Lucile Desmoulins

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Lucile Desmoulins

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Portrait présumé de Lucile Desmoulins

Nom de naissance Laridon Duplessis
Alias
Lulu
Naissance 18 janvier 1770
Paris Royal Standard of the King of France.svg France
Décès 13 avril 1794 (à 24 ans)
Paris Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France France
Distinctions

Une école primaire de la commune de Vérines (Charente-Maritime) porte le nom de Lucile Desmoulins. Une école primaire de la commune de Tullins (Isère) porte le nom de Lucile et Camille Desmoulins5. Les écoles primaires et maternelles de la commune portent toutes des noms relatifs à la Révolution française.

Un certain nombre de rues portent également son nom. C'est le cas de la rue Lucile Desmoulins à Fleury-Mérogis (Essonne) (non loin de la rue Rouget de Lisle et des allées Saint-Just et Robespierre), des rues Camille et Lucile Desmoulins à Evreux (Eure), (proche de la rue Danton), et à Achères (Yvelines), dans un quartier où rues, allées, avenues et place se rapportent toutes à la Révolution française.
Famille
Père : Claude-Étienne Laridon Duplessis
Mère : Anne-Françoise-Marie Bois de Veix

Anne-Lucile-Philippe Desmoulins née Laridon Duplessis le 18 janvier 1770 à Paris où elle est guillotinée le 13 avril 1794, huit jours après son mari Camille Desmoulins (1760-1794). Elle est une personnalité de la Révolution française.

Les jeunes années[modifier | modifier le code]

Anne-Lucile-Philippe Laridon Duplessis est née le 18 janvier 1770 à Paris et elle est baptisée le même jour en l'église Bonne-Nouvelle à Paris : son parrain est Philippe Cambier, seigneur d'Ourmoille et autres lieux, demeurant aux Quinze-Vingts, sa marraine est Françoise Hautier, veuve Bois de Veix[1].

Fille de Claude-Étienne Laridon Duplessis, premier commis du Contrôle général des finances, et d'Anne-Françoise-Marie Bois de Veix, Lucile a sans doute connu une jeunesse semblable à celle de bien d’autres jeunes filles issues d’un milieu bourgeois relativement aisé. Promenée entre la demeure familiale rue de Condé à Paris et la propriété de Bourg-la-Reine, on se plaît à imaginer - à la lecture de son journal - la jeune Lucile espiègle et rêveuse. Ses écrits fragmentaires nous montrent une jeune femme rieuse, sensible, qui tient un journal pour combattre son ennui et qui tente parfois en vain de rédiger des contes sous l’œil bienveillant d’une mère dont on la sent très proche.

Camille Desmoulins[modifier | modifier le code]

Son destin commence à se dessiner au début des années 1780 lorsque Camille Desmoulins, jeune avocat d’une vingtaine d’années, vient à rencontrer Madame Duplessis au jardin du Luxembourg. C’est ici, sans doute, que Lucile encore enfant fait sa connaissance. Camille, avocat sans clientèle et confronté à des ennuis financiers, est en quête d’une protection afin de vivre de ses écrits. Devenant familier des Duplessis, il fréquente régulièrement Lucile qu’il souhaite épouser en mars 1787. D’abord éconduit par le père, du fait de sa situation précaire et d’un avenir incertain, c’est un Camille auréolé de ses actions populaires durant les prémices de la Révolution qui parvient à obtenir l’agrément de M. Duplessis et la main de Lucile en décembre 1790.

Le couple Desmoulins[modifier | modifier le code]

Lucile et Camille se marient le 29 décembre 1790 en l’église Saint-Sulpice à Paris : Maximilien de Robespierre sera un des témoins du mariage[2]. Le couple s’installe au 2 rue du Théâtre-Français (aujourd’hui 22 rue de l'Odéon) et Lucile donne naissance à un fils, Horace Camille Desmoulins (1792-1825). Il demeure quelques pages du journal de Lucile concernant ces années a priori heureuses qui s’achevèrent avec l’emprisonnement de Camille en mars 1794. Outre son témoignage de la longue nuit du 9 au 10 août 1792 (journée du 10 août 1792) qu’elle vivra à l’écart dans la fatigue et l'angoisse, ses lecteurs l’accompagnent dans sa routine, ses anecdotes et ses fréquentations, de Pierre-François-Joseph Robert, avocat membre du club des Cordeliers à Antoinette Gabrielle Danton en passant par Guillaume Marie-Anne Brune et sa femme. On apprend ses moqueries vis-à-vis du baron de la Poype qu’elle surnomme « poa poa », de Jacques Alexis Thuriot qui est un « fichu cochon » mais aussi que Georges Danton ne pouvait s’empêcher de rire au contact de Lucile. Cet aspect insouciant et éternellement joyeux de sa personne a contribué à faire de la jeune femme un personnage attachant.

