Luba (peuple)

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Lubas
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Hommes lubas en habits traditionnels vers 1905.
Populations
Drapeau de République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Drapeau d'Angola Angola
Autre
Langue(s) Tshiluba, Kiluba
Religion(s) Christianisme
Groupe(s) relié(s) Hembas, Lundas, Sangas, Kaondes, Songes

Les Lubas (Baluba en tshiluba) et Kiluba sont un peuple d’Afrique centrale.

Sommaire

[modifier] Origines

Selon la tradition orale, les Balubas seraient des chasseurs de chiens et autres canidés venus des régions et pays du nord-est du lac Kisale où il se sont finalement installés car ils y trouvèrent une grande réserve de chiens. On a parlé d'eux parfois comme étant le peuple du soleil. Baluba signifie les perdus les Balubas auraient soumis et assimilé les originaires, et d'autres peuples environnant, qu'on finit aussi par identifier comme baluba[1].

[modifier] Histoire

Leur berceau est le Katanga, plus précisément la région du lac Kisale. Les Baluba se sont répandus dans presque tout le nord-est du Katanga et le Sud du Kasai, formant ainsi différentes ethnies et tribus. Le premier royaume Luba[2] fut fondé vers le XIIIe siècle par Nkongolo Mwamba. Le deuxième empire Luba est né d’une sécession entre l’ethnie qu'on connait aujourd'hui sous le nom deSongye se trouvant au nord dont le père de Nkongolo Mwamba était originaire, et les Baluba du Katanga au sud restés sous la direction d'Ilunga Kalala. Pourtant son neveu, Ilunga Kalala fit mourir le vieux roi Kongolo vénéré depuis sous la forme d’un python. Au XVIe siècle l'État qu'ils créèrent, était organisé en chefferies décentralisées, qui s’étendait de la rivière Kasaï au lac Tanganyika. Les chefferies recouvrent un petit territoire sans véritable frontière qui regroupe tout au plus trois villages. Cependant les différentes chefferies sont liées par le commerce. leur système politique et d'organisation influencèrent beaucoup des peuples qui habités tout autour d'eux, qui les adopterent.

Les figures marquantes de cette monarchie Luba sont les rois Kongolo, Kalala Ilunga (XVIe siècle) et leurs successeurs Kasongo Nyembo et Kabongo.

Les Balubas se fractionnèrent souvent, donnant naissance a d'autres tribus dont certains devinrent des ethnies à part entière, telles les Bena Lulua, les Lundas, les Babemba, les Baholoholo, les Babwari, les Basanze, les Bavira, sans oublier les Bagoma, les Bajiji ainsi que les Bafipa dont une grande partie se trouve maintenant en Tanzanie, etc....

Ainsi le Mwata Yamvo, empereur lunda est né d’un père luba, et Moïse Tshombe, un de ces descendant, est donc aussi d’origine luba[3]. Au XIXe siècle, les Lubas ne purent faire face aux assauts des Tchokwés, Lélés et Yékés.

Un groupe de Balubas (expédition Wissmann, 1908)

En 1897, Léopold II a rayé les chefferies Lubas de la carte et englobé leur territoire dans son état indépendant du Congo. Leur territoire fut confié à des compagnies concessionnaires notamment la Compagnie du Kasai ; les Balubas furent ensuite presque décimés par le travail forcé qui leur fut imposé afin de récolter du caoutchouc sauvage (famine, épuisement).
Léopold II imposa la Force publique comme armée et police pour surveiller les populations.
De nombreux Baluba furent également déportés plus au sud, au Katanga pour travailler dans les mines. Jusqu´à aujourd'hui´hui leurs descendants les Balubakats forment une minorité ethnique au Katanga.
En 1907, Léopold II confia l'éducation des Congolais au Vatican jusqu’à la fin de la colonisation belge (1960); l'église travaillera main dans la main avec les autorité coloniale, la religion chrétienne devient alors la religion officielle. Imposée dans les écoles, n'importe quel individu est baptisé à la va vite, les anciens cultes africains sont interdits. Les nombreux missionnaires veillent cependant à ce que personne n'échappe au travaux forcés, et la Force publique veille à ce que chacun aille à l´église.

Les balubas vénérent leurs ancêtres morts résidant au ciel et devant les protéger. Il y avait également des oracles (lubuko) avec des divinateurs. Les prêtres flamands ont néanmoins transcrits et enseigné le tchiluba dans les écoles à côté du français. Les balubas ne connaissaient pas la propriété privée, la notion de vendre un terrain est arrivé avec la colonisation.

