Ludwik Mierosławski

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Mierosławski dans les années 1860

Ludwik Mierosławski (né le à Nemours et décédé le à Paris) était un révolutionnaire polonais, ayant participé à de nombreuses révoltes dans son pays, mais aussi en Italie, ainsi que dans le Grand-duché de Bade dont il conduit l'armée révolutionnaire en juin 1849, lors de la révolution de mars 1848 en allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mierosławski est le fils d'une Française et d'un officier polonais. Il naît en France. À partir de 1820, il vit dans la partie russe de la Pologne, dite Royaume du Congrès. À l'âge de 16 ans il participe à l'insurrection de novembre en 1830 dirigée contre la Russie en tant qu'enseigne. Après leur défaite, il émigre en France en 1831. Il y est élu membre en 1843 du comité central des polonais émigrés à Paris[1].

En 1846, il est meneur du projet de grande soulévement en Pologne de 1846 qui devait avoir lieu dans la province de Posnanie contre la puissance Prusse. La même année il est emprisonné à Berlin à cause de son rôle de meneur. Lors du procès de la Pologne qui débute le il est comdamné à mort[1],[2].

Des suite de la révolution de mars en 1848, la Prusse réduit sa peine dans un premier temps à une peine de prison à perpétuité. Ensuite elle décide de le gracier et de le libérer avec d'autres révolutionnaires polonais dans le même cas[3].

En avril et mai 1848, il mène la révolution polonaise en Posnanie pour la libération et l'union de la Pologne. Cela implique de porter la révolte dans la partie russe de la Pologne. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV fait intervenir ses troupes rapidement et la révolte est matée en mai, éloignant du même coup le risque d'une guerre contre la Russie. Mierosławski est donc de nouveau emprisonné[4].

Grâce à l'intervention politique de la France, qui vient de se soulever lors de la révolution de 1848, il est de nouveau gracier le et expulsé en France[4].

Début 1849, il se rend en Sicile dans le cadre des guerres d'indépendances italiennes et y commande les révolutionnaires locaux. Là aussi ses troupes sont défaites au siège de Catane. De plus il est blessé et doit retourner à Paris le 24 mai pour se soigner[5],[4].

Le , il est appelé par le gouvernement provisoire du pays de Bade afin d'organiser son armée révolutionnaire après que le précédent commandant, Franz Sigel, se soit blessé. Il y devient commandant en chef et tente de contre les troupes contre-révolutionnaire prussienne menées par le futur Guillaume Ier. Il parvient à arrêter l'armée prussienne entre Heidelberg et Mannheim. Son armée est par la suite contournée puis prise à revers lors de la bataille de Waghäusel le 21 juin. Il bat en retraite vers le sud, afin de former une nouvelle ligne de défense à Rastatt[4].

Malgré son talent tactique Mierosławski ne réussit pas à arracher la victoire. Résigné et déçu par la faiblesse politique du gouvernement badois ainsi que par le mauvais armement de l'armée badoise, il décide de présenter sa démission le ne voulant pas conduire ses troupes à une nouvelle défaite certaine[4].

Il s'exile alors pendant 3 mois en Suisse[4].

Après 3 semaines de siège, le , la forteresse de Rastatt tombe devant les troupes prussiennes, marquant la fin de la révolte badoise et de la révolution de mars[6].

Mierosławski retourne à Paris et travaille comme précepteur. En 1861, il reprend le combat pour l'indépendance en rejoignant Giuseppe Garibaldi. Celui-ci lui accorde sa confiance et lui donne le commandement de la légion internationale italienne pour lutter contre les autrichiens en Italie du Nord. Jusqu'en 1862, il est commandant de l'école militaire polonaise de Gênes[4].

Il reprend les armes une dernière fois en 1863 et 1864 lors du soulèvement de janvier. Il se proclame dictateur contre les Russes. Après une nouvelle défaite, il retourne à Paris où il reste jusqu'à sa mort le [4].

Même si toutes les révolutions qu'il a mené se sont soldées par des échecs, sa réputation en a fait un « Napoléon polonais », voulant une liberté sans concession, un être indépendant qui a toujours mêlé ses aspirations à voir une Pologne libre avec un profond internationalisme.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • (de) Berichte über den Feldzug in Baden, Berlin,‎ 1849 (lire en ligne)
  • Histoire de la révolution de Pologne, t. 1-3, Paris,‎ 1837-1878
  • (de) Kritische Darstellung des Feldzugs von 1831, Berlin,‎ 1847 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Celina Bobińska, Marx und Engels über Polen, Dietz Verlag,‎ 1958
  • (de) Julia Franke, Ein europäischer Freiheitskämpfer. Ludwik Mieroslawski 1814–1878, Berlin,‎ 2006 (ISBN 3-88609-525-8)
  • (de) Alfred Georg Frey et Kurt Hochstuhl, Wegbereiter der Demokratie. Die badische Revolution 1848/49. Der Traum von der Freiheit, Karlsruhe, G. Braun,‎ 1997 (ISBN 3-7650-8168-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de) « Biographie sur Mierosławski » (consulté le 16 avril 2012)
  2. (de) « Mierosławskis et d'autres prisonniers polonais sont libérés pendant la révolution de mars » (consulté le 16 avril 2012)
  3. (de) Lothar Gall, 1848, Aufbruch zur Freiheit, Berlin, Nicolaische Verlag,‎ 1998 (ISBN 3-87584-677-X), p. 108
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (de) « Courte Biographie de Mieroslawski » (consulté le 17 avril 2012)
  5. (en) « Poles in European revolutions 1848-1849 » (consulté le 17 avril 2012)
  6. Gall, p. 376