Lucien Quélet

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Lucien Quélet

Lucien Quélet est un naturaliste et mycologue français de renommée mondiale, né le 14 juillet 1832 à Montécheroux (Doubs) et mort le 25 août 1899 à Hérimoncourt à l'âge de 67 ans.

Dans la première période de la mycologie scientifique, dont les bases furent jetées par Persoon, Bulliard, Schaeffer et surtout par le fondateur de sa Systématique, Fries, Lucien Quélet contribue puissamment à l'œuvre commune et reste la figure dominante de l'école française de mycologie.

Sa Flore mycologique de la France et des pays limitrophes sera l'un des grands classiques de la science des champignons supérieurs. Cet ouvrage majeur, complété par ses émules Frédéric Bataille (1850-1946) et François Margaine (1900-1970), introduit près de quatre cents espèces nouvelles et propose une nouvelle classification des champignons qui, à la fois incluant et bouleversant celle de Fries, sera à la base de la systématique mycologique du XIXe siècle.

Excellent observateur et peintre talentueux, ses nombreuses aquarelles ont été déposées au Muséum national d'histoire naturelle de Paris.

Il fut en outre l'un des fondateurs de la Société mycologique de France en 1884 dont il devint le premier président, puis le président d'honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Quélet est né dans une famille de cultivateurs, à Montécheroux, le 14 juillet 1832. Orphelin dès sa jeunesse, et élevé par ses tantes, il montre des prédispositions pour la peinture, le latin et surtout pour les sciences naturelles, d'abord la géologie et l'archéologie, puis les papillons et les plantes qu'il collectionne. Sous l'influence de ses oncles, pasteurs protestants et « mycophiles » qui l'emmènent herboriser, il se passionne très tôt pour les champignons.

Après des études classiques au collège de Montbéliard (bachelier es-lettres), il renonce au séminaire protestant pour passer son bac ès-sciences, et étudie la médecine à Strasbourg où il soutient sa thèse Essai sur la syphilis du foie.

Docteur en médecine à 24 ans, il installe son cabinet en 1856 à Hérimoncourt (près de Montbéliard) où il se marie et résidera jusqu'à sa mort, à 67 ans, le 25 août 1899.

Durant vingt ans, partagé entre sa pratique médicale et sa passion pour les sciences naturelles, il étudie les plantes phanérogames, puis les cryptogames. Après avoir publié un premier « Catalogue des Mousses, Sphaignes et Hépatiques des environs de Montbéliard », paru en 1869 dans les Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, il abandonne la médecine pour se consacrer pleinement à l'étude des champignons.

Sa première étude mycologique, Les Champignons du Jura et des Vosges, parait à partir de 1872, suivie par 22 suppléments et 2 hors-série, illustrés par de superbe planches, ouvrage qui lui vaudra la médaille d’argent au concours des Sociétés savantes à la Sorbonne en 1876, puis le prix Desmazières, décerné par l’Institut en 1878.

Fin observateur, sa prodigieuse mémoire alliée à son esprit méthodique et critique lui permet bientôt, non seulement de décrire de nombreuses espèces nouvelles, mais aussi de contribuer à leur systématique et de correspondre, même en latin, avec les plus grands mycologues de son époque : Boudier, Bresadola, Cooke, Patouillard et surtout son maître suédois, Magnus Elias Fries.

Au sommet de sa maturité, il abandonne peu à peu la classification de Fries pour esquisser la sienne, qu'il publiera en 1885 dans son second ouvrage, rédigé en latin, « Enchiridion Fungorum in Europa media et præsertim in Gallia vigentium (1886), », qui sera récompensé en 1886 par le prix Montagne décerné par l’Institut.

Puis il livre en 1888 son œuvre maîtresse : la « Flore mycologique de la France et des pays limitrophes ». Ce gigantesque travail de synthèse va bouleverser les conceptions de l'époque et devenir une référence mondiale pour la mycologie des champignons supérieurs.

Vers la fin de sa vie, Quélet se fait plus éclectique et semble revenir quelque peu à ses amours de jeunesse, s'intéressant plus à l'ornithologie, la malacologie (étude des mollusques) et surtout à l'étude des coléoptères.

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1869 : « Catalogue des mousses, sphaignes et hépatiques du pays de Montbéliard », Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, V(2e Série):43-332 (1er Supplément:317-321), pl. I-XXIII + Ipl. double, col..
  • 1873 : - Les Champignons du Jura et des Vosges (2e Partie). Mém. de la Soc. d’Emul. de Montbéliard V(2e Série):333-427 (2e Supplément: 338-360), pl. I-V, col..
  • 1873 : - Les Champignons du Jura et des Vosges (1re et 2e Parties + 1er et 2e Suppléments). 424p., 24+5pl.col.. (Paris et Montbéliard).
  • 1870-1875 : « Les Champignons de Jura et des Vosges » . Ouvrage dédié à Elias Fries, illustré de belles planches en couleurs de l'auteur. Il fut publié en trois tomes dans les Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard. Il sera complété par vingt deux suppléments, parus de 1875 à 1902 avec la collaboration de Frédéric Bataille (1850-1946) pour les monographies des principaux genres. Total 438 p. et 37 pl. coul.
  • 1878 : L. Quélet et M.C. Cooke] - « Clavis Synoptica Hymenomycetum europaearum ». 240p.. (London). [R.M. I :139 (1879)]
  • 1879 : - « Champignons récemment observés en Normandie, aux environs de Paris et de La Rochelle, en Alsace, en Suisse et dans les montagnes du Jura et des Vosges ». suppl. 9., Bull. Soc. Amis Sc. Nat. Rouen, sér. II, 15 p. 151-184, 195 + pl. i-iii. [reprint 1880, 1-35].
  • 1884 : - « Aperçu des qualités utiles ou nuisibles des champignons. » 22p.. (Bordeaux). [extr. des Mém. de la Soc. des Sc. phys. et nat. de Bordeaux]
  • 1886 : - « Enchiridion fungorum in Europa Media et præsertim in Gallia vigentium » (Manuel des Champignons trouvés en Europe Centrale, et particulièment en France), 352 p.
    Un des deux ouvrages fondamentaux dans lesquels il expose son système de classification.
  • 1888 : - « Flore mycologique de la France et des pays limitrophes », 492 pp., Paris, Octave Doin éd.. Ce second ouvrage exposant sa classification est la source de la plupart des noms de genres, notamment de Polyporaceae.
  • 1891 : Quélet, L. & Contejean, Charles - « Enumération des plantes phanérogames de Montbéliard »
  • 1902 : Quélet, L. & Bataille, F. - « Flore monographique des Amanites et des Lépiotes », 88 p.

