Médias au Mali

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Au Mali, pays qui a retrouvé la démocratie en 1991, le pluralisme est la règle à travers les différents médias.

Presse écrite[modifier | modifier le code]

Le Mali connaît plusieurs journaux quotidiens ou hebdomadaires. Leur tirage est limité en raison de l’analphabétisme d’une partie importante de la population, du coût mais aussi d’un manque d’habitude, le Mali étant un pays de tradition orale.

Presse écrite en langue française[modifier | modifier le code]

Presse écrite en langue nationale[modifier | modifier le code]

La Radio Jamana à Koulikoro (Mali)
  • Kibaru (Mensuelle d'informations générales en Bambara), créé en 1972
  • Kabaaru (Mensuelle d'informations générales en Peul), créé en 1983
  • Xibaare (Mensuelle d'informations générales en Soninké) créé en 1993
  • Jèkabaara (Mensuelle d'informations générales en Bambara) créé en 1986

Presse écrite spécialisée[modifier | modifier le code]

  • Graine d’espoir, revue mensuelle créée par Mahamane Garba Touré, directeur de publication et rédacteur en chef, soutenu par Ousmane Mamadou, ingénieur agronome et directeur du Centre de formation professionnelle pour la promotion de l’agriculture au Sahel (CFP-PAS) de Gao, dont l’objectif est d’informer les acteurs du monde rural et qui se faire « l’écho des initiatives nationales pour le développement du monde agricole au Mali ». Le premier numéro a été publié en juin 2007. Le tirage est de 1 000 exemplaires[1].

Radio[modifier | modifier le code]

L’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) dispose de deux chaînes de radio, la radio nationale et la chaîne 2 créée en 1993 et diffusée sur la FM.

Il existe environ 150 radios privées, associatives ou communautaires accessible sur la bande FM. Les radios libres se sont développées suite au rétablissement de la démocratie au Mali en 1991.

Le réseau des radios rurales se développe à grande vitesse. L'accès à l'information dans les langues locales a un impact considérable pour les populations en termes de qualité de vie et d'implication dans la gestion des affaires de leurs localités[2]. L'Alliance des Radios Communautaires du Mali (ARCOM) regroupe plusieurs radios réparties sur tout le territoire malien. L’ARCOM vise à développer des liens durables de coopération et de partenariat entre les diverses radios communautaires, associatives et paysannes du Mali d’Afrique et du monde. Notamment au niveau du contenu des émissions et de la technique en favorisant l’échange d’animateurs, techniciens et journalistes entre les stations membres du réseau. L’ARCOM s’appuie sur la longue expérience des radios membres au niveau de la production radiophonique, des échanges interculturels, des capacités de mobilisation qui contribuent à l’éveil de conscience de la population, au partage de connaissances et de compétences pour le développement d’une société civile plus mobilisée.

De plus en plus de radios sont branchées sur Internet, permettant aux journalistes de chercher du contenu, de préparer des émissions à l'intention de leur public, et d'offrir des services à la communauté[3]. La difficulté reste le rendement économique nécessaire pour pérenniser ces centres multimédias ainsi que les coûts des services de maintenance technique pour les radios elles-mêmes. À travers le réseau de l'Union des radiodiffusions et télévisions libres du Mali (URTEL), les radios peuvent se relier entre elles pour couvrir de grands événements, tels que les matchs de football ou le suivi des élections législatives de 1997.

Le président du l'URTEL, Moussa Keïta, rappelle que "Nous aimons à dire dans un slogan que l'Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) est la Voix du Mali et les radios de proximité la Voix des Maliens[4]."

Radio France internationale (RFI) est particulièrement écoutée; ses journaux d’informations sont diffusés par plusieurs radios locales. La BBC et la Voix de l'Amérique sont également disponibles en français en partenariat avec des radios locales.

Il y a aussi la possibilité d'écouter des radios françaises via un abonnement chez Canalsat Horizons.

Enfants regardant la télévision dans un village du Mali

En août 2012, les islamistes du MUJAO proclament l'interdiction de diffuser toute musique profane sur les radios privées installées dans le nord du Mali, où ils entendent appliquer la charia[5].

Télévision[modifier | modifier le code]

L'Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) opère une chaîne de télévision nationale publique : l’ORTM Télévision nationale. Depuis début février 2007, cette chaîne peut également être reçue en Europe via le satellite W3A d'Eutelsat, positionné à 7 degrés est.

