Lupin blanc

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Le Lupin blanc (Lupinus albus) est une espèce de plantes herbacées annuelles de la famille des Fabaceae largement cultivées pour leurs graines tant en alimentation humaine qu'en alimentation animale.

Le terme « lupin » vient du latin lupinus[1] qui désignait vraisemblablement le lupin blanc chez les anciens Romains et qui a été choisi par Linné pour désigner le genre. C'est l'amertume de ses graines qui aurait justifié à l'origine le choix du nom Lupinus, dérivé de Lupus, le loup. Le qualificatif « blanc » fait référence à la couleur des fleurs.

Aspects botanique[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Le lupin blanc est une plante herbacée annuelle, plus ou moins pubescente, qui peut atteindre de 30 cm à 1,2 m de haut. En milieu pauvre en phosphore, le lupin blanc produit des amas racinaires particuliers, appelés racines protéoïdes, afin d'optimiser l'absorption de ce nutriment[2].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

L'espèce est présente à l'état sauvage dans l'est du bassin méditerranéen : dans le sud des Balkans, en Sicile, Corse et sardaigne, dans les îles de la mer Égée, ainsi qu'en Israël, Palestine et en Asie mineure

On la rencontre dans les prairies naturelles et les pâturages, sur les pentes herbeuses, principalement sur sols sablonneux et acides.

Le lupin blanc est cultivé traditionnellement dans l'ensemble du bassin méditerranéen ainsi que dans l'est de l'Afrique (Égypte, Soudan, Éthiopie). Sa culture s'est étendue plus récemment vers l'Europe occidentale et centrale, jusqu'en Russie et Ukraine, puis dans les Amériques, en Afrique tropicale et australe et en Australie.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Le lupin blanc est l'espèce type du genre Lupinus.

Classification intraspécifique de Lupinus albus L.[3] : on distingue aujourd'hui deux sous-espèces :

  • Lupinus albus subsp albus, qui est la forme cultivée,
  • Lupinus albus subsp graecus (Boiss. et Spun.) Franko et Silva (1968) ((synonyme : Lupinus graecus Boiss. & Spruner), ancêtre sauvage de la précédente.

Histoire[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Le lupin d'hiver se sème en octobre-novembre, celui de printemps de janvier à mars suivant les régions.

Le lupin développé supporte mal le passage d'une herse étrille, il faudra souvent lui préférer la bineuse. Le désherbage peut s'effectuer en pré-levé avec un produit a base de clomazone ou d'isoxaben.

Un apport d'engrais phospho-potassique en végétation peut-être nécessaire suivant la richesse du sol, l'apport de fumier est déconseillé.

Le rendement varie de 15 à 50 q/ha suivant le semis et la pluviométrie.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Alimentation humaine[modifier | modifier le code]

Tramousses (graines saumurées de Lupin blanc consommées à l'apéritif)

La graine de lupin, également appelée par métonymie lupin, est un aliment. Comparaison des valeurs nutritionnelles par type de farine (% sur matière sèche de graines décortiquées)[4] :

Lupin Soja Farine de blé
Protéines 43 41 11
Lipides 12 25 1
Fibres 27 12 2
glucoses 13 14 60

C'est un légume sec plat ; certaines variétés comme le lupin jaune amer nécessitent un trempage prolongé dans de l'eau salée avant consommation, et doit être cuit plusieurs heures pour éliminer les alcaloïdes (comme la lupanine à ne pas confondre avec la lupuline qui est produite par le houblon). Même cuit, il faut continuer à le faire tremper dans de l'eau froide salée pendant une semaine, en renouvelant l'eau deux fois par jour. Une mauvaise préparation pourrait le rendre toxique. Le lupin blanc, couramment cultivé depuis la Grèce antique, ou le lupin jaune doux ne contiennent par contre pas ou très peu d'alcaloïdes.

Il peut être consommé sous forme de graine saumurée, appelée tramousse (sud de la France, Espagne (pays dans lequel les graines de lupin portent le nom d'altramuces), Portugal, Maghreb (lupin blanc)). Mais également Équateur, Bolivie, Pérou (Lupinus mutabilis, contenant de la spartéine, que l'on trouve également dans le genêt à balais), ou sous forme de semoule à galettes. Au Brésil, il est consommé sous forme de bière. Les Égyptiens déjà le consommaient, ainsi que les Mayas et les Incas (Lupinus mutabilis). L'agriculture du lupin en Europe s'est probablement implantée en Grèce antique, puis a continué sa progression par la Rome antique.

Cette plante protéagineuse, parfaitement adaptée aux climats européens, est d'un grand intérêt en tant que ressource en protéines végétales. Quatre espèces présentent aujourd'hui un intérêt agronomique pour l'alimentation humaine :

Alimentation animale[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Lupin sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. (en) Michelle Watt et John R. Evans, Proteoid roots. Physiology and development, vol. 121, Plant Physiology,‎ 1999 (lire en ligne), p. 317–323
  3. (en) Lupinus albus, Botanical name list, Mansfeld's World Database of Agriculture and Horticultural Crops
  4. « atouts nutritionnels »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beltéky, Kovàcs, Desbrosses, Le lupin, histoire et utilisation de l'une des légumineuses les plus riches du monde en protéines, UNAPEL, Millançay, 1983, 124 p.
  • Jacques Papineau, Christian Huyghe, Le lupin doux protéagineux, éditions France agricole, Paris, 2004, Coll. Produire mieux, (ISBN 2-85557-112-X), 176 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  1. « Farine de lupin », sur Lup'Ingredients (consulté le 27/10/2014)