Lucien-Victor Guirand de Scevola

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Lucien-Victor Guirand de Scevola

Lucien-Victor Guirand dit Guirand de Scévola (Sète, 14 novembre 1871 - Paris, 29 mars 1950) est un peintre, dessinateur et illustrateur français.

Peintre de fleurs, de natures mortes, de scènes d'alcôves et de paysages, Guirand de Scévola mène également une brillante carrière de portraitiste, exécutant entre autre les portraits du duc de Massa et des duchesses d’Uzès et de Brissac. L’artiste réalise également des scènes mondaines.

Excellent pastelliste, l’aspect soyeux et le velouté de sa technique sont remarquables.  Ses réalisations d'inspiration symboliste sont particulièrement estimées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien-Victor Guirand est né le 14 novembre 1871 à Sète dans l'Hérault et est décédé le 29 mars 1950 à son domicile parisien, situé au 119, rue de Courcelles dans le 17ème arrondissement.

Il est le fils de Jean-Antoine Guirand, commis voyageur et de Catherine Mélanie Fournaire, sans profession, son épouse.

Élève de Fernand Cormon à l'École des beaux-arts de Paris, il se spécialise dans le pastel.

Il expose régulièrement à Paris au Salon des Artistes Français puis à la Société Nationale des Beaux-Arts, dont il devient associé puis sociétaire puis membre du comité et enfin Président en 1937, prenant la place du paysagiste André Dauchez.

Membre de la Société des Pastellistes de France, il en devient le Président.

 En 1903 il réalise le décor du foyer et de différents panneaux du Musée Molière de Sète qui fut inauguré en 1904.

Il épouse en janvier 1906 la célèbre comédienne française, Marie-Thérèse Piérat, de son vrai nom Marie-Thérèse Panot, sociétaire de la Comédie Française. La Revue hebdomadaire de la semaine nous indique que ce fut  « le great event de la semaine. On s'écrasait à la Trinité. Des milliers de personnes durent renoncer à défiler devant les mariés. Le lendemain ça été l'inauguration de l'exposition annuelle de peinture de l'Epatant où l'on s'est naturellement écrasé encore, surtout devant les toiles de M. Guirand de Scévola.  »

 Les annales du théâtre et de la musique relate aussi cet évènement mondain : « Le mariage civil de Mlle Piérat avec le jeune et distingué peintre Guirand de Scévola avait lieu à la mairie du 9ème arrondissement. Les témoins de la mariée étaient : Monsieur Jules Clarétie, administrateur de la Comédie Française et M. de Féraudy, ceux de M. Guirand de Scévola, MM. Guillemet et Rodier. Le mariage religieux était célébré le surlendemainen l'église de la Trinité, resplendissante de lumières. Une foule immense au milieu de laquelle on remarquait la plupart de la notabilité du monde littéraire et théâtral assistait à la cérémonie. Après un interminable défilé à la sacristie, les invités se rendaient rue Blanche à l'hôtel des Ingénieurs Civils où se donnait une brillante réception. »

Pilier de la vie de bohême de la butte Montmartre et des Quat'z Arts en particulier avec ses amis, Charles Léandre, Abel-Truchet, Abel Faivre, ou encore Adolphe-Léon Willette, Louis-Victor Guirand de Scévola a son atelier au 42 de la rue Fontaine jusqu'en 1910.

Louis-Victor de Scévola va aussi réaliser les décors de plusieurs pièces dans lesquelles joue son épouse et illustrer les contes qu'elle va publier : La galante aventure du roi Jean XV (1928)

Domicilié à Paris, 91, avenue de Villiers (17ème arrondissement), il est fait chevalier de la légion d'honneur par décret du 16 mai 1910 pris sur le rapport du Ministre de l'Instruction Publique, des Beaux Arts et des Cultes pour avoir exposé hors concours à l'exposition franco-britannique de Londres (groupe II, section de peinture a exposé un portrait sous le n°256 page 223 du catalogue). Il a comme parrain Albert Lambert fils, sociétaire de la Comédie française.

Il est fait officier de la Légion d'honneur par décret du 26 mai 1914 pris sur le rapport du Ministre de l'Instruction Publique pour son tableau intitulé "Christiane" présenté à l'exposition de Gand (Belgique). Ce tableau  « arrivé en retard ne figure pas sur le catalogue  ». Il a comme parrain le peintre, Henri Gervex, commandeur de la légion d'honneur. Il est toujours domicilié à Paris 91, avenue de Villiers.

Mobilisé dès le début de la Première Guerre mondiale, Lucien-Victor Guirand de Scévola est considéré comme l'un des inventeurs du camouflage militaire.

A l'automne 1914, sur le front et de manière concomitante, Eugène Corbin, un soldat nancéien et son ami, le décorateur Louis Guignot, d'une part et Louis-Victor Guirand de Scévola, d'autre part, auraient eu l'idée de recouvrir les pièces d'artillerie de toiles peinturées se fondant dans le paysage pour éviter leur repérage par l'ennemi. Les deux artistes qui ne se connaissaient vont se rencontrer en octobre 1914 et former officieusement une "équipe d'art". Mais c'est Guirand de Scévola, homme influent à Paris, qui utilise ses relations pour faire la promotion du camouflage.

