Low (album)

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Low, sorti en 1977, est le premier album de la « trilogie berlinoise » de David Bowie.

Historique[modifier | modifier le code]

David Bowie quitte les États-Unis en 1976 pour s'installer à Berlin. Il y croise Iggy Pop et Brian Eno. C'est dans cette ville encore meurtrie par les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale qu'il va produire les albums les plus singuliers de sa carrière. Low en est la première pierre.

La pochette du disque montre une photo de David Bowie de profil. D'où la signification cachée : low profile (« profil bas »). Cette photo a été prise lors du tournage de L'Homme qui venait d'ailleurs. En réponse à cet album, Nick Lowe a publié un disque intitulé Bowi[1].

En 2003, l'album est classé 249e des 500 plus grands albums de tous les temps par le magazine Rolling Stone[2].

L'influence de l'album[modifier | modifier le code]

Bien qu'à priori aucun tube ne se retrouve dans cet album, son influence dépassera largement les frontières des années 1980, avec certains effets repris par Nirvana ou Guns N' Roses plus de dix années plus tard. D'un point de vue commercial, il s'agit d'un demi-échec, puisque Low ne dépasse pas la deuxième place des ventes au Royaume-Uni et la sixième aux États-Unis (sans promotion cependant).

Mais l'intérêt est ailleurs. Véritablement reconnu par le milieu de la musique, certains dirent que Bowie a bâti là en deux albums ce que certains auraient fait en une carrière. Bien qu'exagérée, cette constatation exprime bien l'avant-gardisme de Low et "Heroes", qui seront plus ou moins rejetés à leur sortie avant d'être régulièrement «pillés» dans la décennie 80. Bowie fut influencé pour l'écriture de cet album par la musique minimaliste de Philip Glass et Steve Reich à cette époque. En hommage, Glass compose en 1992 sa Première Symphonie dite « Low » en reprenant des motifs de cet album de Bowie ainsi que les titres de trois chansons pour les trois mouvements de la composition.

Les « stratégies obliques » de Brian Eno[modifier | modifier le code]

Et pour cause : par son anti-conformisme et sa musique déformée, Low peut rebuter le public (même averti) dès les premières notes. L'atmosphère globale semble héritée de sa relation complexe avec Brian Eno (ex-Roxy Music) qui produit l'album avec Bowie. L'album exprime bien la tension entre Bowie, star impulsive qui apprend de nouveaux « langages musicaux » et Eno, minimaliste, inventif, volontaire et soucieux de créer ce qu'il appelle des « environnements ».

Eno mit en place sa fameuse technique des « stratégies obliques » : chaque musicien qui devait exécuter un segment de chanson recevait une carte au hasard sur laquelle il lui était dit comment il devait jouer (« joue comme si tu venais d'échapper à une catastrophe » par exemple)[3].

Bowie reprit quant à lui la technique des cut-ups de Burroughs (écrire des paroles, puis les segmenter pour les redistribuer de façon aléatoire). Ainsi, les paroles peuvent parfois être assez aberrantes, le but étant le timbre sonore.

Enregistré au Château d'Hérouville[4], il ne ravit pas vraiment les délégués de RCA (sa maison de disques) de par son côté « anti-commercial ».

Musiciens[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie, sauf mention contraire. 

No Titre Auteur(s) Durée
1. Speed of Life 2:46
2. Breaking Glass Bowie, Davis, Murray 1:51
3. What in the World 2:23
4. Sound and Vision 3:03
5. Always Crashing in the Same Car 3:29
6. Be My Wife 2:55
7. A New Career in a New Town 2:51
8. Warszawa Bowie, Eno 6:20
9. Art Decade Bowie, Eno 3:43
10. Weeping Wall 3:26
11. Subterraneans 5.39

Analyse des titres[modifier | modifier le code]

Speed of Life[modifier | modifier le code]

Elle ouvre l'album dans une atmosphère garage que l'on retrouvera dans les années 85-90, avec une batterie « sourde » reprise par tous les groupes de metal plus tard. Les paroles écrites pour cette chanson ont été supprimées, apparaissant sans intérêt.

