Ludo Martens
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Ludo Martens (12 mars 1946 - 5 juin 2011[1]) est un homme politique communiste belge et un historien connu pour son ouvrage Un autre regard sur Staline, un ouvrage controversé et louangeur dans la mouvance stalienne. Il fut président du Parti du travail de Belgique jusqu'en 2008, moment où il est remplacé par Peter Martens dans le cadre d'une reconfiguration politique du PTB-PVDA[2].
Venu des milieux nationalistes flamands, il participa au mouvement pour la flamandisation de l'Université de Louvain en 1967[3]. À partir de 1968-69, il joua un rôle actif dans le développement du mouvement maoïste en Belgique, avec la création de l'organisation AMADA en 1970. AMADA s'aligna inconditionnellement sur la ligne politique du Parti communiste chinois et en assuma tous les virages. Ludo Martens entreprit des attaques virulentes contre l'Union Soviétique.
Très actif au Congo (où il soutient le mouvement marxiste), il fut un proche de Laurent-Désiré Kabila et a écrit de nombreux livres sur la situation de l'Afrique, sur l'ancienne dictature mobutiste en particulier, mais aussi sur le renouveau nationaliste apporté par Lumumba, Mulele, Sankara puis Kabila. Il a également écrit nombres d'essais et d'articles sur la situation du Burkina Faso.
Il est aussi l'auteur d'un ouvrage controversé[réf. nécessaire] visant à remettre en contexte l'histoire de l'URSS sous Staline et à réhabiliter le travail de Staline[4]. Il remet par exemple en cause l'Holodomor, arguant qu'elle est une invention de la propagande nazie récupérée par les Américains[5].
Il a en outre exploité certains travaux de Nicolas Werth sur l'évaluation des répressions staliniennes. Ainsi en fut-il de Nicolas Werth qui, bien que co-auteur du Livre noir du communisme, en se fondant sur les archives soviétiques ouvertes par Gorbatchev en 1989, réduisit considérablement le nombre de victimes des répressions et massacres commis sous l’ère stalinienne[6], communiqués vingt-quatre ans plus tôt par Robert Conquest [7] et à fortiori par Soljenitsyne à partir de 1974 dans L'Archipel du Goulag, ou encore ceux d'autres dissidents soviétiques tels que Roy Medvedev ou Andréi Sakharov. Il n'y avait pas eu au goulag des millions de morts ou de déportés politiques en URSS mais jusqu'en 1941 moins d'un million dont des prisonniers de droits communs avant guerre et dans les camps quelques centaines de milliers de victimes indirectes de l'agression nazie (la faim le typhus); une grande majorité de détenus de droits communs aussi et de collaborateurs de guerre chez les politiques, parmi les 2.500.000 détenus en 1951[8].
La plupart de ses livres sont disponibles aux éditions EPO.
[modifier] Référence
- « L'ancien président du Parti du Travail de Belgique (PTB), Ludo Martens, est décédé », rtl.be
- Pascal Delwit, Giulia Sandri, "La gauche de la gauche", in Pascal Delwit, Jean-Benoit Pilet, Emilie van Haute (Eds), Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 2011, p. 285
- Ludo Martens, le dernier communiste, par Paul Goossens, Politique, revue de débats, Bruxelles, n°71, septembre-octobre 2011
- Un autre regard sur Staline, consultable en ligne
- Chapitre 5 – La collectivisation et « l'holocauste ukrainien »
- Nicolas Werth, « Goulag, les vrais chiffres », L'Histoire, septembre 1993
- Robert Conquest, The Great Terror, 1969 ; La grande Terreur 1971.
- Ludo Martens, « Les vrais statistiques du "Goulag" sont enfin connues : Les "millions de victimes du stalinisme" : de l'intox ! », Solidaire (hebdomadaire du Parti du Travail de Belgique) n° 39 p. 19, 13 octobre 1993