Mégacryométéore

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Les mégacryométéores (parfois nommés, à tort, méga(-)cryo(-)météorites) sont des blocs de glace de grande taille se formant sous l'action atmosphérique et causant d'énormes dégâts lors de leur chute. Il est important de les distinguer des grêlons de grande taille, car bien que ceux-ci partagent des similitudes hydro-chimiques et de texture, ils sont formés sous des conditions atmosphériques bien différentes. En effet, les mégacryométéores n'apparaissent pas lors d'orages, mais souvent après plusieurs jours ensoleillés, sans qu'il y ait eu présence de nuage dans le ciel. Le plus étonnant de ce phénomène, c'est que ces blocs de glace ne tombent pas en pluie, mais un à la fois, souvent à des laps de temps tout à fait éloignés, ce qui ne les empêche pas de causer des ravages lors de leur collision avec le sol et d'être potentiellement mortels.

Masse[modifier | modifier le code]

Les mégacryométéores mesurent entre 20 et 45 centimètres de diamètre environ. Elles sont généralement de la taille d'un ballon de Basket-ball, mais la variation peut être énorme. Leur poids varie également énormément et peut aller de 0,5 kilogramme à plusieurs dizaines de kilogrammes, comme dans le cas d'un méga-cryo-météorite enregistré au Brésil qui pesait plus de 50 kilogrammes[1]. La vue d'un méga-cryo-météorite laisse souvent penser qu'il s'agit d'une météorite dû à la traînée de glace que celle-ci laisse derrière elle en se désagrégeant dans l'atmosphère.

Incidents[modifier | modifier le code]

Les incidents causés par ces blocs de glace sont supposés en hausse. De 1950 à aujourd'hui, une centaine d'incidents ont été rapportés et confirmés, de 2000 à aujourd'hui, plus de 50. Ils peuvent être dangereux comme dans le cas de Danelle Hagon, résidente de Brush au Colorado, États-Unis, qui a vu le toit de sa cuisine défoncé et son four tordu par un bloc de la grosseur d'une boule de bowling. D'autres cas pourraient également être cités, comme celui d'un homme à Tampa en Floride, États-Unis, qui en 2007 lavait sa voiture Ford Mustang quand un mégacryométéore est tombé sur le toit. La voiture a bondi à un mètre du sol et était défoncée.

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Puisque ce phénomène n'est décrit que depuis très récemment, la formation des mégacryométéores est peu connue. Une théorie proposée par un chercheur espagnol veut qu'ils se forment au-dessus des phénomènes météorologiques courants, soit entre la tropopause et la stratosphère. Les vents chauds de la stratosphère mêlés aux vents froids de la troposphère créent de violentes turbulences, ce qui maintient les boules de glace en suspens. Ces vents forment des cristaux de glace que l'humidité fait grossir. Lorsque le bloc de glace devient trop lourd, il chute et percute le sol à plus de 260 km/h. Dans cette hypothèse le réchauffement climatique pourrait augmenter la sévérité du phénomène, les mégacryométéores risqueraient d'augmenter en nombre et en masse d'année en année[2],[3],[4].

Cependant, cette théorie est très contestée par d'autres spécialistes dans le domaine pour les raisons suivantes[5] :

  • les conditions décrites ne sont pas inhabituelles et les mégacryométéores devraient donc être courants car il existe de nombreux noyaux de congélation à cette altitude ;
  • la masse de ces glaçons est trop grande pour l'humidité disponible à cette altitude par ciel dégagé. De plus, les mouvements verticaux non reliés avec des orages n'y sont pas assez importants pour maintenir en l'air de si gros blocs qui prennent un long temps de formation ;
  • leur rareté et l'augmentation des signalements depuis le début de l'aviation n'est qu'anecdotique et est probablement reliée à l'augmentation de la densité de population.

Il est donc également avancé qu'il s'agit probablement d'un bloc de glace formé lors du passage d'un avion dans une couche de givrage et qui s'en est détaché ensuite. Comme il prend un certain temps pour atteindre le sol, l'avion a eu amplement le temps d'être loin à l'horizon avant qu'un observateur note le bloc frappant le sol. Ce dernier pense donc que le bloc de glace tombe d'un ciel dégagé[5]. Les recherches du chercheur espagnol montrent pourtant que le secteur où la première fois un objet de ce type a été détecté n'était pas voisin d'une route aérienne, et des traces d'existence d'un tel phénomène existent avant l'apparition de l'aviation[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • CANAL D. Bizarre ou quoi? épisode 1. Astral Média. Vu le 27 janvier 2011.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. http://jornal.valeparaibano.com.br/1997/07/23/geral/gelo.html
  2. (en) J. Martinez-FrÍas, A. Delgado, M. MillÁn, E. Reyes, F. Rull, D. Travis, R. Garcia, F. LÓpez-Vera et J. A. RodrÍguez-Losada, « Oxygen and Hydrogen Isotopic Signatures of Large Atmospheric Ice Conglomerations », Journal of Atmospheric Chemistry, vol. 52,‎ 2005, p. 185 (lien DOI?)
  3. (en) Jesus Martinez-Frias et Antonio Delgado Huertas, « Megacryometeors: Distribution on Earth and Current Research », AMBIO: A Journal of the Human Environment, vol. 35,‎ 2006, p. 314 (lien DOI?)
  4. (en) Francisco Alamilla Orellana, José Ma Ramiro Alegre, José Carlos Cordero Pérez, Ma Paz Martín Redondo, Antonio Delgado Huertas, Ma Teresa Fernández Sampedro, César Menor-Salván, Marta Ruiz-Bermejo et Fernando López-Vera, « Monitoring the fall of large atmospheric ice conglomerations: a multianalytical approach to the study of the Mejorada del Campo megacryometeor », Journal of Environmental Monitoring, vol. 10, no 4,‎ 2008, p. 570 (liens PubMed? et DOI?)
  5. a et b (en) « What Causes Megacryometeors? », WeatherStreet.com,‎ 2010 (consulté le 2011-03-09)
  6. Great Balls of Ice!, article de Xavier Bosc publié dans la revue Science, Vol 297, 2 août 2002