Luc-Marie Bayle

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Luc-Marie Bayle , né le 30 janvier 1914 à Malo-les-Bains (Nord), mort le 11 octobre 2000 à Paris, était un officier de marine, peintre et artiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière navale[modifier | modifier le code]

Fils de marin, petit-fils de marin – son grand-père avait commandé l'escadre d'Extrême-orient et notamment le croiseur Duguay-Trouin dépêché dans le Pacifique en 1896-1897 pour réprimer des soulèvements dans les îles de Raiatea et de Tahaa – la famille de Luc-Marie Bayle le destine à la marine. Il intègre à l'École navale en 1932.

Promu officier, il navigue sur différents bâtiments de la Marine nationale, effectue une campagne en Chine sur le Balny en 1935, embarque sur le Tamurg, puis pour l'Afrique. Après un passage par l'école des fusiliers marins de Lorient, puis au Service Presse Information Marine à Paris, il accomplit deux missions vers la Terre Adélie sur le bâtiment polaire Commandant Charcot en 1948 puis 1949 sous le commandement du capitaine de frégate Max Douguet. Il assure à bord les missions multiples de photographe, historiographe et peintre officiel.

Il commande la Marine française en Polynésie de 1956 à 1958. En 1975, il est élu à l’académie de Marine.

Activités muséographiques[modifier | modifier le code]

En 1954, Bayle réalise sur la Seine une grande maquette de porte-avions pour faire comprendre au public la complexité des équipements et de l’électronique. Après une année au Service Historique, il est directeur du musée national de la Marine de 1972 à 1980. Il va créer le concept de « port-musée », en particulier dans la citadelle de Port-Louis, près de Lorient.

Il s'intéresse tout particulièrement aux bateaux patrimoniaux comme la Duchesse Élisabeth, trois-mâts allemand attribué en dommage de guerre à la France, rapatrié à Brest en 1946, et rebaptisé Duchesse Anne. Après avoir servi à la Marine nationale, ce voilier sombre dans l'abandon. Après un premier projet de restauration lié à la création du musée de Port-Louis, Luc Marie Bayle lance en février 1979 un nouvel un appel à l'aide en faveur de la Duchesse Anne, son état devenant critique. L'avenir du navire paraît incertain, et son envoi à la ferraille ne fait pratiquement plus de doute. C'est finalement Dunkerque (qui jouxte Malo-les-Bains, cité natale de Bayle) qui le récupérera en 1980/81 où il est depuis exposé et visitable.

Parallèlement, Bayle crée l'AMERAMI en 1975.

Peinture[modifier | modifier le code]

Luc-Marie Bayle dessine et peint, surtout des aquarelles, notamment lors de son premier embarquement en Chine où il développe son talent dans cette discipline, mais également à Tahiti, Moorea, Bora Bora et Mangareva, ainsi que sur les îles moins fréquentées de Saint-Paul, Macquarie, les îles Kerguelen ou encore l'archipel des Balleny.

Son œuvre est complétée par des tapisseries de chiffons cousus, des affiches et des dessins publicitaires. Il illustre également de nombreux livres. Il avoue peu de maîtres : le père Renard, « vieil artiste à barbe fleurie, lavallière et chapeau noir à large bord, qui apprenait à dessiner des nus aux candidats à l'École des Beaux-Arts »[réf. nécessaire], l'Art Club, fréquenté épisodiquement lors de longues escales à Shangaï[réf. nécessaire], et surtout « la merveilleuse Marie Herfeld », une ancienne élève de Paul Sérusier[réf. nécessaire].

Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1944. À la Libération, en 1945, il se trouve affecté au ministère et reçoit une commande de tapisserie pour le bar des officiers rue Royale. Faute d'argent, le commissariat de la marine lui cède un ballot de chiffons et il trouve sur place une équipe de couturières.

Dans la mission vers la Terre Adélie de 1948, le capitaine de frégate Max Henri Jacques Douguet (1903-1989) accepte dans son état-major le lieutenant de vaisseau Bayle à condition qu’il apprenne à se servir d’une caméra de cinéma. Pendant les 3 mois de voyage, Bayle n’en reste pas là. Il compose une tapisserie commémorant l’arrivée de Dumont d’Urville en 1840, pour laquelle il met les officiers du navire à contribution.

Outre la rédaction du journal de bord des deux premières expéditions, il signe un ouvrage relatant les mêmes événements sous le titre Le Voyage de la Nouvelle Incomprise. De 1960 à 1972, Bayle crée avec Hervé Baille une société d’édition (B & B). Après avoir dessiné le logo de la mythique Calypso, le navire de recherche océanographique du commandant Cousteau, il réalise et conçoit en 1989 l'épée en cristal pour l'entrée de ce dernier à l'Académie française.

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • Marcelle Vioux, Jeanne d'Arc, éditions de la nouvelle France, 1942
  • Jean Variot, Les Coursiers de Sainte-Hélène, éditions de la nouvelle France, collection la vie exaltante, 1944
  • Pierre Dubard, Le Charcot et La Terre Adélie, France Empire, 1951
  • Jacques Mordal (en), La Marine en bois, Paris, Fayard, 1975

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc-Marie Bayle, Chemin de Croix, Paris : Éd. Lahure, 1943
  • Luc-Marie Bayle, en coll. avec Pierre Dubard, Le Charcot et la Terre Adélie, Paris : France-Empire, 1951
  • Luc-Marie Bayle, Le Voyage de la Nouvelle-Incomprise, Paris : Éd. Ozanne, 1953
  • Luc-Marie Bayle, Les corvettes FNFL, Paris : Service historique de la marine, 1966
  • Luc-Marie Bayle, en coll. avec Hervé Cras, La Marine en bois, Paris : Fayard, 1978
  • Luc-Marie Bayle, Mathurin Méheut, Rennes : Éd. Ouest-France, 1984

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

L’ECPAD détient un film de 25 minutes sur les missions vers la Terre Adélie de 1948 et 1949. Réalisation et montage : Luc-Marie Bayle. Montage : Madeleine Bonin. Commentaire Jean-Claude Michel. Musique : Jules Semler-Collery.

Sources[modifier | modifier le code]

Gwen Douguet, Cap sur la Terre Adélie, premières expéditions polaires françaises (1948-1951) , Brest, éditions le Télégramme, 2007, (ISBN 2848331768[à vérifier : ISBN invalide])

Notes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]