TV5 Monde est diffusé par satellite et en hertzien presque partout. Elle est relativement accessible avec une antenne simple.

Une nouvelle chaîne est diffusée à partir de Bamako : "Africable, la chaîne du continent".

Deux sociétés maliennes proposent des bouquets de chaînes variées en réception MMDS, avec accès à des chaînes spécialisées (sports, enfants, informations, films, etc) par abonnements mensuels.

Il y a aussi la possibilité de s'abonner chez Canalsat Horizons pour une réception direct par satellite (RDS différent de MMDS) afin de regarder un grand nombre de chaînes aussi bien d'Afrique que d'Europe avec certaines chaînes en anglais ou en arabe.

Internet[modifier | modifier le code]

Internet a connu plusieurs étapes d'implantation et de test avant d'être réellement lancé au Mali en 1997. À l'époque, cinq "providers" agissaient comme fournisseurs d'accès à internet par l'intermédiaire de la SOTELMA (société des télécommunications du Mali). La connexion est restée longtemps difficile et très coûteuse. Aujourd'hui, il y a un plus grand nombre de fournisseurs d'accès ainsi qu'une société de télécommunication privée Ikatel (appelée actuellement Orange). En 2012, le Mali comptait 2,17% d'internautes[6].

Le service Orange a beaucoup d'offres en matière de connexion Internet, à savoir son live box, evry were, 3g plus ... Tout récemment en début 2011, son rival Malitél se relance à nouveau avec des prix très abordables. Bamako a accueilli la conférence internationale "Bamako 2000 : les passerelles du développement" sur les technologies de l'information durant laquelle l'ancien président de la République du Mali, Alpha Oumar Konaré, a fait la promotion de l'accès à internet dans toutes les communes du Mali. Il y a eu également la "conférence préparatoire africaine au Sommet de la société de l'information" couramment appelé Bamako 2002. Le Mali a aussi présidé la phase préparatoire du Sommet de la Société de l'Information.

De nombreux cybercafés, télécentres, et centres (publics, communautaires ou privés) ont vu le jour depuis 1997 dans la capitale Bamako, comme des commerces de proximité. Plusieurs ont dû fermer leurs portes pour des difficultés de gestion et de coûts fixes élevés pour la connexion. Aujourd'hui, ceux qui se maintiennent ou qui se développent sont ceux qui ont acquis une certaine masse critique (un bon nombre d'appareils, une clientèle régulière) et qui ont su greffer des activités complémentaires comme la formation ou la vente d'équipements.

La plupart des étudiants ont au moins une adresse électronique et peuvent bénéficier d'accès à des coûts relativement accessibles pour des recherches sur Internet. De nombreuses ONG et entreprises locales ont accès à Internet par téléphone (RTC). Les coûts de connexions permanentes par ondes radio restent élevés, mais tendent à diminuer progressivement (100 000 Fcfa par mois pour une organisation, 30 000 Fcfa par mois pour un particulier).

Internet connaît un maillage progressif du territoire. Les capitales régionales ont toutes accès à internet, ainsi que plusieurs villes intermédiaires le long des principaux axes routiers.

Internet se développe aussi en milieu rural par des interactions avec les radios locales.

Les compétences pour la création et la gestion de site Web sont de plus en plus disponibles, mais l'animation et l'entretien des sites varient beaucoup.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Falila Gbadamassi, « Graine d’espoir » : une revue consacrée au monde rural malien, Une parution mensuelle éditée à Gao, Afrik.com, 31 décembre 2008
  2. http://arcom.africa-web.org/
  3. Atelier international sur la radio rurale
  4. L'expérience malienne en matière de radio rurale
  5. Mali : la musique occidentale bannie des ondes, Le Point, 22 août 2012.
  6. Percentage of individuals using the Internet / Union internationale des télécommunications. Consulté le 24 mars 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Perret, « Médias et démocratie au Mali : Le journalisme dans son milieu », Politique africaine, Karthala, no 97,‎ mars 2005, p. 18-32 (ISBN 9782845866454, ISSN 0244-7827, lien DOI?, lire en ligne)
  • Émile A. Tozzo, « La réforme des médias publics en Afrique de l’Ouest », Politique africaine, vol. 1, no 97,‎ 2005, p. 99-115 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]