Louisy Mathieu

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Louisy Mathieu en 1848-49, caricaturé par Cham.

Louisy Mathieu, né le 2 février 1817[1] dans la ville de Basse-Terre en Guadeloupe, décédé le 4 novembre 1874, esclave dans la colonie française de la Guadeloupe avant le Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, tonnelier puis ouvrier typographe, accéde à la députation et siège à l'Assemblée nationale constituante du 22 août 1848 au 26 mai 1849.

Louisy Mathieu : un antiesclavagiste[modifier | modifier le code]

Louisy Mathieu est le premier esclave libéré à avoir siégé à l'Assemblée nationale constituante. Antiesclavagiste, il avait appris à lire par le biais d'une éducation religieuse, malgré l'interdit de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture pour les esclaves.

Élection à la députation en 1848[modifier | modifier le code]

Louisy Mathieu siège à l'Assemblée constituante, 1848.

Louisy Mathieu était ouvrier typographe dans une imprimerie de Pointe-à-Pitre lorsque les événements de 1848 et l'émancipation des esclaves le firent choisir comme député. Élu, le 22 août 1848, représentant suppléant de la Guadeloupe à l'Assemblée nationale, par 11 632 voix (33 734 votants), il fut admis à siéger en remplacement de Victor Schœlcher[2] qui avait opté pour la Martinique.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

Louisy Mathieu parmi les députés de la gauche démocrate et socialiste, 1849.

Le gouvernement provisoire de 1848 vote les lois abolitionnistes. La Guadeloupe peut élire, au suffrage universel masculin, ses représentants à l'Assemblée Constituante. Les progressistes guadeloupéens, conscients de la popularité de Louisy Mathieu, à Pointe-à-Pitre, le proposent comme candidat.

Louisy Mathieu est présenté sur la liste électorale conduite par Auguste-François Perrinon et Victor Schoelcher.

À l'issue des votes, Victor Schoelcher, également élu en Martinique, laisse son siège à Louisy Mathieu, poste qu'il occupera jusqu'au 26 mai 1849.

Exercice d'une mandature : 1848-1849[modifier | modifier le code]

Louisy Mathieu prit place à l'extrême-gauche de l'hémicycle. Il fit partie du Comité de l'Algérie et des colonies, et vota pour le droit au travail, pour l'ensemble de la Constitution, contre la proposition Rateau, contre l'interdiction des clubs, contre l'expédition de Rome, pour la déclaration en l'honneur du général Cavaignac et s'abstint lors du vote sur la demande de mise en accusation du président et des ministres «par reconnaissance pour les membres du cabinet qui avaient lutté vingt ans en faveur de l'abolition de l'esclavage».

Retour au Pays natal[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État de Louis Bonaparte (1851), non réélu à la Législative, il abandonne la vie politique et retourne à la Guadeloupe. Installé au lieu-dit "Bas de la Source", il y vécu misérablement. Son épouse décède du choléra vers le 20 du mois de mai 1863[3]

Oeuvres[modifier | modifier le code]

  • A mes Compatriotes, les électeurs de La Guadeloupe, Paris, Impr. de F. Malteste,‎ février 1849 (OCLC 466214033).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louisy Mathieu.
  2. Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies, 1820-1851: analyse et documents : XIXe siècle : 1820-1851, Paris, Karthala Editions,‎ 2001. Notice Bnf n° FRBNF37214241
  3. "Le 17 mai 1863, M. le docteur Descorps soigna, sur la route de Darboussier, appelée encore chemin de la Source, Mme Louisy (Mathieu), épouse de l'ex-représentant du peuple en 1848. Mme Louisy (Mathieu), âgée de 45 ans, était atteinte d'algidité*, de sueurs visqueuses, de diarrhée incoercible blanche et rizacée ; sa figure était hippocratique et elle mourut au bout de trois jours. Le docteur Descorps déclara, dès cette époque à M. Louisy (Mathieu), que sa femme venait de succomber à une cholérine". Société académique de Brest, Bulletin de la Société académique de Brest: Reconnue d'utilité publique --- (août 1880) : XIXe siècle, Brest, Publié par impr. A. Kaigre,‎ 1865. Notice Bnf n° FRBNF32723474
    * Algidité : Symptôme commun à plusieurs affections et caractérisé par une vive sensation de froid surtout aux extrémités. (Atilf)
    * hippocratique : Expression caractéristique du visage d'un moribond. (Atilf)