Principaux taxons (nom. nov.) décrits par Quélet[modifier | modifier le code]

  • Parmi de nombreux genres créés par Quélet, on citera :

Calyptella, Gyroporus, Leptoporus, Omphalina, Phellinus, Rhodophyllus, Sarcodon, Stropharia, Phylloporus, Xerocomus.

  • et près de deux cents espèces et sous-espèces, dont :

Agaricus bitorquis (Quélet) Saccardo; Amanita coccola var. barlae, A. eliae, Auricularia auricula var. lactea, Bondarzewia montana (Quélet) Singer, Calocera expallens, Cantharellus friesii, Clavariadelphus truncatus (Quélet) Donk, Collybia dryophila var. aurata, Coprinus friesii, C. gonophyllus, C. tuberosus, C. velatus, Cordyceps larvicola, C. odyneri, Cortinarius bibulus, C. crocolitus, C. lebretonii, C. sulfurinus, Cyphella albocarnea, Entoloma nitidum, Hebeloma sachariolens, Helvella albella, Hydnotria jurana, Hydnum repandum var. album, Hygrocybe nigrescens, Hygrophorus bresadolae, H. hyacinthinus, Inocybe asterospora, I. calospora, I. corydalina, I. grammata, I. praetervisa, I. tenebrosa, I. umbratica, Lactarius decipiens, L. spinulosus, L. vinosus, Lentinus gallicus, Lepiota castanea, L. forquignoni, Marasmius bulliardii, M. oreades var. longipes, M. torquescens, Mycena crocata var. vogesiana, M. cyanorrhiza, M. renatii, M. seynesii, Paxillus panuoides var. ionipus, Peziza ampelina, P. boltoni, P. buxea, P. crassipes, P. infuscata, P. irina, P. palustris, P. uxea, Pseudobaeospora pillodii, Ramaria versatilis, Russula amethystina, R. amoena, R. atrorubens, R. badia, R. barlae, R. fusca, R. incarnata, R. insignis, R. lateritia, R. lilacea, R. melliolens, R. mollis, R. raoultii, R. serotina, R. smaragdina, R. violacea, R. violeipes, R. violeipes fo. citrina, Stephensia bombycina var. crocea, Stereum insignitum, Terfezia castanea, Tricholoma orirubens, Tuber bellonae, T. fulgens, T. mougeotii, T. mutabile, Xerocomus rubellus.

Taxons dédiés à Quélet[modifier | modifier le code]

  • Fries lui dédia le genre Queletia et une soixantaine d'espèces lui ont été dédiées par les mycologues du monde entier, sous l'épithète de queletii ou queletianus (-um) :

Boletus (Tubiporus), Bovista, Cantharellus, Cellularia, Ceratellopsis, Clitocybe, Coprinus, Corticium, Cortinarius, Craterellus, Cudonia (Cudoniella), Cyathicula, Daedalea, Dasyscyphus, Dictyopus, Entoloma, Geastrum, Globaria, Gyromitra, Hebeloma, Helvella, Hydnellum (Hydnum), Hygrophorus, Hyponectria, Inocybe, Lentinus, Lenzites, Leotia, Lepiota, Leptoglossum, Leptonia, Leptotus, Marasmius, Melanoleuca, Merulius, Metulodontia, Mycena, Nectriopsis, Odontia, Panaeolus, Phialea, Pistillaria, Pocillaria, Polyporus queletianus, Russula, Sesia, Steccherinum (Phlebia), Striglia, Helvella queletiana, Russula queletiana, Tuber queletianum

  • Quelques sous-espèces : Boletus rutilus var. queletii, Lactarius bertillonii var. queletii, Lentinellus bisus f. queletii, Russula drimeia var. queletii, Inocybe eutheles var. queletii, Hohenbuehelia (Geopetalum) geogenia var. queletii, Lepiota gracilenta var. queletii, Boletus luridus var. queletiformis

Références[modifier | modifier le code]

  • Boudier, E.M. (1899) - « Notice sur le Dr L. Quélet », Bulletin de la Société Mycologique de France 15: 321-325
  • Thiry, G. (1913) - « Un souvenir de Quélet », Bull. Soc. Mycol. Fr. 29: (2 pages)
  • Gilbert, E.J. (1949) - « Une œuvre - un esprit. Lucien Quélet », Bull. Soc. Mycol. Fr. 65: 5-33
  • Gilbert, E.J. (1984) - « La mycologie et les médecins », Bull. Soc. Mycol. Fr. 100: CCX-CCXVII, (in Livre d'or du centenaire)
  • Grossetete, J.J. 1986 « Les Mycologues Franc-comtois, une tradition » - Thèse universitaire n° 25-86-044 soutenue le 16 octobre 1986 - Faculté de médecine et de pharmacie de Besançon, p.1-200.
Quél. est l’abréviation botanique officielle de Lucien Quélet.
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