Lysiane Gagnon
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Lysiane Gagnon (née le 21 juin 1941) est, depuis les années 1960, une journaliste québécoise. Elle est columnist pour le quotidien La Presse de Montréal depuis 1980 et pour le quotidien Globe and Mail de Toronto depuis 1990.
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[modifier] Biographie
D'une famille de deux filles, d'un père pharmacien, elle grandit dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal[1].
Comme plusieurs personnalités aujourd'hui connues, elle fait ses débuts de journaliste pour l'hebdomadaire montréalais Le Petit Journal[2]. Puis, elle est embauchée par La Presse en mai 1962. En 1968, à l'âge de 26 ans, elle publie son premier scoop en dévoilant les principales conclusions de l'un des tomes du rapport de la commission sur le bilinguisme et le biculturalisme[1]. De 1969 à 1975, elle couvre particulièrement le domaine de l'éducation comme journaliste.
En 1974 et 1975, elle est journaliste à temps plein pour Le Jour, un quotidien « indépendantiste, social-démocrate, national et libre », nouveau, auto-géré (les journalistes y déterminent la ligne éditoriale). Puis, elle est courriériste parlementaire de 1975 à 1979, pour le journal La Presse : à la Tribune de la presse de Québec[3], de 1977 à 1979. En 1975, elle reçoit le Prix Olivar-Asselin et, à deux reprises, des (en) National Newspaper Awards, en 1976 pour une enquête sur l'enseignement du français et en 1981 pour ses chroniques[1]. Elle gagne le prix des lecteurs du Salon du livre de Montréal en 1984 pour son essai féministe Vivre avec les hommes : un nouveau partage.
En 1980, elle devient columnist à La Presse et s'insurge contre les propos de Lise Payette sur les femmes fédéralistes. Dans ses chroniques, elle prend position en faveur d'un féminisme modéré et du fédéralisme, elle qui jusqu'alors était pourtant militante souverainiste. De toute la presse québécoise de langue française, elle s'affiche sans doute comme le plus fervent défenseur de l'état d'Israël. Elle critique aussi les propositions terminologiques de l'Office québécois de la langue française, l'organisme qui règlemente l'usage du français au Québec. Bref, Lysiane Gagnon se définit elle-même, pour sa fonction de columnist, comme une « avocate du diable »[4].
Elle fut la compagne d'André d'Allemagne, membre fondateur du RIN.
[modifier] Polémique
Dans un article de la Presse publié en 2010[5], Lysiane Gagnon traite le député Amir Khadir de « radical fanatique » et laisse planer, selon ce dernier, l'accusation d'antisémitisme. Dans sa réponse[6] Amir Khadir justifie ses actes et son approche, mais Lysiane Gagnon réitère dans le même article ses arguments et ajoute que « la dimension obsessionnelle de son antisionisme est bien documentée ».
En février 2012, toujours dans la Presse, Mme Gagnon publie également un article qui lui vaut immédiatement d'être classée parmi les négationnistes du génocide arménien. Voici notamment une réaction qui lui est alors adressée, ainsi qu'à la Rédaction de La Presse - mais que La Presse n'a cependant pas publiée, ce qui est d'autant plus déplorable que les graves propos en cause de Madame Gagnon prétendaient se fonder sur la "liberté d'expression" - :
" Madame Gagnon,
Votre dernière chronique en date, intitulé «une loi liberticide», comporte essentiellement 3 points :
- vous mettez en question le génocide des Arméniens;
- en référence à la Loi adoptée par le Parlement de la République Française (d’abord par l’Assemblée Nationale, ensuite par le Sénat, le tout, avec l’approbation soutenue du gouvernement et de la Présidence), vous vous prononcez contre l’interdiction de la négation des génocides (en effet, pour votre information, la portée de ladite Loi ne se limite pas seulement au génocide des Arméniens),
- vous invoquez, au soutien de votre position susdite, votre conception de ce que serait la liberté d’expression;
Pour ce qui est de votre choix de nier le génocide des Arméniens (à grands coups de guillemets, d’évocation de l’«atmosphère trouble(sic) » entourant les faits, de la mention d’absence de preuves tangibles, etc.), il contrevient à une Loi de l’Assemblée Nationale du Québec, aux Résolutions du Sénat et de la Chambres des Communes, et aux déclarations officielles du Gouvernement du Canada. Rien que ça.
Sous toute réserve quant aux considérations juridiques en cause – lesquelles incluent également les dispositions élémentaires du Code civil du Québec, en matière de responsabilité - , il serait souhaitable que vous étudiez un peu mieux le sujet, avant d’émettre des commentaires hâtifs, superficiels et préjudiciables.
