Mémoires d'Hadrien

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Mémoires d'Hadrien
Image illustrative de l'article Mémoires d'Hadrien
Buste d'Hadrien

Auteur Marguerite Yourcenar
Genre Roman historique, pseudo-mémoires
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Éditions Plon
Date de parution 1951
Nombre de pages 323

Mémoires d'Hadrien est un roman historique de l'écrivaine française Marguerite Yourcenar, publié en 1951. Ces pseudo-mémoires de l'empereur romain Hadrien rencontra immédiatement un extraordinaire succès international et assura à son auteur une grande célébrité.

Le livre se présente comme la longue lettre d'un empereur vieillissant à son petit-fils adoptif de 17 ans et éventuel successeur, Marc Aurèle. L'empereur médite, rappelant à sa mémoire ses triomphes militaires, son amour de la poésie et de la musique, sa philosophie, et sa passion pour son favori, le jeune Bythinien Antinoüs.

Le roman[modifier | modifier le code]

Écrit dans un style dense témoignant d'une bonne connaissance des sources, ce roman philosophico-historique est une méditation de l'empereur à la fin de sa vie, sous forme d'une longue lettre adressée, depuis sa villa à Tibur, au futur Marc Aurèle : il retrace les principaux événements de son existence, qui fut la plus libre et la plus lucide possible.

Le projet initial de Marguerite Yourcenar, alors qu'elle n'avait qu'une vingtaine d'années, était d'écrire un texte sur l'empereur Hadrien dont le narrateur aurait été son favori Antinoüs. Les différentes versions de cette première ébauche, datant de 1924 à 1929[1], ont été détruites par la future académicienne après les refus de plusieurs éditeurs. Quand elle reprend, un quart de siècle plus tard, son projet de jeunesse, la perspective s'est inversée : c'est Hadrien qui tient le stylet et qui raconte sa vie et sa passion pour le jeune Bithynien, au travers du filtre de la douleur causée par la mort de celui-ci.

Le contexte d'écriture[modifier | modifier le code]

Marguerite Yourcenar a indiqué dans ses Carnets de notes de « Mémoires d'Hadrien » qu'une citation de la correspondance de Gustave Flaubert était à l'origine de son désir de réécrire ce livre :

« Les dieux n'étant plus et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. »

Cela l'intriguait car elle entrevoyait un parallèle entre cette époque et le monde d'après-guerre.

L'auteur dit aussi avoir hésité un moment entre les mémoires de l'empereur romain Hadrien et ceux du poète et mathématicien Omar Khayyam. En fait Hadrien, Omar Khayyam ou le héros Zénon de L'Œuvre au noir se présentent comme des personnages lucides, tolérants et désabusés tant sur la condition humaine que sur les illusions dont l'humanité semble ne pouvoir se passer.

Un roman historique ?[modifier | modifier le code]

Sculpture Antinoüs, l'amant d'Hadrien.

Marguerite Yourcenar explique le long travail d'érudition et de romancière qu'elle a mené pour écrire les Mémoires d'Hadrien dans le « carnet de notes » qui accompagne la plupart des éditions, et explique qu'elle a cherché à se rapprocher le plus possible du personnage et de l'ambiance historique : « Si j'ai choisi d'écrire ces Mémoires d'Hadrien à la première personne, c'est pour me passer le plus possible de tout intermédiaire, fût-ce de moi-même. »

Elle est cependant consciente des écueils : « Quoi qu'on fasse, on reconstruit toujours le monument à sa manière. Mais c'est déjà beaucoup de n'employer que des pierres authentiques. »

Jugement d'historiens[modifier | modifier le code]

  • Selon André Chastagnol, « le portrait que trace de lui Marguerite Yourcenar correspond sans aucun doute à ce que les sources nous apprennent[2]. »
  • Pour Paul Petit, « Mme Yourcenar a déployé pour le peindre des trésors de psychologie et une bonne connaissance des sources sans prétendre à la vérité historique[3]. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Ce roman est inclus dans la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps, établie en 2002 par le Cercle norvégien du livre, à partir des propositions de 100 écrivains issus de 54 pays différents.

Autour de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Suite d'Hadrien : œuvre pour piano écrite en 1988 par le compositeur interprète Frédéric Rossille pour la Cantate d'Antinoüs (adaptation théâtrale des Mémoires d'Hadrien par le metteur en scène Eric Podor).
  • Villa Adriana : suite instrumentale, publiée sous forme de compact-disc en 2000 (Rêves Magiques CD 003) par le compositeur interprète Frédéric Rossille.
  • L'Eau d'Hadrien (1988), parfum d'Annick Goutal créé en inspiration du roman.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Carnets de notes de « Mémoires d'Hadrien », Marguerite Yourcenar.
  2. En page 9 de son introduction sur la vie d’Hadrien, Histoire Auguste, traduction d'André Chastagnol, éditions Robert Laffont, 1994 (ISBN 2-221-05734-1)
  3. P. 160 de son Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974 (ISBN 2020026775)

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