Ludwig Beck

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Beck.
Ludwig Beck
Image illustrative de l'article Ludwig Beck

Naissance 29 juin 1880
Biebrich (Allemagne)
Décès 20 juillet 1944 (à 64 ans)
Berlin
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Général
Années de service 18981939
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement 5e régiment d'artillerie
1e division de cavalerie

Ludwig August Theodor Beck (né le 29 juin 1880 à Biebrich, et mort le 20 juillet 1944 à Berlin) était un général allemand qui fut Chef d'état-major général de l'armée allemande sous les ordres du Commandant en chef de l'armée Werner von Fritsch de 1935 jusqu'à sa démission en août 1938.

Ayant toujours refusé d'adhérer au parti nazi, bien qu'il en ait d'abord approuvé le soutien à la reconstitution de l'Armée et à la lutte contre le Traité de Versailles, il en deviendra à la fin des années trente, un opposant déterminé. Il se suicida après l'échec de l'attentat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, dans lequel il était impliqué.

Une formation militaire[modifier | modifier le code]

Né en 1880 dans la Ruhr, à Biebrich, actuellement dans la banlieue de Wiesbaden, alors capitale du duché de Nassau, Ludwig Beck fut éduqué dans la tradition d'une vieille famille d'officiers prussiens. Il est le fils de l'industriel Ludwig Beck et de son épouse, Bertha Draudt.

Après avoir obtenu son diplôme à l'école à Wiesbaden en 1898, Ludwig Beck junior intègre le 12 mars 1898 le XVe Régiment d'artillerie de l'armée prussienne à Strasbourg en tant que cadet. En 1899, il est diplômé de l'Académie militaire de Neisse. Le 18 août 1899, il est promu au grade de lieutenant.

En 1902 et 1903, toujours dans l'artillerie, il suit les cours de l'École de génie de Charlottenburg, avant de rejoindre de 1908 à 1911 l'Académie de guerre à Berlin. Pendant cette période, il reste actif dans son régiment à Strasbourg et Sarrebourg en Lorraine. En Mars 1912, il est nommé au Grand état-major général à Berlin, et promu au grade de capitaine avec effet à compter du 1er octobre 1913.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il sert sur le front ouest durant la Première Guerre mondiale. En 1914, il devient officier-major général en second du VIème Corps de réserve. En 1916, il est nommé premier officier-major général de la 117e division et plus tard de la 13e Division de la Réserve.

À la fin de 1916, il rejoint l'état-major général du Haut-Commandement allemand du groupe d'armée du Kronprinz. Le 18 avril 1918, il est promu au grade de major.

Le 12 mai 1916, il épouse Amelia né Pagenstecher, qui mourut en couche en janvier 1917 lors de la naissance de leur fille Gertrude.

Sous la République de Weimar[modifier | modifier le code]

À l'issue de la guerre, il est maintenu au service de l'état-major général (le Truppenamt) de la nouvelle Reichswehr, au format extrêmement réduit dans le cadre du Traité de Versailles.

Entre 1919 et 1922, il exerce des commandements militaires, et travaille aux côtés du général von Seeckt. À compter du 1er octobre 1922, il devient commandant du VIème Régiment d'artillerie à Münster (Westphalie). Un an plus tard, il a repris la direction des formations au commandement à l'ancienne académie militaire, tout en exerçant le commandement militaire du district VI, également à Munster. Puis, il est pendant quatre ans chef d'état-major général de l'armée du district IV à Dresde. Après sa promotion au grade de colonel le 1er février 1929, il devient le 1er octobre, pour deux ans commandant du 5e Régiment d'artillerie stationné à Fulda.

En septembre - octobre 1930, alors commandant du 5e d'artillerie, il prend la défense de trois de ses subordonnés qui étaient accusés au tribunal de Leipzig d'appartenir au parti nazi, appartenance alors prohibée au sein de la Reichswehr. Il témoigne autant pour défendre ses subordonnés que pour faire admettre que l'appartenance au parti nazi n'était pas en désaccord avec les objectifs d'un militaire (contre le traité de Versailles). C'est à ce moment qu'il rencontre pour la première fois Hitler venu lui aussi témoigner en faveur de ces soldats.

Il commande avec Werner von Fritsch la 1re division de cavalerie (Reichswehr), puis devient général en 1932 et remplace Wilhelm Adam à la tête du Truppenamt ou quartier général déguisé.

Le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Beck et Von Fritsch lors de manœuvres de la Werhmacht en 1937

En 1933, il est affecté au quartier général de la Wehrmacht. Il en devient le Chef d’état-major deux ans plus tard sous les ordres de Werner von Blomberg. Il prône le développement de l'arme blindée et soutient Guderian dans sa conception de la tactique de guerre.

Il fait partie d'un groupe de rédacteurs au sein de l'armée réduite qui met au point un manuel d'opération nommé Truppenführung (ce manuel est encore la base de celui utilisé par l'armée actuellement) et qui fut publié en 1933 et 1934. Il est aussi à l'origine d'une note en 1934 sur les manœuvres militaires blindées britanniques.

Il a une grande influence sur le corps des officiers car il était reconnu comme l'un des hommes qui rendait son importance à l'armée, la Reichswehr s'approchant de l'illustre renommée de la Deutsches Heer (pour le corps des officiers).

