Luna Park (Paris)

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Luna Park de Paris
Le Rire 1899.jpg
La façade du parc en 1923.
Ouverture 1909
Fermeture 1948
Pays Drapeau de la France France
Département Seine
Commune Paris
Coordonnées
géographiques
48° 52′ 46″ N 2° 17′ 00″ E / 48.879492, 2.2834448° 52′ 46″ Nord 2° 17′ 00″ Est / 48.879492, 2.28344
  Géolocalisation sur la carte : Paris
Paris arr jms-298px.gif
Luna Park (Paris)

Luna Park était un parc d'attractions situé près de la porte Maillot, en périphérie de Paris, ouvert de 1909 à 1948.

Le Luna Park (photo aérienne 1919)

Historique[modifier | modifier le code]

A l'emplacement du Palais des Congrès actuel se trouva pendant un demi-siècle, la plus grande fête foraine de Paris, le «Luna-Park» qui a animé les loisirs de plusieurs génération de Parisiens!

Le Théatre Géant Columbia[modifier | modifier le code]

le programme du théâtre Columbia

Avant cela, pour l'ouverture de l'Exposition universelle de 1900, une salle de 6 000 places, nommée « le Columbia », fut construite pour abriter un spectacle de 1 500 personnages dont 600 danseuses et toute une ménagerie de serpents, éléphants, chameaux et chevaux. « Entre la rampe et les premières rangées de spectateurs s'étend un lac où naviguent des escadres»[1].

Le burlesque avait grande place dans ces représentations, on y a notamment joué « La maison qui brûle » «spectacle démontré par les corps de pompiers de la Cité de New-York; corps de sauvetage, corps des échelles et crochets, Police, Armée du Salut, Sœurs de charité, ouvriers visiteurs et troupe d'artistes d'un théâtre; avec un grand nombre de pompiers, vendeuses de fleurs, gens de New-York, officiers de police, Chinois et nègres burlesques».

le Printania vers 1905

Le Printania-music-garden[modifier | modifier le code]

Détruit quatre années plus tard, le Columbia fait place au Printania-music-garden, inauguré le 10 juin 1904. De 1905 à 1908, le « Printania » regroupait aux côtés d'une salle de danse des attractions foraines. Construit par l'architecte Jandelle [2], on y voyait défiler jusqu'à vingt-cinq numéros de cirque par représentation, et l'on se divertissait dans les jardins environnants qui comportaient des bars, un toboggan géant avec ascenseur et un restaurant avec terrasse-promenoir donnant sur l'avenue de la Grande-Armée. Dans la salle de concert des chanteurs de second plan se succédaient. Suite à de mauvaises affaires, l'établissement fut vendu à une société américaine puis fut géré par Léon Volterra.

Watrer Chute
La Watrer Chute

Création du Luna Park[modifier | modifier le code]

Le Printania sera remplacé par le Luna-Park. Construit en 1909, le troisième parc d'attractions de l'histoire de France, après les jardins de Tivoli et Magic City. Il devint l'équivalent, pour Paris, du Prater pour Vienne ou du Tivoli pour Copenhague. A Paris et particulièrement dans le 17e, il ressuscitait la vogue, depuis longtemps déjà oubliée, des « Tivolis », qui faisaient florès sous l'Empire et la Restauration. Dans le quartier des Ternes l'un des premiers abritait les «Montagnes Russes de la Barrière du Roule (situées sur l'actuelle Place des Ternes) et l'un des tout derniers occupa ce qui est aujourd'hui la villa des Ternes.

On peut voir son emplacement précis et ses dimensions sur une photo aérienne de 1919[3]. Il sera encore agrandi après suppression des fortifs.

