Luc Giard

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Luc Giard

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Luc Giard, Montréal,Août 2012

Principaux intérêts Sculpture, Brochage, Peinture,Bande-dessinée
Œuvres principales Ticoune Ze Whiz Tornado, Le Pont du Havre, Konoshiko
Influencé par Joël Shapiro, Frank Stella, Jasper Johns,Alberto Giacometti, Hergé, Franquin,Neal Adams,Frank Miller...

Luc Giard, né en 1956 à Saint-Hyacinthe, Canada (Québec), est un sculpteur, peintre et bédéiste montréalais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Luc Giard est le second d’une famille de 3 garçons et d'une fille. Il passe son enfance à Saint-Hyacinthe et déménage, avec ses parents, à Montréal en 1959. Très proche de son frère cadet, Marc, ils développent tous les deux un univers fusionnel et fantasmagorique, autour de leurs héros télévisés d’enfance (Thunderbird, Captain Scarlet, etc.). Dès son adolescence, Luc Giard sait qu’il consacrera sa vie à l’art, quitte à vivre en marge d’une société alors en pleine croissance économique. Aujourd’hui l’œuvre de Luc Giard reste méconnue du grand public, malgré quelques publications remarquées dans la revue Drawn and Quarterly. Elle regorge néanmoins de trésors, dans une production énorme de plus de 40 années de travail acharné.

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Exemple de gravure par eau forte réalisée à l'Université Concordia.

De 1974 à 1976, il étudie en art plastique au prestigieux collège montréalais, Jean-de-Brébeuf. De sa rencontre avec le père Marcel Lapointe, il développe notamment la gravure sur bois.

En 1976, Luc Giard entre au département des arts plastiques de l’Université Concordia où il s’intéresse à la gravure par eau-forte ainsi que la sculpture sur acier, bois et plâtre.

C’est dans son atelier, au 5148 rue St-Laurent, qu’il approfondira la sculpture de 1978 à 1980; un travail fortement emprunt de l’influence de Joël Shapiro

L’Échelle (Luc Giard, 1979)


Murale (Luc Giard, 1981)
Inglis (Luc Giard, 1983)

De 1980 à 1981, il profite de son passage au Musée des beaux-arts de Montréal, comme recherchiste pour mettre en place la section d’art contemporain de la librairie du musée. Cette section existe toujours aujourd’hui.

Durant la même période, influencé par les travaux de Frank Stella, l’artiste quitte son atelier et s’éloigne du minimalisme pour s’intéresser à l’expressionnisme tridimensionnel. Production qu’il aura essentiellement au sein de l’Université Concordia.


Luc Giard s’applique ensuite à réunir ses deux précédentes influences, avec la création de sculptures sur carton.


À compter de 1984, il se détourne de la sculpture pour s’immiscer dans le monde de la bande dessinée. Il se réapproprie notamment de grandes figures, telles que Tintin, Batman, Mickey Mouse, et Krazy Kat (entre autres) et crée son premier personnage, qu’il nomme Tony.

En 1987, Luc Giard fonde les éditions Ticoune, avec lesquelles il publie des fanzines relatant les aventures d’un Tintin québécois s’exprimant essentiellement en joual. Il continue jusqu’en 1989 où il publie Tintin et son ti-gars aux éditions du Phylactère.

Depuis 1989 et jusqu'à ce jour, son travail de bédéiste s’articule sur le personnage d’un super-héros, s’exprimant aussi bien en français qu'en anglais, aux prises avec un continuel questionnement sur le sens de la vie. A mi-chemin entre la noirceur de Batman et l’enthousiasme de Tintin, Luc Giard offre à son public le personnage de Ticoune Ze Whiz Tornado dans plus d’une trentaine d’aventures.

Ticoune, cire grattée (Luc Giard, 2005)
Brochage (Luc Giard, 2008)

Parallèlement, l’artiste continue de peindre et de développer des techniques personnelles, comme la cire grattée ainsi que des collages-agrafages qu’il nomme brochages.


Konoshiko[modifier | modifier le code]

De 1994 à 2004, c’est pendant les mois d’hiver, exclusivement, que Luc Giard dessine plus de 1000 dessins à l’accent asiatique, sous l’influence des travaux d'Utagawa Hiroshige. Il en ressort la création d’un nouveau personnage, qu’il nomme Konoshiko.

Six années plus tard, les dessins de Konoshiko sont remarqués par Jean-Marie Apostolidès qui prendra l’initiative de développer une histoire afin que le personnage prenne vie dans un album qui paraît à l’automne 2012, sous la tutelle de Benoît Peeters, aux éditions des Impressions Nouvelles.

Insolite[modifier | modifier le code]

En 1989, sous la menace d’une mise en demeure du distributeur d’Hergé au Québec, les éditions du Phylactère (qui publiaient la version québécoise de Tintin) décident de retirer du marché les albums, Kesskiss passe Milou ? et Tintin et son ti-gars, qui font désormais partie du réseau des collectionneurs. La presse de l’époque couvrira malheureusement cet épisode de façon partiale et approximative[1]. Il est à noter que c’est aujourd’hui avec la collaboration de spécialistes de l’œuvre d’Hergé en Europe que Luc Giard continue son aventure de bédéiste, et publie son plus récent ouvrage, Konoshiko.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aleksi K. Lepage, « Le passé québécois de Tintin »,‎ 21 octobre 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]