avec une réflexion morale ou spirituelle tirée de sa vie ou de ses écrits. Parmi les plus connus :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • DELEHAYE, Hippolyte: Les ménologes grecs, dans Analecta Bollandiana, 1897.
  • QUENTIN, H.: Les martyrologes historiques, Paris, 1908.
  • NORET, Jacques: Ménologes, synaxaires, ménées. Essai de clarification d’une terminologie, in Analecta Bollandiana, vol.86, 1968, pp. 21-24.
  • BOTTEREAU, Georges: Article Ménologe, dans le Dictionnaire de spiritualité, vol.10, colonnes 1024-1027.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Google Livres : Jean Baptiste Glaire, Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques. Tome second, Librairie Poussielgue Frères, Paris, 1868

Liens internes[modifier | modifier le code]