Ainsi si vous estimez qu’un sujet comme le génocide mérite plus d’attention de votre part qu’un copier/coller des thèses négationnistes les plus grossières en la matière, nous vous référons au site suivant, qui contient toute la documentation nécessaire sur le sujet, incluant preuves et témoignages. À vous d’en apprécier la teneur :
http://www.imprescriptible.fr/
Par ailleurs, vous citez Robert Badiner dans votre article à plusieurs reprises, croyant probablement que son nom vous servirait de caution et de précaution. Veuillez noter cependant que cette personne, contrairement à vous, ne remet pas en question la véracité factuelle du génocide des Arméniens. Son opposition contre la Loi française en question ne se fonde pas sur le négationnisme – ce qui est votre cas -, mais sur des considérations purement juridiques, se rattachant aux prérogatives parlementaires.
Enfin, pour ce qui est de votre conception de la liberté d’expression, elle est simplement hors de propos. Car s’agissant du négationnisme, une telle liberté ne correspond pas à la « tolérance des opinions impopulaires ou «outrancières», voire répugnantes ».
La liberté d’expression qui est restreinte par la Loi en question n’est pas celle qui se rapporte à des opinions, des commentaires ou des élucubrations simplement désagréables, mais à la « liberté » de causer sciemment du tort, de causer un préjudice effectif à autrui. Sur fond de préoccupations réelles relatives à l’ordre et à la sécurité publics, en France, en raison d’incidents violents motivés par le négationnisme, en recrudescence constante, dans ce pays et en Europe. Enfin, il est établi que le négationnisme fait partie intégrante du crime du génocide, dont il constitue la continuation et le parachèvement.
En droit pénal, Madame Gagnon, toute Loi est, par définition fondamentale, «liberticide». Car elle a pour objectif direct de restreindre la liberté de commettre un délit.
En matière civile, la liberté d’expression n’est pas absolue non plus, car elle s’arrête là où commencent les droits d’autrui. C’est le fondement même de la responsabilité civile. Ou alors, de manière plus spécifique, c’est le cas du droit applicable en matière de diffusion de mensonges, de libelle et de diffamation.
Nonobstant toute prétention à la « liberté d’expression, tout acte ou propos qui cause un dommage corporel ou moral à autrui, est sanctionné par la Loi. Au minimum, en droit civil. Plus, en droit criminel.
Eu égard à votre article dénoncé par la présente, ces principes juridiques fondamentaux finiront par s’appliquer aussi au négationnisme à l’encontre du génocide des Arméniens, au Québec même, vous verrez…
Me Haytoug L. Chamlian
Laval, 17 février 2012
cc. Monsieur André Pratte, Éditorialiste en chef;.. Monsieur Denis Bouchard, Rédacteur en chef;.. Rédaction de La Presse "
[modifier] Bibliographie
- Collectif (de 19 journalistes), sous la direction de Jean Sisto, Une certaine révolution tranquille : 22 juin 60-75. — Montréal : Éditions La Presse, 1975, 337 p.
- « Journaliste et syndiqué : le perpétuel dilemme », dans : Florian Sauvageau, Gilles Lesage et Jean De Bonville (éditeurs, sous la direction de), Les Journalistes : dans les coulisses de l'information. — Montréal : Québec Amérique, 1980, p. 43-72 (ISBN 2-8903-7017-8)
- « Les idéologies de la presse francophone », dans : Du côté des journalistes, vol. 2 des Études sur l'industrie des quotidiens faites pour la Commission royale sur les quotidiens (la Commission Kent) — Ottawa : Ministère des Approvisionnements et Services Canada, 1981, p. 38
- Vivre avec les hommes : un nouveau partage. — Montréal : Québec Amérique, © 1983, 308 p., 23 cm (ISBN 2-8903-7176-X et 978-2-89037-176-7)
- Chroniques politiques. — Montréal : Éditions du Boréal, 1985, 460 p., 23 x 16 cm (ISBN 2-8905-2141-9 et 978-2-89052-141-4)
- L'esprit de contradiction : chroniques. — Montréal : Éditions du Boréal, octobre 2010 (ISBN 2-7646-2054-3 et 978-2-76462-054-0)
[modifier] Notes et références
- Michel Pelland (interviewer de Lysiane Gagnon), « Comment s'appelle cette journaliste? », SRC (archives, extrait vidéo 1 min 37 s et textes), Émission Format 60 du 26 février 1971. Consulté le 2010-10-16.
- Le Petit Journal : présentation, BAnQ. Consulté le 2010-10-16. « Plusieurs personnalités connues y font leurs premières armes dans le monde du journalisme : Jeannette Bertrand, Alain Stanké, René Homier-Roy, Lysiane Gagnon, Pierre Bourgault, Roger Fournier et bien d'autres. »
- Marline Côté, Femmes journalistes parlementaires à la Tribune de la presse de Québec : Causes et conséquences possibles d'une sous-représentation (Mémoire de stage parlementaire 2006-2007), Assemblée nationale du Québec, Québec, Fondation Jean-Charles-Bonenfant, juin 2007 [lire en ligne (page consultée le 2010-10-17)]
- Lysiane Gagnon, « L'avocate du diable », dans La Presse, 16 octobre 2010 [texte intégral (page consultée le 2010-10-16)]
- Publié le 21 décembre 2010, « Khadir, le fanatique » dans la Presse.
- Publié le 27 décembre 2010, « Ni fanatique ni antisémite » dans la Presse.