Le complot des prisons[modifier | modifier le code]

Cette affaire servit à monter de toute pièce le procès — ou ce qui en tint lieu — de Lucile Desmoulins, Arthur Dillon et Philibert Simond que les comités voulaient faire exécuter sans être entendus publiquement. La parodie de justice tourna autour de la prétendue conspiration du Luxembourg à laquelle les trois accusés, et d’autres amalgamés à eux, furent déclarés coupables d’avoir participé.

Le 15 germinal an II, alors que son mari était mis hors débat avec Danton et leurs coaccusés, un arrêté des comités réunis chargea Dossonville de conduire Lucile Desmoulins « à sa destination ». Ce procès verbal, s’il est authentique, est signé Barère, Voulland, Carnot, Prieur, Dubarran, Couthon et Robespierre (qui fut témoin au mariage de Camille et Lucile). Le doute vient du fait qu’il figure non pas dans les papiers des comités qui ont été expurgés ou falsifiés, mais dans les papiers de Matton de La Varenne, le célèbre avocat violemment anti-robespierriste qui dit tenir les archives Desmoulins de la belle-mère et de la belle-sœur de Camille, archives revisitées par le conventionnel Étienne-Jean Panis, un proche de Bertrand Barère de Vieuzac et du marquis de Travanet[3]. Si un doute persiste quant à la signature de Maximilien de Robespierre, il n’y en a aucun concernant la date et l’envoi de Lucile Desmoulins au Luxembourg, au secret, où Dillon lui aurait aussitôt envoyé un billet intercepté par un porte-clé, et qu’elle ne reçut donc jamais[4]. Le plus grand doute concerne ce « billet » – était-ce un faux ? – sur lequel s’échafauda la réalité d’un complot au sein de la prison et dont les principaux protagonistes étaient Arthur Dillon et Lucile Desmoulins qui avaient eu par le passé, des rapports de société.

Le lendemain, au moment même où Camille était guillotiné en compagnie de Philippeaux, Danton et Fabre d'Églantine, la mort de Lucile Desmoulins était décidée. Elle fut transférée du Luxembourg à la Conciergerie le 20 germinal an II. Au Tribunal révolutionnaire, elle comparut aux côtés de Arthur Dillon, Françoise Hébert, veuve de Jacques-René Hébert guillotiné le 4 germinal précédent, et Philibert Simon qui s’était exprimé dans le même sens que Philippeaux et Camille Desmoulins dans un discours aux jacobins qui ne fut pas apprécié par les partisans de la guerre à outrance. Accusés d’avoir conspiré contre la sûreté du peuple, ils furent dix-huit sur vingt-six à être condamnés et exécutés le jour même, le 13 avril, dans l’après-midi.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Sur la route qui la mène de la Conciergerie à la mort, les témoignages ne semblent pas contredire l’image que Lucile - alors seulement âgée de vingt-quatre ans – renvoie à travers ses écrits et ceux de ses contemporains qui l’estimaient. Elle serait restée jusqu’au dernier instant fidèle à elle-même, emplie d’une étonnante et radieuse insouciance.

Il existe un témoignage d'origine inconnue de cette exécution :

« Les conspirateurs condamnés par le Tribunal révolutionnaire ont été exécutés hier à sept heures moins un quart (du soir). Chaumette à côté de Gobel répondait par le sourire de la rage aux reproches d’athéisme qu’on lui faisait ; Gobel était morne, silencieux, abattu ; Dillon pâle était à côté de Simon ; le comédien Grammont à côté de son fils ; la veuve Hébert et celle de Camille Desmoulins, habillées d’une manière élégante, et conservant le sang-froid, parlaient ensemble. Gobel et Chaumette ont été les derniers à subir leur supplice. La tête de Chaumette a été montrée au peuple, au bruit des applaudissements et des cris de « Vive la République ». La femme Hébert et la femme Camille Desmoulins sont les premières montées à l’échafaud, elles se sont embrassées avant de mourir[5]. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Une école primaire de la commune de Vérines (Charente-Maritime) porte le nom de Lucile Desmoulins[6].

Plaque Lucile Desmoulins, 22 rue de Condé, Paris 6.jpg

Une école primaire de la commune de Tullins (Isère) porte le nom de Lucile et Camille Desmoulins[7]. Les écoles primaires et maternelles de la commune portent toutes des noms relatifs à la Révolution française.