Relations avec le pouvoir nazi[modifier | modifier le code]

Ludwig Beck en 1938

Un début favorable[modifier | modifier le code]

Alors que la prise du pouvoir national-socialiste se produisait, il notait : « j'avais espéré depuis des années une révolution politique, maintenant mes vœux s'exauçaient. C'était le premier rayon d'espoir depuis 1918 »[1].

La fêlure de 1934[modifier | modifier le code]

En juin 1934, contestant la politique agressive d'Hitler, il tire la sonnette d'alarme. Il pense que l'armée n'est pas prête à faire face alors que les alliances en Europe isolaient l'Allemagne. Le 29 juin 1934, Beck fait part au chancelier Hitler qu'il avait accepté le poste de chef d’État-major général pour construire une armée puissante pas pour conquérir des territoires. Hitler lui rétorqua : "une armée pour préparer la paix n'existe pas, elle n'existe que pour la conduite triomphante de la guerre". Beck rappela la promesse d'Hitler à Hindenburg de ne pas entrainer le pays dans une nouvelle guerre et lui déclara qu'un nouveau conflit porterait sur plusieurs fronts, et que l'Allemagne ne survivrait pas[2]. Le même jour au quartier général, Beck, apprenant par l'Amiral Canaris qu'Hitler allait déclencher les purges de la Nuit des longs couteaux pour anéantir l'opposition au régime (dont Kurt von Schleicher et son assistant Ferdinand von Bredow étaient partie prenante), fit avertir Schleicher de la menace, mais celui-ci n'en tint pas compte[3].

Avec la mort du président Hindenburg, le 3 août, Hitler assume le rôle de commandant en chef de l'armée. Beck qui avait prononcé le serment d'allégeance à Hitler, nota que les conditions étaient favorables pour la Reichswehr[4]. Il soutint la remilitarisation de la Rhénanie contre l'avis de son supérieur von Blomberg.

Les tensions de 1937 et 1938[modifier | modifier le code]

Mais il se montre de plus en plus critique vis-à-vis de la volonté d'Adolf Hitler de faire encadrer l'armée régulière par les troupes SS (Schutzstaffel). En mai 1937, il estime que le cas Otto, l'expansion territoriale du Reich vers la Tchécoslovaquie, allait trop loin. Il produisit de nombreux mémorandums pour que son supérieur tente de faire changer Hitler de point de vue, il alla même jusqu'à demander secrètement à la Grande-Bretagne de résister à l'annexion des Sudètes, promettant que les généraux allemands seraient en grève pour éviter « un crime contre la civilisation » mais il ne fut pas écouté. Son plus grand souci était le front ouest qui, pensait-il, ne pouvait pas résister à une avance des troupes françaises alors que l'armée serait impliquée dans une grande offensive contre l'armée tchèque. "Le devoir d’obéissance d’un soldat se termine dès l’instant où il reçoit un ordre incompatible avec sa conscience et son sens des responsabilités"[5] ! » écrivait-il ; pour protester et demeurer fidèle à ses convictions personnelles, il démissionna le 18 août 1938 et affronta la réprobation publique.

Il avait prévenu le Foreign Office britannique qu'un renversement d'Hitler était prévu et qu'un gouvernement alternatif le comprenant avec Schacht, Halder, Canaris était prêt à prendre la relève, mais Londres ignora cette proposition.

Résistance et décès[modifier | modifier le code]

Stèle en mémoire des officiers assassinés en juillet 1944

Il était à la retraite mais restait en contact avec les généraux. Son prestige demeurait intact au sein du corps des officiers ; en janvier/février 1940, il soutint les diplomates et hommes politiques Goerdeler, Popitz, Hassel qui proposaient une paix avec l'ouest le temps d'incorporer les territoires conquis (Autriche, Tchécoslovaquie, une partie de la Pologne). Il discuta avec Goerdeler, Hassel et Erwin von Witzleben de la possibilité de sortir du régime nazi en 1940-1941.

En 1943, il fit encore partie de deux complots qui prévoyaient de tuer Hitler par un attentat à la bombe. Enfin, en 1944, les conspirateurs voulant éliminer Hitler lui demandèrent de prendre sa succession en tant que chef de l'État et des armées, Goerdeler étant censé s'emparer du pouvoir civil. Le soir même de l'attentat du 20 juillet 1944, il tenta de se suicider quand Friedrich Fromm se présenta et lui enjoignit d'assumer les conséquences de ses actes. Comme il ne s'était que blessé, un sergent lui donna le coup de grâce.

Postérité[modifier | modifier le code]

Pour le vingtième anniversaire de sa mort.

Son rôle fut mis en exergue dans de nombreux films ou téléfilms comme en:

Un timbre à son effigie fut édité en 1964, par les services postaux de la république fédérale d'Allemagne, à l'occasion du vingtième anniversaire de l'attentat.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Wheeler-Bennett, The Nemesis of Power: The German Army In Politics, 1918–1945. London, Macmillan,1964; p 33
  2. in La guerre secrète, de Anthony Cave-Brown, Tempus, 2012, p.249
  3. in La guerre secrète, de Anthony Cave-Brown, Tempus, 2012, p.250
  4. John Wheeler-Bennett, The Nemesis of Power: The German Army In Politics, 1918–1945. London, Macmillan,1964; p 34.
  5. Paul Lefort M.D., L'Escroc : Pourquoi la médecine était une profession plus à risque de compromission avec le pouvoir  nazi?, Les Éditions Persée,‎ 2013, 650 p.

Sur les autres projets Wikimedia :