En 1960, lors de l'indépendance du Congo belge, Albert Kalonji, président du MNC-Kalonji, se proclame empereur des Luba (Luba-Mulopwe) et chef d’État du Sud-Kasaï. Cela durera jusqu’au mois de septembre 1962.

[modifier] Population

Une minorité de Balubas vit aussi dans l'Angola voisin, 'la colonisation européenne a séparé le même groupe ethnique'. En République démocratique du Congo, les Lubas sont la plus grande ethnie (20% à 25%) - environ 6 000 000 dans le Kasai-Occidental, 7 000 000 dans le Kasayi-Oriental, 5 millions dans le Katanga, 1 million dans le Maniema et au moins 2 000 000 à Kinshasa -; ils sont très peu nombreux en Angola.

[modifier] Culture

Tabouret à caryatides au Musée ethnologique de Berlin

Les sculptures luba représentent souvent des femmes – femme porteuse de coupe ou femme venant d'accoucher, par exemple –, ce qui reflète l'importance qui leur est accordée au sein de la société. Le prestige de l'empire luba explique aussi les nombreux objets exaltant sa puissance : sceptres porte-flèches, sabres, sièges à caryatides ou tambours de cérémonies. S'y ajoutent nombre d'amulettes, de vases et de masques (masque-heaume ou masque-cloche). Malgré le hiératisme de certaines figures, les angles sont généralement adoucis, le bois est sombre, poli et patiné[4].

[modifier] Galerie

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[modifier] Notes

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • (de) Heinz Göhring, baLuba : Studien zur Selbstordnung und Herrschaftsstruktur der baLuba, A. Hain, Meisenheim am Glan, 1970, 254 p.
  • (fr) Pierre Collé et Cyrille van Overbergh, Les Baluba (Congo Belge), A. Dewit, 1913, 422 p.
  • (fr) Kanundowi Kabongo et Mubabinge Bilolo, Conception Bantu de l'Autorité. Suivie de Baluba: Bumfumu ne Bulongolodi", Publications Universitaires Africaines, Munich - Kinshasa, 1994, 320p.
  • (fr) Mabika Kalanda, Baluba et Lulua : une ethnie à la recherche d'un nouvel équilibre, Éditions de Remarques congolaises, 1959, 106 p.
  • (fr) Martin Kalulambi Pongo, Être luba au XXe siècle : identité chrétienne et ethnicité au Congo-Kinshasa, Karthala, Paris, 1997, 264 p. (ISBN 9782865378104)
  • (fr) Joost B. W. Kuitenbrouwer et Jean Katanga, Une initiative de l'ONU : le camp des balubas, C. Dessar, 1962, 90 p.
  • (fr) Charles Mahauden , Kisongokimo : Chasse et magie chez les Balubas, Flammarion, 1965, 252 p.
  • (fr) Tshibasu Mfuadi, Coutumes et traditions baluba, L'Harmattan, 2004, 320 p. (ISBN 9782747557009)
  • (fr) André Ombredane, Étude psychotechnique des Baluba, Académie Royale des Sciences Coloniales, Bruxelles, 1957 (mémoire)
  • (fr) Rafaël Van Caeneghem, La Notion de Dieu chez les baLuba du Kasai, J. Duculot, 1956
  • (fr) Edmond Verhulpen, Baluba et Balubaïsés du Katanga, Anvers, 1936, 534 p.
  • (fr) Jean Joseph Weydert, Les Balubas chez eux : étude ethnographique, 1938, 122 p.
  • (fr) François Neyt, "Luba,Aux Sources du Zaîre", Musée Dapper, Paris, 1994,253 p.
  • Drapeau des États-Unis États-Unis Mary Nooter Roberts and Allen F.Roberts, "Memory, Luba Art and the Making of History", Prestel/The Museum of African Art, New-York, 1996, 259p.
  • (fr) Claude-Henri Pirat, "le Maître de Buli: Maître Isolé ou Atelier? Essai de Catalogue Raisonné", Tribal Art Magazine, Paris/San Francisco été 1996, p.54-77.
  • (fr) Claude-Henri Pirat, "Le Maître de Buli: Réouverture du Dossier". Tribal Art Magazine, Paris/San Francisco, été-automne 2001, p.82-95.

[modifier] Discographie

  • (en) Congo - Kanyok And Luba : Southern Belgian Congo, Sharp Wood Productions, 2000 (enregistrements 1952 et 1957)
  • (en) Zaïre : Tombe Ditumba Music of the Luba Shankadi of Shaba, Fonti Musicali, 1994 (enregistrements 1970-1973)

[modifier] Liens externes

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