Lucienne Jourfier

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Lucienne Jourfier

Lucienne Jourfier (17 septembre 1923 à Toulouse - ) est une chanteuse soprano lyrique coloratura française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Gaston Jourfier, artiste-peintre de renom et professeur aux Beaux-Arts de la ville, créait déjà des décors pour le Théâtre du Capitole. Sa tante, Mademoiselle Germaine Bailac de l'Opéra de Paris, fut en son temps une cantatrice fêtée à Paris: elle avait débuté à l'Opéra en 1907 dans le rôle de Dalila, et fut par la suite une Carmen très demandée.

Lucienne Jourfier aborda la musique en intégrant le conservatoire de sa ville natale dans la classe d'alto. C'est à l'âge de 19 ans, alors qu'elle travaillait en tant qu'accompagnatrice de la classe de chant, qu'elle se fait remarquer et intègre cette même classe de chant du conservatoire de Toulouse. Elle obtint ses premiers prix à l'unanimité du jury au mois de juin 1943, se faisant déjà remarquer par les directeurs des théâtres lyriques présents, dont celui du Capitole, qui lui propose de l'engager dans sa troupe[réf. souhaitée].

Elle insiste[réf. nécessaire] néanmoins pour obtenir ses prix à Paris, et intègre le Conservatoire de la Ville de Paris avec quelques mois de retard au mois de mars 1945, dans la classe de Paul Guillamat, le père de la cantatrice Ginette Guillamat. Elle obtient ses premiers prix, toujours à l'unanimité, au mois de juin 1945, six mois à peine après avoir intégré la classe de chant du Conservatoire de Paris. Elle chantera le même air que lors du concours d'entrée, la Scène de la folie de "Lucie de Lammermoor", avec les variations de Lily Pons. C'est à l'occasion du concours de sortie des élèves de cette classe de chant que le compositeur et chef d'orchestre Reynaldo Hahn remarque cette jeune fille de 21 ans à peine, et l'engage pour débuter sur la prestigieuse scène du Palais Garnier au mois d'août suivant lors de la reprise de La Flûte enchantée de Mozart, dans laquelle elle a pour partenaires Mado Robin, Paul Cabanel et Henri Médus. C'est ainsi que Lucienne Jourfier fait ses débuts à l'Opéra de Paris le 10 août 1945 dans le rôle de Pamina, âgée de 21 ans. Elle reste à ce jour la benjamine des cantatrices de l'Opéra de Paris[réf. nécessaire].

En 1945 toujours, Lucienne Jourfier débute à la Salle Favart dans le rôle de Sophie de Werther. Suivront Leila des Pêcheurs de perles, Philine de Mignon, Violetta de La Traviata, Micaela de Carmen, Suzanne des Noces de Figaro, La Guimard de Fragonard de Gabriel Pierné (avec Fanély Revoil et Jacques Jansen), Mimi de La Bohème, "Monsieur Beaucaire" d' André Messager qu'elle chante avec Jacques Jansen, Rosine du Barbier de Séville... C'est elle qui est choisie pour incarner cette Rosine à l'écran lorsqu'il est décidé de réaliser une production cinématographique de l'opéra de Rossini en 1948 sous la direction musicale du chef André Cluytens. Lucienne Jourfier y donnera la réplique à Raymond Amade, Roger Bourdin et Roger Bussonnet.

Au Palais Garnier, elle fut, outre Pamina, Juliette (1947) de Gounod, et c'est à elle que Maurice Lehmann confia le soin de ressusciter l'Amour des Indes galantes de Rameau lors de la légendaire reprise de 1952 avec Geori Boué, Denise Duval, Janine Micheau et Jacqueline Brumaire.

Elle joua aussi Manon de Jules Massenet, qui fut le rôle dans lequel elle laissa un souvenir impérissable.

La jeune femme annonça qu'elle quittait l'Opéra de Paris en 1953. Maurice Lehmann continua de la considérer comme un membre de sa troupe à part entière[réf. nécessaire]. Mais rien n'y fit: Lucienne Jourfier continua à se produire en concert, de moins en moins souvent, et abandonna définitivement la carrière en 1956, à l'âge de 32 ans.

Étant liée par un contrat d'exclusivité avec l'Opéra de Paris[réf. souhaitée], Lucienne Jourfier ne put que de façon très exceptionnelle participer à des sessions d'enregistrement. Elle laisse néanmoins une poignées de disques, au nombre desquels figurent les principaux airs de la Manon de Massenet. Pour les mêmes raisons, sa carrière en province et à l'étranger fut assez restreinte, les artistes sous contrat avec l'Opéra à l'époque n'ayant la possibilité de se produire sur d'autres scènes que pendant leurs congés (c'est-à-dire en juillet en début août). Lucienne Jourfier put néanmoins rencontrer les publics d'Afrique du Nord et de Genève ; mais c'est à Monte-Carlo qu'elle représenta l'Opéra de Paris et l'école du chant français, en particulier lors de la saison 1952. Raoul Gunsbourg, alors directeur de l'Opéra de Monte-Carlo lui demanda[réf. nécessaire] de venir chanter dans "sa" maison des "Bohème" qui devaient émouvoir grandement et le public, et la famille princière, et son partenaire, le grand ténor Giacomo Lauri-Volpi. Il existe en revanche dans les archives de l'INA un très grand nombre d'enregistrements radio-diffusés de cette cantatrice.