Lucien Bossoutrot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lucien Bossoutrot
Image illustrative de l'article Lucien Bossoutrot
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
Gouvernement IIIe République
Groupe politique Radical-socialiste
Biographie
Date de naissance 16 mai 1890
Date de décès 1er septembre 1958
Résidence Seine

Lucien Bossoutrot est un aviateur et un homme politique français, né le 16 mai 1890 à Tulle et mort le 1er septembre 1958 à Viry-Châtillon. Il repose au cimetière des Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris.

Un pionnier de l'aviation commerciale[modifier | modifier le code]

Débutant comme employé de banque, il attrape très vite le virus de l'aviation, dès 1910 quand il vole pour la première fois. Il obtient ses brevets de pilote civil et militaire lors de la Première Guerre mondiale. En 1917, il « est mis aux arrêts par le général Philippe Pétain pour avoir bombardé le bassin sidérurgique de Briey (Meurthe-et-Moselle) qui fournit du minerai de fer à l'Allemagne... et à la France[1] » ; puis il devient pilote réceptionnaire. Après la guerre, il est d’abord pilote d’essai chez Farman, puis chez Blériot. Le 8 février 1919, il effectue le premier vol commercial international avec passagers (12 personnes, outre le mécanicien Lhomde) de Paris à Londres, pilotant un bimoteur Farman F.60 Goliath. Le voyage durera h 40[2]. Lucien Bossoutrot poursuit ses liaisons européennes avec le 12 février 1919 un voyage de Paris à Bruxelles sur le même appareil, avec à bord 15 passagers. Le trajet sera réalisé en 2h10[3].

Il bat plus de vingt records du monde, de durée, de vitesse et de distance, notamment celui de la distance et de la durée sans escales en circuit fermé, le 1er mars 1931, avec son ami Maurice Rossi, en parcourant 8 805 km en 75 heures et 23 minutes sur monoplan Blériot 110 à moteur Hispano-Suiza de 600 chevaux [4], ou encore celui de la distance en circuit fermé toujours en compagnie de Maurice Rossi : ils effectuent alors, en 1932, un vol de 10 601 km sur le Blériot Bl-110 Joseph le Brix. Le 25 novembre 1934, il établit la première liaison commerciale sur l’Atlantique Sud à bord de l’hydravion Blériot 5190 Santos-Dumont.

Lucien Bossoutrot s’est également illustré au tout début du vol à voile en France : en 1922, lors du 1er congrès de vol sans moteur de Combegrasse, il remporte le prix de la durée et celui du gain d’altitude sur planeur Farman.

Le militant radical-socialiste[modifier | modifier le code]

Il est également membre du Parti radical-socialiste ; sous cette étiquette, il est élu député de la Seine en 1936, lors du scrutin général qui voit la large victoire de la coalition de Rassemblement populaire. Il devient alors président de la Commission de l'aéronautique à la Chambre des députés. Il s'investit également dans le développement de l'aéronautique populaire en soutenant la création d'aéro-clubs.

La Résistance contre Vichy[modifier | modifier le code]

Il vote, le 10 juillet 1940, en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Mais il rentre très vite dans l'opposition au nouveau régime, ce qui lui vaut d'être interné par les autorités de Vichy au centre d'Evaux. Quinze mois plus tard, en juin 1944, il parvient toutefois à s'enfuir et rejoint la Résistance dans le Sud-Ouest de la France. Cet engagement lui vaut d'être rétabli dans ses droits par le jury d'honneur quand, à la Libération, il est frappé d'une peine d'inéligibilité en raison de son vote du 10 juillet 1940. En dépit de son remarquable engagement, il ne retrouve pourtant pas de mandat parlementaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Centen'Air de l'aviation: Lucien Jean-Baptiste Bossoutrot », Calaméo
  2. Stéphanie Meyniel, « Le 8 février 1919 dans le ciel : 1er vol officiel de l’aérobus Paris – Londres », Air Journal,‎ 8 février 2013
  3. Stéphanie Meyniel, « Le 12 février 1919 dans le ciel : Le Goliath vole de Paris à Bruxelles », Air Journal,‎ 12 février 2013
  4. Le 1er mars 1931 dans le ciel : Bossoutrot et Rossi s’offrent 2 nouveaux records Air-journal.fr 1er mars 2013