50 ans de fête foraine[modifier | modifier le code]

Luna-park-plan-1909.jpg
la rivière souterraine
scenic Railway

Au Luna-Park abondaient les attractions à grand spectacle, permises par les progrès de la construction métallique. Il était conçu sur le modèle new-yorkais du parc de Coney Island. C'était une indescriptible fête foraine permanente, il attire des foules considérables[4] avec des attractions de choix notamment son « Scenic Railway », ses montagnes russes, sa « Water-Chute », ou son « Palais des folies » , c'est-à-dire son dancing. Les montagnes-russes longues de 1 947 m[5], réservées aux amateurs de sensations fortes, permettent d'atteindre de vertigineuses vitesses, grâce à l'électricité. Les voitures sont équipées de moteurs électriques et alimentées en courant par un rail central, notamment aux passages où la vitesse acquise n'est plus suffisante pour procurer la vitesse souhaitée.

descente des rapides (25m)

Charles Sorlier[6] a décrit avec malice deux divertissements qui avaient la particularité d'attirer les adolescents boutonneux et les amateurs de lingerie féminine. Le premier consistait à viser une cible avec une boule de bois qui, si elle parvenait à son but, faisait basculer d'un lit une fille en porte-jarretelles. Le second, aussi goûté, était le vaisseau spatial de l'attraction « Voyage dans la lune »[7], sorte de « maison du rire » qui se terminait invariablement par un jet d'air comprimé relevant la jupe de demoiselles audacieuses. Cette attraction mise en place lors de l'exposition Pan-américaine, a inspiré le nom de Luna-Park , des parcs Magic City et de ceux qui ont suivi[8]

Charles Sorlier prétend que des filles légères venaient tout spécialement sur cette attraction, « oubliant » chez elles leurs culottes, et proposant ensuite aux amateurs un autre genre de voyage...

Le Luna-Park était ouvert de 13 heures à minuit et son accès coûtait à l'époque 1 franc (avec une attraction gratuite), à l'exception du vendredi où le prix était plus élevé.

Fin du Luna-Parck[modifier | modifier le code]

Il est rapporté qu'au début la clientèle était plutôt « habillée » : on n'aurait pas osé s'y présenter sans un complet strict, un col et une cravate. Beaucoup plus tard, sans doute parce que les Allemands, sous l'Occupation, en avaient fait l'un de leurs lieux de divertissement préférés, et que l'on y pratiquait sans vergogne la « fraternisation », le Luna-Park acquit une réputation douteuse.

Fermé définitivement en 1948, le « Luna-Park » céda la place à un terrain vague sur lequel, après de nombreux projets, fut finalement édifié le Palais des Congrès inauguré en 1974.

Les Attractions[9][modifier | modifier le code]

Affiche de Sem(1905).

Autres attractions voisines[modifier | modifier le code]

Le Tour de France cycliste 1912 partit du Luna Park.

Monsieur de Verzy, conseiller municipal de Neuilly, avait également créé près de la Porte Maillot le « Panstéréorama », dispositif permettant d'admirer les reliefs des plus grandes villes d'Europe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Temps, 25-8-1899
  2. «l'architecte bien connu de la Gaîté, de l'Olympia etc., il fit sortir de terre un véritable Paradis où les Adams et les Eves modernes retrouvent toutes les séductions de l'Eden Préhistorique.»
  3. "Des fortifs au périph", de JL. Cohen et A. Lortie, éd. Picard et Pavillon de l'Arsenal)
  4. «Le public, curieux de connaître l'intérieur de cet établissement fabuleux,enfonça littéralement les portes, brisa le contrôle, et prit d'assaut les merveilleuses attractions. Paris avait conquis Luna, mais Luna venait de conquérir Paris».
  5. « Énorme machine dont la construction a réclamé le travail de 270 ouvriers, pendant deux mois. Les câbles électriques employés pour cette construction, mis bout-à-bout, auraient atteint 270 km !»
  6. Le guide du promeneur : du 17e, Parigramme,‎ 1995 (ISBN 978-2-84096-027-0)
  7. «Le nom de Luna-Park donné à cet établissement provient probablement de ce qu'en anglais on appelle « lunatic » les aliénés, et qu'il faut être quelque peu fou pour goûter ce genre de jeux.» (La Nature,3 juillet 1909.
  8. Dale Samuelson, AJP Samuelson, and Wendy Yegoiants, The American Amusement Park ISBN 0760309817
  9. Source : cartes postales anciennes