Dès février 1915, à la suite d'éssais concluant il est décidé de former à Toul un premier atelier de camouflage dont Guirand de Scévola prend la direction. Plusieurs artistes mobilisés sont affectés à cette nouvelle section autonome dont le sigle est le caméléon. Secondé par sa femme Marie-Thérèse Piérat, Guirand de Scévola - alors cannonier au 6ème régiment d'artillerie à pied promu rapidement capitaine - utilisa ses hautes relations parmi les membres du gouvernement pour faire connaître aux autorités militaires les expériences menées dans le Toulois. Fort de l'appui du général Castelnau - chef de la IIème armée - et de l'intérêt du président de la République Raymond Poincaré, il finit par persuader le Haut Commandement de la valeur stratégique du camoufage et de son efficacité pour protéger les points sensibles du front. Guirand de Scévola soumit à l'état major français l'idée de dissimuler, sous des toiles peintes, les canons qui brillaient au soleil, ainsi que les hommes, de telle sorte qu'ils se confondissent avec le terrain environnant et procéda à une démonstration sur le front de Picardie.

Le 14 août 1915, le maréchal Joffre, convaincu de ce nouvel art militaire, donna une organisation régulière aux camoufleurs rassemblés en une unité rattachée d'abord à son grand quartier général, puis en octobre 1916 au 1er régiment du génie, et placé sous le commandement de Lucien-Victor de Guirand de Scévola. Des ateliers secondaires apparurent à Châlon-sur-Marne, à Noyon, à Chantilly. La création des sections de camouflage permit à des artistes - auxquels la profession ne destinait pas un rôle particulier dans la guerre - de mettre leur talent au service de la France. Ainsi, émergèrent des maîtres du camouflage comme André Mare, Jean-Louis Forain, et André Dunoyer de Ségonzac. Guirand de Scevola indiquait concernant son invention : « J’avais, pour déformer totalement l’objet, employé les moyens que les cubistes utilisent pour le représenter, ce qui me permit par la suite d’engager dans ma section quelques peintres aptes à dénaturer n’importe quelle forme. »

Guirand de Scévola est fait commandeur de la Légion d'honneur par décret du 30 juillet 1935 pris sur le rapport du ministre de l'Education nationale. Les renseignements produits par le ministre à l'appui du projet de décret indique :  « Artiste peintre. Créateur et organisateur du camouflage pendant toute la durée de la guerre. » Il est alors domicilié 33, avenue des Champs-Elysées.

Louis-Victor Guirand de Scévola et son épouse, la comédienne, Marie-Thérèse Piérat vont passer de très nombreux et réguliers séjours dans la propriété gardoise, le château de Montsauve à Sauveterre dont elle hérite de sa mère, Madame Alice Panot, où ils accueilleront de très nombreux artistes et autres personnalités. En 1946, la commune acquière le château pour y héberger les écoles, puis la mairie. La commune a reçu de Mme Jeanne Marguerite Fournials, élève de Guirand de Scevola, une collection de tableaux peint par son maître qui y sont exposés.

Décédé sans postérité le 29 mars 1950, Guirand de Scévola est inhumé le 1er avril 1950 à Paris au cimetière du Nord, dit cimetière de Montmartre dans le 18ème arrondissement après une cérémonie religieuse célébrée en l'église Saint-François-de-Sales, sa paroisse.

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Dessins[modifier | modifier le code]

Pastels[modifier | modifier le code]

  • S - D - Mme Fournials
  • S - D - M. Severin sur son lit de mort
  • S - D - Portrait du général Fayolle
  • S - D - Portrait de femme ; Pastel; Sbd; Dim; H:63cm × L:52cm ( vente Pillet à Lyons-la-Forêt le 27 novembre 2011, lot no 28)
  • Portrait du torero Manolete

Peintures[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

  • 16 février au 15 mars 1895 : La Bodinière (18, rue Saint Lazare à Paris) avec E. Berton, Ch. Schuller et Pal - La chronique des Arts : Monsieur Guirand de Scévola dont nous reconnaissons nous ignorions jusqu'ici le nom, s'est révélé à nous comme un charmant illustrateur, d'une verve caricaturale dans le goût de Renouard, C'est surtout dans les théâtres et les caboulots artistiques que nous promène la fantaisie de M. Guirand de Scévola, et dans ces petits tableaux parisiens, il montre une science du clair obscur et des qualités de portraitistes remarquables
  • Union du Cercle Artistique
  • Société des Artistes Français
  • Société des Aquarellistes Français
  • Exposition de Saint-Louis
  • Exposition de Liège
  • Exposition de Londres
  • Exposition de Gand (1910)
  • 1923 : Galerie Georges Petit
  • 1935 : Galerie Borghèse

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

Société des Artistes Français

  • Mention Honorable en 1897
  • Médaille de bronze en 1900

Société Nationale des Beaux-Arts

  • Prix Puvis de Chavanne en 1934 avec l'Atelier et plusieurs autres peintures et pastels

Décorations[modifier | modifier le code]

Fonctions[modifier | modifier le code]

Musées, monuments[modifier | modifier le code]

  • Musée du Luxembourg : Portrait de Mlle T. (n°242) - Portrait de Madame Aïda Boni (n°278)
  • Décor du Foyer et panneaux du théâtre Molière de Sète

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Base Léonore Dossier :19800035/0017/2164

http://centenaire.org/fr/camouflage/le-camouflage-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-une-arme-qui-trompe-mais-qui-ne-tue-pas