Loxodromie
Une loxodromie (du grec lox(o)- et -dromie course oblique), (en anglais rhumb line), est une courbe qui coupe les méridiens d'une sphère sous un angle constant.
Une route loxodromique est représentée sur une carte marine ou aéronautique en projection de Mercator par une ligne droite mais ne représente pas la distance la plus courte entre deux points. En effet, la route la plus courte, appelée route orthodromique ou orthodromie, est un grand cercle de la sphère.
La loxodromie est une trajectoire à route vraie constante. Elle doit son nom au géomètre portugais Pedro Nunes, qui le premier l'a distinguée d'un cercle (c 1537).{Stevin, Harriot l'ont étudiée ( c.1580) : c'est un des premiers cas d'«intégration difficile» connus}.
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Le problème posé est celui de la détermination de la route et de la distance loxodromique entre deux points. Il s'agit donc du problème inverse de la navigation à l'estime.
- si les deux points A et B sont peu éloignés, on peut se contenter de formules approchées (latitude moyenne):
étant la distance parcourue à la route
ou
,
et
les coordonnées géographiques (latitude, longitude) des points A et B, et
:
- et :

- ces formules approchées restent précises à 1 mille marin près pour
milles ( rappel : 1 mille = 1 minute d'arc ; soit 1 radian = 180*60/Pi = 3437.746770 minutes ; par ailleurs, il est convenu que la distance correspondant à 1 minute d'arc, s'appelle un mille marin et vaut : 40007,864km(soit le périmètre polaire de la Terre)/360/60 = 1.852 km.
- formules exactes (latitudes croissantes de la projection de Mercator) :
- et :

-
est appelée la latitude croissante et vaut, en radians :
-
-
qui est la fonction de Gudermann inverse.
-
Les formules exactes ne sont pas valables pour les
proches de 90° et 270° car elles conduiraient à une division par zéro. Dans ces cas il est prévu dans les calculs nautiques d'utiliser le sinus pour calculer la distance. (Rfq > 89°).
étant la route fond par quart, elle est indiquée par un angle variant de 0° à 90° dans un quadrant en partant du nord ou du sud puis en tournant vers l'est ou vers l'ouest de l'angle indiqué.
N89E = 089°; N89W = 271°; S89E = 091°; S89W = 269°
Démonstration mathématique [modifier]
Sur le globe terrestre, les loxodromies correspondent (lorsqu'elles ne sont pas « dégénérées », c'est-à-dire lorsque l'angle initial donné n'est pas nul) à des spirales s'enroulant autour du pôle (le pôle Nord si l'angle initial et dans
et que le déplacement se fait dans le sens des latitudes croissantes).
Soit à déterminer une équation de la loxodromie et à calculer la longueur parcourue à cap constant
.
Considérons les coordonnées sphériques habituelles sur la sphère unité : la longitude
et la colatitude
. La loxodromie constitue un arc sur la sphère que l'on suppose de classe
:
; soit la fonction
qui à la longitude
associe le point courant de la loxodromie de longitude
et de colatitude
. Il faut donc bien sûr se donner au départ une origine des longitudes, puisqu'à un
donné à
près, correspond une infinité de points distincts sur l'arc, de colatitudes différentes. Partons de l'équateur et suivons la loxodromie vers le pôle Nord en nous refusant les classes modulo
pour
: par exemple
.
Un vecteur tangent à la loxodromie est ainsi
. Ce vecteur, qui dirige la tangente à l'arc, forme donc, par hypothèse, un angle
avec tout vecteur (non nul) dirigeant le parallèle au point considéré. Un vecteur dirigeant le parallèle en
est
(tandis qu'un vecteur dirigeant le méridien est
).
Dans la suite, pour alléger l'écriture, on ne précisera plus le point
auquel sont prises les fonctions et leurs dérivées partielles.
En effectuant le produit scalaire d'un vecteur directeur de la tangente à la loxodromie et d'un vecteur directeur du parallèle, on obtient le produit des normes de ces vecteurs par le cosinus de l'angle qu'ils forment :
, en notant
le produit scalaire
par
.
En élevant au carré :
.
On a d'autre part :
(les parallèles et les méridiens sont orthogonaux). Donc, par application du théorème de Pythagore, l'expression se réduit à :
.
Et en simplifiant :
.
D'où, avec «
»
.
Calculons les deux normes intervenant dans cette équation :
on sait, d'après le paramétrage sphérique rapporté aux coordonnées cartésiennes dans la base
, que
, où
est le vecteur unitaire radial du plan équatorial défini par :
. On définit
comme le vecteur dérivé par rapport à
de
:
. Alors
et
. Ainsi,
et
.
L'équation
se réduit à :
et puisque l'on a supposé un trajet vers le pôle Nord,
est une fonction décroissante de
et
, on suppose là de plus
(dans les autres cas, on déduit l'arc par une symétrie centrale et/ou une rotation convenable(s), donc on ne perd pas de généralité), par suite :

- et
, équation différentielle non linéaire à variables séparables en 
En séparant les variables et en intégrant entre 0 et
:
,- soit :
(cf. Table de primitives)
La longueur L parcourue vaut alors, par définition :

- où
et
et pour les mêmes raisons de signe,
. 
En changeant de variable, avec
avec
étant la colatitude, celle-ci variant de
à 0 quand
varie de 0 à
:
- On a

Il est facile de vérifier le résultat, en prenant
égal à
, on voit que l'arc parcouru est le méridien et sa longueur est égale au quart de la circonférence.



milles ( rappel : 1 mille = 1 minute d'arc ; soit 1 radian = 180*60/Pi = 3437.746770 minutes ; par ailleurs, il est convenu que la distance correspondant à 1 minute d'arc, s'appelle un mille marin et vaut : 40007,864km(soit le périmètre polaire de la Terre)/360/60 = 1.852 km.
est appelée la latitude croissante et vaut, en radians :
qui est la 
, en notant
le produit scalaire
par
.
.
.
.
.

, équation différentielle non linéaire à variables séparables en
,
(cf. 

et pour les mêmes raisons de signe,
.