Breaking Glass[modifier | modifier le code]

Étrange et très fragmenté, ce titre fait penser au principe des « fulgurances » de Jean Genet. Basé sur une gageure, Carlos Alomar et Bowie voulurent la retoucher, mais Eno la trouvait intéressante dans sa version brute.

What in the World[modifier | modifier le code]

Iggy Pop est aux chœurs, ce qui apporte un grain de folie. Les paroles sont une nouvelle fois très singulières.

Sound and Vision[modifier | modifier le code]

Seul titre plus ou moins conventionnel de l'album (avec tout de même deux minutes d'introduction), c'est son seul véritable « tube ». Ses paroles renvoient à la détresse traversée par Bowie deux ans plus tôt sur Station to Station (« les stores pâles baissés toute la journée, rien à faire, rien à dire, je vais m'asseoir par terre et attendre le don du son et de la lumière »). Composé au départ de huit couplets, Bowie n'en conserva que trois.

Be my Wife[modifier | modifier le code]

Bâti sur un rythme de piano prononcé, il est agrémenté d'un clip où Bowie apparaît sur fond blanc sans maquillage, avec une saturation de couleurs non réglées créant des sortes de taches confuses.

Warszawa[modifier | modifier le code]

Pour beaucoup le sommet de l'album, cette chanson est censée décrire la misère de Varsovie sous l'ère communiste, avec une fin où Bowie invente un langage pour s'exprimer, ce qui rajoute au côté dramatique. Mais se cache bien derrière l'expression du déracinement psychologique que subit Bowie.

Art Decade[modifier | modifier le code]

Une introduction étonnante qui nous transporte ensuite dans les décadences de l'art berlinois selon Bowie. De nouveau on peut aussi l'interpréter comme les errements de ses propres expériences artistiques.

Weeping Wall[modifier | modifier le code]

Ce titre exprime le désarroi qu'a créé le mur de Berlin, les déchirements familiaux, les déracinements, la perte d'identité (les Berlinois de l'Est lancent un appel à l'Occident à la fin du titre).

Subterraneans[modifier | modifier le code]

Conçue pour le film L'Homme qui venait d'ailleurs, elle n'avait pas été retenue. L'élément de base proposé pour le film semblait bien faible et très mal ficelé, de l'aveu même de Bowie. Cette version exprime la fin d'un monde ou la naissance d'un autre. L'interprétation est relativement libre.


Classements[modifier | modifier le code]

Classement (1977) Meilleure
position
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[5] 17
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[6] 11
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[7] 10
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[8] 12
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[9] 6
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[10] 12

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Verlant, Je me souviens du rock, Actes Sud, 1999
  2. (en) The RS 500 Greatest Albums of All Time
  3. David Bowie : une étrange fascination, David Buckley, Flammarion, 2004
  4. Emmanuel Tellier, « La folle histoire d'Hérouville, château pour rock stars », sur télérama,‎ 27 juillet 2013 (consulté le 9 août 2013)
  5. (de) Austriancharts.at – David Bowie – Low. Ö3 Austria Top 40. Hung Medien. Consulté le 5 avril 2014.
  6. (en) « David Bowie - Low : Awards », sur AllMusic (consulté le 5 avril 2014)
  7. (en) Norwegiancharts.com – David Bowie – Low. VG-lista. Hung Medien. Consulté le 5 avril 2014.
  8. (en) Charts.org.nz – David Bowie – Low. RIANZ. Hung Medien. Consulté le 5 avril 2014.
  9. (nl) Dutchcharts.nl – David Bowie – Low. Mega Album Top 100. Hung Medien. Consulté le 5 avril 2014.
  10. (en) Swedishcharts.com – David Bowie – Low. Sverigetopplistan. Hung Medien. Consulté le 5 avril 2014.