Un certain nombre de rues portent également son nom. C'est le cas de la rue Lucile Desmoulins à Fleury-Mérogis (Essonne) (non loin de la rue Rouget de Lisle et des allées Saint-Just et Robespierre), des rues Camille et Lucile Desmoulins à Évreux (Eure), (proche de la rue Danton), et à Achères (Yvelines), dans un quartier où rues, allées, avenues et place se rapportent toutes à la Révolution française.

La rose Lucile Duplessis (obtenteur Vibert).

À Paris, une plaque au 22 rue Condé, ancien logement de la famille Duplessis, sur laquelle est écrit « : Dans cette maison Lucile Duplessis guillotinée le 13 avril 1794 habita avant son mariage avec Camille Desmoulins ».

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les registres paroissiaux et d'état civil à Paris antérieurs à 1860 ont disparu, mais cette information est citée dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 9ème année, Paris, Champion, 1882, p. 30, Lire en ligne
  2. L'acte de mariage dans le registre paroissial de l'église Saint-Sulpice est ainsi rédigé : Ledit jour, vingt-neuf décembre 1790, a été célébré le mariage de Lucile-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins, avocat, âgé de trente ans, fils de Jean-Benoît-Nicolas Desmoulins, lieutenant général au bailliage de Guise, et de Marie-Madeleine Godart, consentants, avec Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis, âgée de vingt ans, fille de Claude-Étienne Laridon-Duplessis, pensionnaire du Roi, et d'Anne-Françoise-Marc Boisdeveix, présents et consentants, les deux parties de cette paroisse, l'époux depuis six ans, rue du Théâtre-Français, l'épouse de fait et de droit depuis cinq ans avec ses père et mère, rue de Tournon ; trois bans publiés en cette église sans opposition, permission de fiancer et de marier le même jour en ce temps prohibé de l'avent, accordée par MM. les vicaires généraux le vingt-sept de ce mois, fiancailles faites. Présents et témoins, du côté de l'époux : Jérôme Pétion, député à l'Assemblée nationale, rue du Fauxbourg Saint-Honoré, paroisse de la Madeleine-la-Ville-l'Évêque ; Charles-Alexis Brulard, député à l'Assemblée nationale, rue Neuve-des-Mathurins, paroisse de la Madeleine-la-Ville-l'Évêque ; du côté de l'épouse : Maximilien-Marie-Isidore Robespierre, député à l'Assemblée nationale, rue Saintonge, paroisse Saint-Louis-en-l'Île ; Louis-Sébastien Mercier, de plusieurs académies, rue des Maçons, paroisse Saint-Séverin, qui tous ont certifié le domicilie comme dessus et la liberté des parties, et ont signé. Signé : Camille Desmoulins (époux), Laridon-Duplessis (épouse), Laridon-Duplessis (père), Boisdeveix (mère), Pétion, Brulard, Robespierre, JP Brissot, Mercier, Berardier, député à l'Assemblée nationale,Gueudeville, vicaire de Saint-Sulpice. Le registre paroissial a disparu avec toutes les archives de Paris pendant les incendies de la Commune de Paris (1870), texte de l'acte cité par le théologien Jean-Joseph Gaume dans La Révolution, recherches historiques, Quatrième partie, Paris, Gaume frères, 1856, pages 136-137
  3. BHVP, Ms.986 (res. 25)
  4. Alexandre Tuetey, Répertoire des sources manuscrites de l’Histoire de Paris pendant la Révolution, vol. XI/854 (déclaration de Lambert, porte-clé de la maison du Luxembourg)
  5. Nouvelles politiques et étrangères, mardi 15 avril 1794, n° 146.
  6. http://ecole17.verines.pagesperso-orange.fr/index.htm
  7. http://www.ville-tullins.fr/mairie/sco1.php

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri d'Alméras, L'amour sous les verrous : les prisons révolutionnaires, Paris, Albin Michel, 1936
  • Jules Claretie, Camille Desmoulins, Lucile Desmoulins : étude sur les dantonistes, Paris, Plon et Cie, 1875
  • Jean-Paul Bertaud, Camille et Lucile Desmoulins : un couple dans la tourmente, Paris, Presses de la Renaissance, 1986
  • Journal 1788-1793 de Lucile Desmoulins, texte établi et présenté par Philippe Lejeune, Paris, Éditions des Cendres, 1995

Lien externe[modifier | modifier le code]